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L'économie mondiale reste en difficulté
Cinq ans après les premiers remous sur le marché hypothécaire américain
Publié dans Le Midi Libre le 09 - 07 - 2012

Parmi les causes innombrables de la Grande récession figuraient une réglementation financière inadéquate et des problèmes de bilan dus à l'accumulation de dettes excessives par les établissements financiers, les ménages et les Etats, selon le bulletin du FMI. La plupart des excès étaient limités aux pays avancés, et seules des mesures créatives et massives, surtout aux Etats-Unis, ont empêché un effondrement total du système financier mondial.
Parmi les causes innombrables de la Grande récession figuraient une réglementation financière inadéquate et des problèmes de bilan dus à l'accumulation de dettes excessives par les établissements financiers, les ménages et les Etats, selon le bulletin du FMI. La plupart des excès étaient limités aux pays avancés, et seules des mesures créatives et massives, surtout aux Etats-Unis, ont empêché un effondrement total du système financier mondial.
Mais les récessions qui résultent d'une crise financière sont plus profondes que les autres, et la reprise qui suit est plus lente et plus timide. Cinq ans plus tard, la reprise reste faible aux Etats-Unis et un nouveau ralentissement menace en Europe, où plusieurs pays ont des problèmes de dette souveraine. La Grande Dépression des années 30 avait été aggravée par un protectionnisme généralisé : les pays avaient cherché à protéger leur marché national des importations, mais n'avaient réussi qu'à faire empirer les choses pour tous. Cette fois-ci, le Groupe des 20 pays avancés et émergents a mis en garde contre ce danger et les formes manifestes de protectionnisme ont été évitées dans une large mesure. Mais un protectionnisme plus subtil est apparu en 2009 lorsque le commerce mondial s'est effondré, a diminué en 2010 tandis que la reprise s'engageait, mais semble augmenter de nouveau. Contrairement aux récessions antérieures, les pays émergents et les pays à faible revenu ont été moins touchés et se sont redressés plus vite que les pays avancés d'Amérique du Nord et d'Europe. Cela s'explique en partie par la vigueur de leur politique économique avant la récession qui a préparé bon nombre de ces pays à combattre le ralentissement. La chance a joué un rôle aussi : les cours des produits de base dont beaucoup de ces pays sont tributaires sont restés relativement plus élevés que lors des récessions antérieures, ces pays sont moins liés aux pays avancés que par le passé et leur système financier moins sophistiqué était moins exposé aux dettes à haut risque qui ont grippé les marchés des pays avancés. Toutefois, il se peut que les pays émergents et les pays à faible revenu soient moins bien préparés à faire face à une nouvelle crise. Et les risques abondent. Du fait de la hausse des cours du pétrole et d'autres produits de base, une reprise risque d'être plus difficile à maintenir. La réforme de la réglementation financière est en proie à de la résistance et à de l'inertie. Et les déséquilibres économiques mondiaux persistent, certains pays continuant de dégager des excédents élevés de la balance des paiements et d'autres des déficits considérables.
Ce numéro de F&D examine le monde cinq ans après les premières manifestations de la crise. Selon les données disponibles, l'avenir de l'économie mondiale s'annonce complexe et contrasté.
Quatre récessions mondiales
en 35 ans
Le monde a connu quatre récessions mondiales depuis la Seconde Guerre mondiale : en 1975, 1982, 1991 et 2009. Ces années-là, le revenu moyen du citoyen mondial a chuté — dans le jargon des économistes, on dit que le produit intérieur brut (PIB) mondial par habitant a baissé — et diverses autres mesures de l'activité économique mondiale ont aussi été en recul généralisé. Chaque récession a fait craindre une apocalypse économique, mais, à chaque fois, l'économie mondiale s'est redressée en un an ou deux. La récession mondiale de 2009, qui a suivi une crise des marchés financiers provoquée par la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers survenue un an plus tôt, a été la plus profonde de ces quatre récessions et aussi la plus synchronisée entre tous les pays. Certains ont redouté que le monde connaîtrait à nouveau la Grande Dépression des années 30. Heureusement, grâce à des mesures souvent énergiques et non conventionnelles, cela ne s'est pas produit. Depuis 2010, l'économie mondiale a retrouvé le chemin d'une reprise, certes fragile.
En quoi la reprise mondiale actuelle diffèret-elle des précédentes? En quoi les perspectives économiques des pays avancés et des pays émergents sont-elles différentes? Enfin, quels sont les risques pour la reprise mondiale?
Une trajectoire lente
Définir une récession mondiale n'est pas chose aisée, il est plus facile de définir une reprise mondiale. Il s'agit simplement de la période d'essor de l'activité économique qui suit une récession mondiale. Le lent chemin de la reprise économique depuis 2010 est très semblable, en moyenne, à celui qui a suivi les trois autres récessions mondiales. En fait, si les prévisions de revenu mondial moyen — le PIB mondial réel par habitant — sont réalisées, la reprise au sortir de la Grande Récession, comme on l'appelle souvent, aura été plus rapide que dans le cas des trois autres récessions. Toutefois, la trajectoire du revenu mondial masque une différence cruciale entre les pays avancés et les pays émergents. La reprise dans les pays avancés a été très molle par rapport aux reprises précédentes. Le revenu moyen dans certains de ces pays n'est pas encore revenu au niveau d'avant la récession, et il n'est pas prévu que cela se produise même d'ici 2014. La faiblesse de la croissance du revenu se manifeste, du côté des dépenses, à la fois par celle de la consommation et de l'investissement. La consommation a été freinée, car les ménages reviennent à des niveaux plus sûrs d'endettement rapporté au revenu (désendettement) et l'investissement dans les structures s'est avéré faible à cause des répercussions de la bulle immobilière dans de nombreux pays avancés.
Un rythme plus soutenu À la nette différence de ce qui se produit dans les pays avancés, le revenu moyen dans les pays émergents a généralement renoué avec le dynamisme qu'il affichait avant la Grande Récession. La croissance du revenu dans ces pays est déjà supérieure à ce qu'elle était au cours des reprises mondiales précédentes et, selon les prévisions, cela devrait perdurer ces prochaines années. Cette croissance robuste est répartie assez largement entre les pays émergents. La seule exception notable est celle des pays émergents européens, dont la trajectoire de reprise est semblable à celle des pays avancés.
Le commerce mondial s'est effondré en 2009, ce qui explique en partie pourquoi la récession a fait craindre une autre grande dépression et pourquoi les Etats ont eu recours à des mesures protectionnistes pour tenter de protéger leurs industries nationales de la concurrence étrangère. Il a toutefois rebondi et, là encore, le rythme est plus soutenu dans les pays émergents que dans les pays avancés. Il est possible que la spécialisation verticale, où plusieurs pays sont impliqués dans le processus de production de certains biens, ait limité le recours aux mesures protectionnistes traditionnelles.
La performance des marchés d'actions a été, en moyenne, meilleure pendant la reprise actuelle que pendant les précédentes. Cela peut s'expliquer par le fait que les entreprises opèrent de plus en plus à l'échelle mondiale. En outre, l'activité mondiale globale — grâce aux marchés émergents — s'est mieux redressée qu'après les récessions antérieures.
Mais les récessions qui résultent d'une crise financière sont plus profondes que les autres, et la reprise qui suit est plus lente et plus timide. Cinq ans plus tard, la reprise reste faible aux Etats-Unis et un nouveau ralentissement menace en Europe, où plusieurs pays ont des problèmes de dette souveraine. La Grande Dépression des années 30 avait été aggravée par un protectionnisme généralisé : les pays avaient cherché à protéger leur marché national des importations, mais n'avaient réussi qu'à faire empirer les choses pour tous. Cette fois-ci, le Groupe des 20 pays avancés et émergents a mis en garde contre ce danger et les formes manifestes de protectionnisme ont été évitées dans une large mesure. Mais un protectionnisme plus subtil est apparu en 2009 lorsque le commerce mondial s'est effondré, a diminué en 2010 tandis que la reprise s'engageait, mais semble augmenter de nouveau. Contrairement aux récessions antérieures, les pays émergents et les pays à faible revenu ont été moins touchés et se sont redressés plus vite que les pays avancés d'Amérique du Nord et d'Europe. Cela s'explique en partie par la vigueur de leur politique économique avant la récession qui a préparé bon nombre de ces pays à combattre le ralentissement. La chance a joué un rôle aussi : les cours des produits de base dont beaucoup de ces pays sont tributaires sont restés relativement plus élevés que lors des récessions antérieures, ces pays sont moins liés aux pays avancés que par le passé et leur système financier moins sophistiqué était moins exposé aux dettes à haut risque qui ont grippé les marchés des pays avancés. Toutefois, il se peut que les pays émergents et les pays à faible revenu soient moins bien préparés à faire face à une nouvelle crise. Et les risques abondent. Du fait de la hausse des cours du pétrole et d'autres produits de base, une reprise risque d'être plus difficile à maintenir. La réforme de la réglementation financière est en proie à de la résistance et à de l'inertie. Et les déséquilibres économiques mondiaux persistent, certains pays continuant de dégager des excédents élevés de la balance des paiements et d'autres des déficits considérables.
Ce numéro de F&D examine le monde cinq ans après les premières manifestations de la crise. Selon les données disponibles, l'avenir de l'économie mondiale s'annonce complexe et contrasté.
Quatre récessions mondiales
en 35 ans
Le monde a connu quatre récessions mondiales depuis la Seconde Guerre mondiale : en 1975, 1982, 1991 et 2009. Ces années-là, le revenu moyen du citoyen mondial a chuté — dans le jargon des économistes, on dit que le produit intérieur brut (PIB) mondial par habitant a baissé — et diverses autres mesures de l'activité économique mondiale ont aussi été en recul généralisé. Chaque récession a fait craindre une apocalypse économique, mais, à chaque fois, l'économie mondiale s'est redressée en un an ou deux. La récession mondiale de 2009, qui a suivi une crise des marchés financiers provoquée par la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers survenue un an plus tôt, a été la plus profonde de ces quatre récessions et aussi la plus synchronisée entre tous les pays. Certains ont redouté que le monde connaîtrait à nouveau la Grande Dépression des années 30. Heureusement, grâce à des mesures souvent énergiques et non conventionnelles, cela ne s'est pas produit. Depuis 2010, l'économie mondiale a retrouvé le chemin d'une reprise, certes fragile.
En quoi la reprise mondiale actuelle diffèret-elle des précédentes? En quoi les perspectives économiques des pays avancés et des pays émergents sont-elles différentes? Enfin, quels sont les risques pour la reprise mondiale?
Une trajectoire lente
Définir une récession mondiale n'est pas chose aisée, il est plus facile de définir une reprise mondiale. Il s'agit simplement de la période d'essor de l'activité économique qui suit une récession mondiale. Le lent chemin de la reprise économique depuis 2010 est très semblable, en moyenne, à celui qui a suivi les trois autres récessions mondiales. En fait, si les prévisions de revenu mondial moyen — le PIB mondial réel par habitant — sont réalisées, la reprise au sortir de la Grande Récession, comme on l'appelle souvent, aura été plus rapide que dans le cas des trois autres récessions. Toutefois, la trajectoire du revenu mondial masque une différence cruciale entre les pays avancés et les pays émergents. La reprise dans les pays avancés a été très molle par rapport aux reprises précédentes. Le revenu moyen dans certains de ces pays n'est pas encore revenu au niveau d'avant la récession, et il n'est pas prévu que cela se produise même d'ici 2014. La faiblesse de la croissance du revenu se manifeste, du côté des dépenses, à la fois par celle de la consommation et de l'investissement. La consommation a été freinée, car les ménages reviennent à des niveaux plus sûrs d'endettement rapporté au revenu (désendettement) et l'investissement dans les structures s'est avéré faible à cause des répercussions de la bulle immobilière dans de nombreux pays avancés.
Un rythme plus soutenu À la nette différence de ce qui se produit dans les pays avancés, le revenu moyen dans les pays émergents a généralement renoué avec le dynamisme qu'il affichait avant la Grande Récession. La croissance du revenu dans ces pays est déjà supérieure à ce qu'elle était au cours des reprises mondiales précédentes et, selon les prévisions, cela devrait perdurer ces prochaines années. Cette croissance robuste est répartie assez largement entre les pays émergents. La seule exception notable est celle des pays émergents européens, dont la trajectoire de reprise est semblable à celle des pays avancés.
Le commerce mondial s'est effondré en 2009, ce qui explique en partie pourquoi la récession a fait craindre une autre grande dépression et pourquoi les Etats ont eu recours à des mesures protectionnistes pour tenter de protéger leurs industries nationales de la concurrence étrangère. Il a toutefois rebondi et, là encore, le rythme est plus soutenu dans les pays émergents que dans les pays avancés. Il est possible que la spécialisation verticale, où plusieurs pays sont impliqués dans le processus de production de certains biens, ait limité le recours aux mesures protectionnistes traditionnelles.
La performance des marchés d'actions a été, en moyenne, meilleure pendant la reprise actuelle que pendant les précédentes. Cela peut s'expliquer par le fait que les entreprises opèrent de plus en plus à l'échelle mondiale. En outre, l'activité mondiale globale — grâce aux marchés émergents — s'est mieux redressée qu'après les récessions antérieures.


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