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Younes Grar, P-DG de Gecos
Publié dans Le Midi Libre le 09 - 06 - 2008

Younès Grar, P-DG de Gecos, un des pionniers de l'Internet, nous fait part de sa vision et de ses réserves concernant la politique des TIC et de l'ADSL. Il considère qu'il s'agit là "d'un retour au monopole et une remise en cause de la politique d'ouverture du marché des Télécoms".
Younès Grar, P-DG de Gecos, un des pionniers de l'Internet, nous fait part de sa vision et de ses réserves concernant la politique des TIC et de l'ADSL. Il considère qu'il s'agit là "d'un retour au monopole et une remise en cause de la politique d'ouverture du marché des Télécoms".
Midi Libre : Votre entreprise a joué un rôle important dans l'histoire de l'Internet en Algérie. Pourriez-vous nous parler de son rôle ?
Younes Grar : J'ai créé Gecos, qui est une entreprise informatique, en 1997. Au début on ne savait pas quoi faire pour investir dans le domaine de l'Internet. La législation était caractérisée par un vide juridique concernant ce créneau. Pour être présent sur le terrain, il fallait demander qu'il y ait une couverture légale aux privés pour devenir fournisseurs de services Internet. Sachant que la procédure allait prendre du temps, on s'est proposé de faire autre chose en attendant d'avoir l'autorisation. On s'est engagé dans deux actions. La première était dans le but de mettre cet outil à la disposition des Algériens. En 1997, le prix de la connexion était inaccessible. Un micro-ordinateur coûtait presque 120.000 DA et un abonnement à l'Internet coûtait 100.000 DA par mois. Cette situation nous a donné l'idée de créer des cybercafés pour permettre au grand public de connaitre ce nouveau média. En septembre 1997, on a crée le premier cybercafé à Alger. Néanmoins, les tarifs pratiqués étaient chers à cette époque: 300 DA pour l'heure de connexion. Une année après, soit en septembre 1998, on a créé un deuxième cybercafé à Hydra. Ce nouveau commerce s'est développé d'une manière très rapide par la suite. Le nombre des cyber dépasse aujourd'hui les 5000. Cette première action a permis aux jeunes Algériens de découvrir l'Internet et ses différentes applications. La deuxième action consistait à créer un contenu algérien (des sites algériens). Donc, on a convenu de contacter une centaine d'entreprises algériennes pour leur proposer de créer des sites web. C'est la presse qui a répondu favorablement en premier. Les administrions et les entreprises ont suivi. En Août 1998, le décret qui permettait aux entreprises privées de devenir fournisseur de service Internet a été promulgué. On a été parmi les premiers providers en Algérie. L'activité s'est développée rapidement. Au bout de quelques années, le pays comptait déjà une centaine d'entreprises qui activaient dans le domaine.
Pourquoi n'avez vous pas investi dans l'ADSL ?
L'ADSL est le monopole d'Algérie Télécom. En 2003, le ministère de la Poste et des Télécom a adopté une politique qui visait à encourager Algérie Télécom au détriment des autres ISP (Internet service provider). A partir de 2004, cette politique s'est transformée en une véritable guerre contre les providers. Une guerre qui visait à les éliminer pour que Djaweb reste seul sur le marché. Donc, c'était un retour vers le monopole et une remise en cause de l'ouverture du marché des télécoms. De 2004 à 2007, plusieurs ISP ont disparu. Algérie Télécom les a poussés à la faillite en établissant des conditions à sens unique ou personne ne peut se retrouver financièrement.
Par exemple ?
Pour servir de l'ADSL à nos abonnés, on doit utiliser les lignes téléphoniques d'Algérie Télécom. De plus, on doit placer notre matériel dans les centres de cette entreprise. Ainsi, on doit passer par la plate-forme et le support d'Algérie Télécom. Donc, on doit payer cette dernière pour l'utilisation de ses lignes téléphoniques et aussi pour la location des espaces consacrés à l'hébergement de nos équipements. On doit aussi payer le support qui connecte notre réseau et nos équipements vers l'international. Si on prend l'exemple de l'ADSL à 512 kb/s, son prix d'achat revient à 5400 DA. Si on veut la revendre avec une marge de bénéfice 10%, on doit la mettre sur le marché à 6000 DA. Sur les 5400 DA, 92 % représentent des frais qu'on paye à Algérie Télécom. Les 8 % c'est l'amortissement des équipements qu'on achète plus les charges du personnel technique et marketing. Cependant, cette même connexion qu'on doit mettre sur le marché à 6.000 DA est proposée à 3000 DA par Algérie Télécom. C'est une concurrence déloyale. Personne ne peut résister. C'est presque une opération pour écarter toutes les ISP.
Les dernières réductions de 50% ont rendu les choses plus difficiles pour nous. Si à 3.000 DA on ne peut pas se positionner, à 1.500 DA on n'a encore aucune chance. Les jeux sont ainsi fait à la faveur d'Algérie Télécom.
Algérie Télécom n'est pourtant pas la seule à opérer sur le marché de l'ADSL !
A côté d'Algérie Télécom, il y a aussi l'Eepad qui essaye d'avoir sa part du marché. Mais là, on se se demande si cela est possible de pouvoir résister à cette concurrence déloyale.
Le monopole qu'exerce Algérie Télécom sur l'ADSL nuit aux providers, est-ce qu'il nuit aussi aux consommateurs?
Certainement. Qui dit monopole dit mauvaise qualité de services et surtout services non garantis. Avec cette politique, on va tomber dans les anciennes pratiques d'Algérie Télécom et du ministère de la Poste et TIC. Cette situation est dangereuse par rapport au citoyen parce il n'aura pas le choix. C'est soit Algérie Télécom soit Algérie Télécom. Ce monopole se révèle encore plus nocif étant donné que le service d'Algérie Télécom n'a pas l'air de se développer depuis qu'il a été lancé sur les deux plans : qualitatif et quantitatif. L'objectif déclaré par le gouvernement en 2003 était d'atteindre quelque 3 millions d'abonnés en 2009. De 2003 à aujourd'hui, on tourne autour de 300.000 abonnés ADSL seulement. On est très loin de l'objectif fixé à une année seulement de l'achèvement de l'échéance. Si en 4 ans, on est à 300.000, je vois mal comment peut-on atteindre en une année le chiffre de 2.700.000 abonnés. Pour atteindre justement ces objectifs il faut qu'il y ait une stratégie claire du gouvernement et surtout beaucoup d'acteurs privés. Ce n'est pas le secteur public qui pourra les réaliser. A travers tous les pays où les technologies se sont bien développées, ce sont les entreprises privées qui ont fait le plus gros du travail. L'opérateur public doit seulement assurer la plate-forme nationale. Il doit chapeauter et encadrer les opérations.
Qu'en est-il des projets de la santé électronique, le gouvernement électronique, la commune électronique ?
Ces projets ne dépassent pas la politique de l'effet d'annonce. L'Administration annonce des projets qu'elle ne réalise pas. On se rend compte par la suite qu'on a beaucoup menti aux gens. Le e-gouvernement, le e-commune, le e-commerce, et récemment le e-santé sont des projets qui n'ont pas vu le jour. Pourtant, certains ont même été inaugurés comme e-gouvernement. Depuis 5 ans, tous les projets stagnent. De plus, l'Etat s'est engagé dans beaucoup de promesses qu'il n'a pas tenues telles l'introduction de la fibre optique aux ménages, l'installation du Wimax et l'élaboration d'une loi sur la cybercriminalité. L'échec de tous ces projet est dû à leur mauvaise gestion. Le ministère de la Poste et TIC et Algérie Télécom les gère comme ils gèrent une administration.
Où en est-on avec le projet Ousratic ?
Le projet Ousratic a échoué, c'est bel et bien un fait. On avait annoncé qu'on a vendu 700.000 PC depuis décembre 2006 et qu'on allait atteindre les 6 millions d'ici 2 ans. Le pourquoi de cet échec est toujours le manque de planification et de stratégie claire de l'Etat pour gérer le projet. Le problème qui se pose avec Oustratic c'est qu'Algérie Télécom n'a pensé qu'à vendre des PC.
Or, la réussite de ce projet dépend de trois éléments essentiels : Une bonne connexion Internet, des PC performants et un contenu Internet intéressant. Si ces trois éléments ne vont pas de pair et en même temps, le projet ne marchera pas. Si on ne peut pas assurer un service public électronique, on ne pourra pas convaincre les différentes couches de la société à acquérir un micro et de se connecter à Internet. Acheter et payer ses factures en ligne, entrer en contact avec les institutions officielles, faire ses papiers en ligne, télécharger et prendre des cours du programme de l'éducation nationale en ligne, etc., sont autant de services qui draineront, à coup sûr, un large public. La musique et le chat ont un public certes, mais cela reste restreint. Ce sont les services électroniques qui peuvent réellement drainer tous les membres de la famille.
Midi Libre : Votre entreprise a joué un rôle important dans l'histoire de l'Internet en Algérie. Pourriez-vous nous parler de son rôle ?
Younes Grar : J'ai créé Gecos, qui est une entreprise informatique, en 1997. Au début on ne savait pas quoi faire pour investir dans le domaine de l'Internet. La législation était caractérisée par un vide juridique concernant ce créneau. Pour être présent sur le terrain, il fallait demander qu'il y ait une couverture légale aux privés pour devenir fournisseurs de services Internet. Sachant que la procédure allait prendre du temps, on s'est proposé de faire autre chose en attendant d'avoir l'autorisation. On s'est engagé dans deux actions. La première était dans le but de mettre cet outil à la disposition des Algériens. En 1997, le prix de la connexion était inaccessible. Un micro-ordinateur coûtait presque 120.000 DA et un abonnement à l'Internet coûtait 100.000 DA par mois. Cette situation nous a donné l'idée de créer des cybercafés pour permettre au grand public de connaitre ce nouveau média. En septembre 1997, on a crée le premier cybercafé à Alger. Néanmoins, les tarifs pratiqués étaient chers à cette époque: 300 DA pour l'heure de connexion. Une année après, soit en septembre 1998, on a créé un deuxième cybercafé à Hydra. Ce nouveau commerce s'est développé d'une manière très rapide par la suite. Le nombre des cyber dépasse aujourd'hui les 5000. Cette première action a permis aux jeunes Algériens de découvrir l'Internet et ses différentes applications. La deuxième action consistait à créer un contenu algérien (des sites algériens). Donc, on a convenu de contacter une centaine d'entreprises algériennes pour leur proposer de créer des sites web. C'est la presse qui a répondu favorablement en premier. Les administrions et les entreprises ont suivi. En Août 1998, le décret qui permettait aux entreprises privées de devenir fournisseur de service Internet a été promulgué. On a été parmi les premiers providers en Algérie. L'activité s'est développée rapidement. Au bout de quelques années, le pays comptait déjà une centaine d'entreprises qui activaient dans le domaine.
Pourquoi n'avez vous pas investi dans l'ADSL ?
L'ADSL est le monopole d'Algérie Télécom. En 2003, le ministère de la Poste et des Télécom a adopté une politique qui visait à encourager Algérie Télécom au détriment des autres ISP (Internet service provider). A partir de 2004, cette politique s'est transformée en une véritable guerre contre les providers. Une guerre qui visait à les éliminer pour que Djaweb reste seul sur le marché. Donc, c'était un retour vers le monopole et une remise en cause de l'ouverture du marché des télécoms. De 2004 à 2007, plusieurs ISP ont disparu. Algérie Télécom les a poussés à la faillite en établissant des conditions à sens unique ou personne ne peut se retrouver financièrement.
Par exemple ?
Pour servir de l'ADSL à nos abonnés, on doit utiliser les lignes téléphoniques d'Algérie Télécom. De plus, on doit placer notre matériel dans les centres de cette entreprise. Ainsi, on doit passer par la plate-forme et le support d'Algérie Télécom. Donc, on doit payer cette dernière pour l'utilisation de ses lignes téléphoniques et aussi pour la location des espaces consacrés à l'hébergement de nos équipements. On doit aussi payer le support qui connecte notre réseau et nos équipements vers l'international. Si on prend l'exemple de l'ADSL à 512 kb/s, son prix d'achat revient à 5400 DA. Si on veut la revendre avec une marge de bénéfice 10%, on doit la mettre sur le marché à 6000 DA. Sur les 5400 DA, 92 % représentent des frais qu'on paye à Algérie Télécom. Les 8 % c'est l'amortissement des équipements qu'on achète plus les charges du personnel technique et marketing. Cependant, cette même connexion qu'on doit mettre sur le marché à 6.000 DA est proposée à 3000 DA par Algérie Télécom. C'est une concurrence déloyale. Personne ne peut résister. C'est presque une opération pour écarter toutes les ISP.
Les dernières réductions de 50% ont rendu les choses plus difficiles pour nous. Si à 3.000 DA on ne peut pas se positionner, à 1.500 DA on n'a encore aucune chance. Les jeux sont ainsi fait à la faveur d'Algérie Télécom.
Algérie Télécom n'est pourtant pas la seule à opérer sur le marché de l'ADSL !
A côté d'Algérie Télécom, il y a aussi l'Eepad qui essaye d'avoir sa part du marché. Mais là, on se se demande si cela est possible de pouvoir résister à cette concurrence déloyale.
Le monopole qu'exerce Algérie Télécom sur l'ADSL nuit aux providers, est-ce qu'il nuit aussi aux consommateurs?
Certainement. Qui dit monopole dit mauvaise qualité de services et surtout services non garantis. Avec cette politique, on va tomber dans les anciennes pratiques d'Algérie Télécom et du ministère de la Poste et TIC. Cette situation est dangereuse par rapport au citoyen parce il n'aura pas le choix. C'est soit Algérie Télécom soit Algérie Télécom. Ce monopole se révèle encore plus nocif étant donné que le service d'Algérie Télécom n'a pas l'air de se développer depuis qu'il a été lancé sur les deux plans : qualitatif et quantitatif. L'objectif déclaré par le gouvernement en 2003 était d'atteindre quelque 3 millions d'abonnés en 2009. De 2003 à aujourd'hui, on tourne autour de 300.000 abonnés ADSL seulement. On est très loin de l'objectif fixé à une année seulement de l'achèvement de l'échéance. Si en 4 ans, on est à 300.000, je vois mal comment peut-on atteindre en une année le chiffre de 2.700.000 abonnés. Pour atteindre justement ces objectifs il faut qu'il y ait une stratégie claire du gouvernement et surtout beaucoup d'acteurs privés. Ce n'est pas le secteur public qui pourra les réaliser. A travers tous les pays où les technologies se sont bien développées, ce sont les entreprises privées qui ont fait le plus gros du travail. L'opérateur public doit seulement assurer la plate-forme nationale. Il doit chapeauter et encadrer les opérations.
Qu'en est-il des projets de la santé électronique, le gouvernement électronique, la commune électronique ?
Ces projets ne dépassent pas la politique de l'effet d'annonce. L'Administration annonce des projets qu'elle ne réalise pas. On se rend compte par la suite qu'on a beaucoup menti aux gens. Le e-gouvernement, le e-commune, le e-commerce, et récemment le e-santé sont des projets qui n'ont pas vu le jour. Pourtant, certains ont même été inaugurés comme e-gouvernement. Depuis 5 ans, tous les projets stagnent. De plus, l'Etat s'est engagé dans beaucoup de promesses qu'il n'a pas tenues telles l'introduction de la fibre optique aux ménages, l'installation du Wimax et l'élaboration d'une loi sur la cybercriminalité. L'échec de tous ces projet est dû à leur mauvaise gestion. Le ministère de la Poste et TIC et Algérie Télécom les gère comme ils gèrent une administration.
Où en est-on avec le projet Ousratic ?
Le projet Ousratic a échoué, c'est bel et bien un fait. On avait annoncé qu'on a vendu 700.000 PC depuis décembre 2006 et qu'on allait atteindre les 6 millions d'ici 2 ans. Le pourquoi de cet échec est toujours le manque de planification et de stratégie claire de l'Etat pour gérer le projet. Le problème qui se pose avec Oustratic c'est qu'Algérie Télécom n'a pensé qu'à vendre des PC.
Or, la réussite de ce projet dépend de trois éléments essentiels : Une bonne connexion Internet, des PC performants et un contenu Internet intéressant. Si ces trois éléments ne vont pas de pair et en même temps, le projet ne marchera pas. Si on ne peut pas assurer un service public électronique, on ne pourra pas convaincre les différentes couches de la société à acquérir un micro et de se connecter à Internet. Acheter et payer ses factures en ligne, entrer en contact avec les institutions officielles, faire ses papiers en ligne, télécharger et prendre des cours du programme de l'éducation nationale en ligne, etc., sont autant de services qui draineront, à coup sûr, un large public. La musique et le chat ont un public certes, mais cela reste restreint. Ce sont les services électroniques qui peuvent réellement drainer tous les membres de la famille.


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