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Dopage présumé des footballeurs : Un dossier qui dérange
Publié dans Le Quotidien d'Algérie le 18 - 11 - 2011

En évoquant un lien possible entre le handicap de leurs enfants et les produits qu'on leur aurait administrés à l'époque où ils jouaient en équipe nationale, sept footballeurs ont déclenché une polémique. D'un côté : ceux qui soutiennent que le dopage existait bien dans le sport de performance en Algérie à cette époque. De l'autre : ceux qui rejettent l'accusation sur le staff recruté dans les ex-pays de l'Est.
«J'ai la conviction que nous ne sommes qu'au début d'une série d'affaires qui finira par un scandale, assure un membre de la Fédération algérienne de football. Et le football ne sera pas la seule discipline touchée. On sera forcément amené à parler d'athlétisme…» Depuis que sept anciens Fennecs ont réclamé, en début de semaine, l'ouverture d'une enquête sur le suivi médical dont ils ont fait l'objet entre 1977 et 1990, la question du dopage agite le milieu sportif. Principaux pointés du doigt : les médecins. Rachid Hanifi, qui en fait partie (voir interview ci-contre), défend le sport algérien d'avoir été sali par de telles pratiques. Mahieddine Khalef, entraîneur des Verts en 1979, 1980, 1982 et 1985, est aussi catégorique. «Le dopage en Algérie à cette époque n'existait pas ! Dans les ex-pays de l'Est, oui, mais pas en Algérie. Tout était strictement contrôlé par le Centre national de médecine du sport. Les joueurs passaient des examens avant d'avoir leur licence. Les médicaments que nous utilisions n'étaient sortis que dans une valise fermée à clé. Sans l'avis des médecins du sport de l'époque, rien ne pouvait se faire. Et ils étaient tous Algériens, nous a-t-il déclaré. Ce qui s'est passé avec le staff qui venait de l'Est est une autre histoire. Il faut faire très attention à ce qu'on dit, à ne pas tout mélanger, car je ne voudrais pas que l'on remette en question nos résultats en Coupe du monde et en Coupe d'Afrique !»
Du côté des médecins du sport, une telle affirmation fait sourire. L'un d'entre eux, qui exerçait déjà dans les années 1980, affirme : «Le dopage était quelque chose de connu. Mais il est vrai qu'à l'époque, on ne parlait pas encore de lutte antidopage. Les produits présentaient moins de technicité.» Un ancien champion d'athlétisme confirme : «Le dopage est un sujet tabou. C'est un vieux dossier que l'on vient de déterrer, confie un ancien athlète. A la fin des années 1970, inquiet par l'ampleur que prenait la prise de produits dopants, un entraîneur d'athlétisme a remis un rapport au ministère de la Jeunesse et des Sports pour l'alerter. Non seulement son rapport n'a pas connu de suite mais il a été blâmé. Quant à moi, je peux vous assurer qu'on a tous été des rats de laboratoire…»
Mélanie Matarese
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Mohamed Chaïb : On prenait des comprimés sans savoir ce que c'était
El Watan le 18.11.11
-Quand avez-vous commencé à lier votre statut d'ancien international de football à votre drame personnel ?
Nous avons eu une première fille en 1987, atteinte de myopathie. Elle est décédée en 2005. Puis ma femme est tombée à nouveau enceinte. Nous avons alors décidé de faire des tests d'ADN en 1999, en France, à l'hôpital Necker, pour savoir si l'un de nous pouvait être à l'origine du drame que nous avions vécu. Les résultats des analyses étaient clairs : ma femme et moi ne pouvions pas avoir des enfants génétiquement malades, nous n'avons donc pas poussé les tests plus loin. Par la suite, ma femme a donné naissance à des jumelles, atteintes aussi de myopathie. C'est à partir de là que j'ai commencé, avec mon ami Kaci Saïd, qui lui aussi a une fille handicapée, à réfléchir à d'autres causes susceptibles d'être à l'origine de ces maladies.
-Quelles autres explications les médecins vous ont-ils données ?
Ils m'ont dit que notre statut d'ancien athlète d'élite pouvait expliquer pourquoi nous donnions naissance à des enfants handicapés. Nous avons entamé notre carrière de footballeur avec la réforme sportive qui consistait en la prise en charge du football par les pouvoirs publics. Du coup, nous étions suivis médicalement à la fois par notre club et par le staff médical de l'équipe nationale. C'est durant cette période que nous avions dû prendre, à notre insu, des médicaments qui nous permettaient de tenir physiquement durant toute une saison.
-Vous souvenez-vous de ce que le médecin vous donnait à cette époque ?
On nous faisait prendre des comprimés. Ils avaient la forme de petits morceaux de sucre. Bien sûr, je ne me souviens pas du nom de ce produit. On ne savait pas ce que c'était et on s'en fichait, ce qui comptait, c'était de bien récupérer et de pouvoir jouer le mieux possible. On leur faisait confiance. Ce qui était important pour nous c'était d'être en forme le jour du match et de pouvoir bien récupérer après une rencontre ou un entraînement. Cette question il faudrait la poser à ceux qui nous ont encadrés médicalement durant cette période.
-Vous êtes en train de parler de dopage…
Oui, et cela ne concerne pas uniquement le football ! Il suffit de voir les transformations physiques subies par certains champions d'athlétisme et de handball pour être convaincus ! De plus, de 1977 à 1990, nous avons eu des médecins étrangers qui s'occupaient de nous.
-Que sept joueurs de l'équipe soient concernés est intrigant, mais on peut aussi se demander pourquoi les autres ne sont-ils pas touchés ?
Vous savez, l'organisme réagit différemment chez chaque sportif.
-Les entraîneurs de l'époque étaient-ils au courant ?
On ne peut pas l'affirmer, car nous n'avons pas de preuves concrètes contre le staff technique.
-Est-ce que le fait que cette affaire n'ait pas été médiatisée par la Fédération algérienne de football laisse supposer que vous avez été dopés ?
Nous sommes persuadés d'avoir pris des substances. C'est une conviction profonde de tous les joueurs.
-Quel est le devenir des dossiers médicaux une fois que la carrière d'un international s'arrête ?
Dans une fédération bien organisée, les dossiers médicaux sont normalement archivés dans une banque de données. Mais dans le cas présent, au niveau de la FAF, personne ne sait s'il y avait des dossiers médicaux et où ils se trouvent. On peut imaginer que ces dossiers se sont évaporés avec le départ du docteur russe qui s'appelle Sacha. Aujourd'hui, si vous demandez aux resonsables de la FAF de vous communiquer mon CV, alors que j'ai près de 90 sélections en équipe nationale, ils seraient incapables de vous le donner. Ils vont vous conseiller de regarder sur Internet… Vous imaginez qu'avec l'ampleur que prend aujourd'hui l'affaire, un simple certificat médical disparaîtrait…
-Pourquoi l'affaire n'éclate que maintenant ?
Nous en avions déjà parlé à un journaliste algérien d'El Heddaf. Lors d'un voyage au Canada, en 2010, nous avions évoqué nos drames personnels et parlé de la maladie qui touchait nos enfants. Kaci Saïd, Salah Larbès, Djamel Menad… Nous avions tous des enfants handicapés. Au départ, nous n'étions que cinq à en avoir parlé, puis d'autres athlètes de haut niveau se sont manifestés pour révéler, eux aussi, les handicaps de leurs enfants.
-Est-ce que vous êtes soutenus dans votre quête de la vérité ?
L'Amicale des anciens internationaux nous soutient dans notre démarche, car nous sommes convaincus que ce que nous vivons est la conséquence de notre statut d'anciens internationaux.
-Quelle suite comptez-vous donner à votre affaire ?
Après la médiatisation, on veut que l'affaire devienne officielle. Par l'intermédiaire de notre avocat, nous allons contacter par écrit la Fédération nationale de football et le ministère de la Jeunesse et des Sports. Ce n'est qu'au terme de cette démarche que l'on pourra demander à connaître les produits qu'on nous faisait prendre et réclamer nos dossiers médicaux. Pour le moment, aucun responsable n'a cherché à nous joindre ! Personne ne nous a apporté de soutien moral. Nous avons reçu davantage de réactions de la part d'anonymes que d'officiels, alors que nous sommes les victimes d'une politique nationale mise en place à l'époque. Cette absence de réaction de la part des responsables nous laisse penser qu'ils ont peut-être des choses à cacher…
-Envisagez-vous des poursuites judiciaires à l'encontre de certains responsables de l'époque ?
Bien sûr. On veut connaître la vérité. On a besoin de savoir, si ce qu'on nous a donné comme médication pendant des années est la cause de notre souffrance. Et si c'est le cas, nous demanderons une réparation financière pour le préjudice que nous avons subi. En tant que famille, nous avons pris nos responsabilités, c'est à eux maintenant de prendre les leurs. A travers cette action, nous essayons aussi d'apporter des réponses à des questions qui nous hantent. Je veux pouvoir dire à mes filles la cause de leur maladie.
-Au fond de vous-même, vous avez la certitude que la maladie de vos enfants est liée à ces produits…
Au début, je me disais que c'était el mektoub, mon destin voulu par Dieu. Mais quand, par la suite, nous avons appris que d'autres joueurs vivaient la même souffrance, nous nous sommes posé des questions, d'autant que j'ai un dossier médical qui prouve que cela ne vient pas de nous.
Bio express :
Bio express
Mohamed Chaïb, 54 ans, est titulaire d'une licence de la Confédération africaine de football et d'un diplôme de l'Union football association, l'équivalent d'un diplôme d'entraîneur de 3e degré. Il a été joueur au RC Kouba et à l'USM Annaba. Il a porté 80 fois le maillot de l'équipe nationale. Il a par la suite été entraîneur de plusieurs clubs. Il fut l'adjoint de Abdelhak Benchikha en équipe nationale avant sa démission suite à la lourde défaite contre le Maroc (4-0) en éliminatoire de la Coupe d'Afrique 2012, en juin dernier.
Salim Mesbah


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