Le client est roi, dit-on, mais chez nous, il a tendance à se comporter en roi despotique, capable de toutes sortes de monstruosités. Comme dans l'affaire ci-dessous. Rachid est fier de son petit restaurant de Dar El-Afia spécialisé dans le poulet rôti et les brochettes. Son activité marche assez bien et sa clientèle se compose de gens qui mangent et s'en vont sans jamais créer de problèmes. Mais il est dit que les problèmes n'épargnent personne et que chacun a droit à sa part d'épreuves, de peines et d'émotions fortes. Ce jour-là, aux environs de 12h30, un homme d'une cinquantaine d'années entra dans l'établissement de Rachid. Le serveur s'approcha de lui et lui demanda ce qu'il voulait manger. - Je veux des haricots au poulet, répondit celui-ci. - Désolé, mais ici, on ne fait que ce qui est rôti : poulet, viande, foie, merguez dans des assiettes ou en brochettes. - Il y a du poulet mais pas d'haricots ? Vous ne servez qu'aux riches ?... Le pauvre n'a plus de place dans ce pays, à ce que je vois... Le serveur qui n'avait pas le cœur à se chamailler, haussa les épaules et s'en alla. Rachid qui avait vu la scène de loin s'enquit de la situation et s'approcha du client. - Excusez-nous, mais dans ce restaurant, les haricots ne figurent pas dans le menu... Si vous voulez commander autre chose... L'homme se mit à vociférer et à tenir des propos déplacés. Rachid, qui s'était approché de lui, constata qu'il avait bu. Il l'invita alors gentiment à s'en aller. - Ne me touche pas, je vais m'en aller et je ne suis pas près de revenir dans un lieu aussi malsain où l'on ne trouve même pas d'haricots. Rachid n'avait qu'une hantise à ce moment-là : que l'homme profère quelque obscénité qui ternirait l'image de son établissement. L'homme ne prononça pas de grossièretés mais il se passa quelque chose d'inattendu. Comme il était sous l'emprise de l'alcool, il dut s'appuyer contre une table pour se maintenir en équilibre. Mais un des pieds de celle-ci se brisa en deux et l'homme s'affala de tout son corps sur le sol. Au passage, sa tête se cogna contre une chaise et il se blessa à l'arcade sourcilière. Rachid était affolé. Il avait peur que l'homme ne profère quelque insanité et voilà qu'il avait failli mourir sous son toit ! Il l'aida à se relever et se dit qu'il se devait de l'emmener à l'hôpital. D'une pierre deux coups : il l'éloignait de son restaurant et en même temps il donnait de lui aux clients qui s'y trouvaient l'image d'un homme bon, qui s'occupait même des ivrognes qui y entraient. Pauvre Rachid ! Il ignorait que son cauchemar avec cet homme-là ne faisait que commencer. K. A. (à suivre...) Le client est roi, dit-on, mais chez nous, il a tendance à se comporter en roi despotique, capable de toutes sortes de monstruosités. Comme dans l'affaire ci-dessous. Rachid est fier de son petit restaurant de Dar El-Afia spécialisé dans le poulet rôti et les brochettes. Son activité marche assez bien et sa clientèle se compose de gens qui mangent et s'en vont sans jamais créer de problèmes. Mais il est dit que les problèmes n'épargnent personne et que chacun a droit à sa part d'épreuves, de peines et d'émotions fortes. Ce jour-là, aux environs de 12h30, un homme d'une cinquantaine d'années entra dans l'établissement de Rachid. Le serveur s'approcha de lui et lui demanda ce qu'il voulait manger. - Je veux des haricots au poulet, répondit celui-ci. - Désolé, mais ici, on ne fait que ce qui est rôti : poulet, viande, foie, merguez dans des assiettes ou en brochettes. - Il y a du poulet mais pas d'haricots ? Vous ne servez qu'aux riches ?... Le pauvre n'a plus de place dans ce pays, à ce que je vois... Le serveur qui n'avait pas le cœur à se chamailler, haussa les épaules et s'en alla. Rachid qui avait vu la scène de loin s'enquit de la situation et s'approcha du client. - Excusez-nous, mais dans ce restaurant, les haricots ne figurent pas dans le menu... Si vous voulez commander autre chose... L'homme se mit à vociférer et à tenir des propos déplacés. Rachid, qui s'était approché de lui, constata qu'il avait bu. Il l'invita alors gentiment à s'en aller. - Ne me touche pas, je vais m'en aller et je ne suis pas près de revenir dans un lieu aussi malsain où l'on ne trouve même pas d'haricots. Rachid n'avait qu'une hantise à ce moment-là : que l'homme profère quelque obscénité qui ternirait l'image de son établissement. L'homme ne prononça pas de grossièretés mais il se passa quelque chose d'inattendu. Comme il était sous l'emprise de l'alcool, il dut s'appuyer contre une table pour se maintenir en équilibre. Mais un des pieds de celle-ci se brisa en deux et l'homme s'affala de tout son corps sur le sol. Au passage, sa tête se cogna contre une chaise et il se blessa à l'arcade sourcilière. Rachid était affolé. Il avait peur que l'homme ne profère quelque insanité et voilà qu'il avait failli mourir sous son toit ! Il l'aida à se relever et se dit qu'il se devait de l'emmener à l'hôpital. D'une pierre deux coups : il l'éloignait de son restaurant et en même temps il donnait de lui aux clients qui s'y trouvaient l'image d'un homme bon, qui s'occupait même des ivrognes qui y entraient. Pauvre Rachid ! Il ignorait que son cauchemar avec cet homme-là ne faisait que commencer. K. A. (à suivre...)