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Une exaltante transition encore à vivre
Publié dans Le Quotidien d'Algérie le 11 - 08 - 2012


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Le Quotidien d'Oran, 9 août 2012
Les processus de réconciliation nationale qui visent essentiellement le rétablissement de la paix civile n'ont pas commencé en Algérie. De nombreux conflits civils dans le monde ont ainsi été résolus de cette manière (Afrique du Sud, Rwanda, Irlande, Espagne..) et ce indépendamment de leurs soubassements idéologique, territorial, religieux, ethnique, racial, etc.
Au moins d'août 1994, l'armée républicaine irlandaise (IRA) décrète une cessation complète des hostilités et donne l'ordre, en juillet 2005, à ses militants d'abandonner la lutte armée. Le 22 mars 2006, l'ETA (Eus kadi ta askar taquina où pays basque et liberté en langue basque) annonce une trêve et proclame le 20 octobre 2011 « l'arrêt définitif de son action armée ». Le 26 février 2012, les FARC, forces armées révolutionnaires de Colombie, renoncent officiellement à la pratique de l'enlèvement contre rançon et annoncent une première dans l'histoire de la guérilla marxiste de Colombie.
Ces trois organisations politico-militaires d'Europe et d'Amérique Latine d'inspirations idéologiques différentes, évoluant chacune dans un contexte politique particulier et obéissant à des processus historiques incomparables ont en commun d'appeler à la cessation de l'ensemble où en partie de leurs actions parce que toutes les trois parties prenantes de processus de paix, de réconciliations où de négociations mis en place et conduits par les gouvernements qu'elles prétendent combattre.
Monseigneur Tutu, qui a présidé la commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud, disait que « pour avancer dans un processus de paix, mieux vaut parfois la sagesse que la justice » La justice est un processus noble qui fonde toute perspective de sortie de crise, d'extinction de conflit ou d'arrêt d'hostilités. C'est également un processus lent dont le rythme est induit par le degré de satisfaction et donc d'adhésion des parties en conflit. La sagesse quant à elle s'appuie sur la noblesse des sentiments humains comme le pardon, la lumière de la tradition et la puissance de préceptes religieux et de vérités divines. Il ya donc deux processus distincts obéissant à deux logiques différentes, de justice et de sagesse, qui s'articulent séparément mais qui peuvent néanmoins converger vers des objectifs identiques de liberté, de justice et de prospérité économique. Le premier processus, de justice, est souvent une rupture induite par la victoire d'une des parties en conflit tandis que le second, de sagesse, est une démarche de réconciliation qui conduit l'ensemble des acteurs en conflit vers une paix à vivre. La sagesse transcende donc les limites imposées par la quête de justice, dépasse le sentiment du déni subi par une personne où un groupe de personnes, ne recherche pas le consensus mais exfiltre l'ensemble des parties de leur contexte spatio-temporel pour les projeter vers une perspective d'avenir prometteuse et apaisée. Mais les processus de réconciliation doivent, pour espérer aboutir et atteindre les objectifs qu'ils se fixent, être conduits jusqu'à leur ultime étape : celle du pardon librement consenti par tous en contre partie aussi de la « promesse de l'avenir » : recouvrer ses droits politiques et civiques, bénéficier d'indemnisations pour soi-même et pour ses proches afin de pouvoir recommencer à vivre ainsi que de soutiens psychologiques appropriés, retrouver sa famille et sa terre natale, jouir de la liberté de s'exprimer, de s'organiser, de manifester, de se déplacer etc. Parallèlement à ce processus doit se construire et se mettre en place un autre processus, sans lequel tout ne serait qu'illusions, qui ambitionne quant à lui de consolider la neutralité des institutions de l'Etat, de mettre en place les mécanismes politiques qui permettent la véritable alternance au pouvoir, de permettre la proximité entre gouvernants et gouvernés, de retrouver et de réinstaller la confiance et d'apaiser le climat social par une dynamique de développement humain et de croissance économique qui s'enclenche et qui peut réussir car s'appuyant sur l'adhésion de tous.
Mais la résolution des différents conflits civils par la réconciliation et l'obtention du consentement de chacune des parties en présence induit une forme nouvelle et inédite de prescription de crimes commis et d'exactions infligées à des personnes et à des populations qui ne peuvent être apaisées qu'après recours à des mécanismes d'écoute psychologique, à des commissions de dialogue et de discussion, à des reconstitution de faits, etc. L'objectif fondamental et final recherché étant d'obtenir la paix des cœurs, la cessation des hostilités et le silence des armes. Cette démarche de réconciliation qui se substitue à la mise en place de procès en bonne et due forme et qui se propose d'engendrer dans son sillage le pardon ne peut cependant susciter l'oubli. Ce dernier n'est consacré que par l'œuvre du temps. Et les compensations, indemnisations et autres soutiens psychologiques apportés, dans ce cadre, à l'ensemble des victimes participent aussi de la nécessité d'accélérer les processus de rétablissement de la paix civile. Mais parfois la caractérisation des sévices infligés à des populations et à des personnes est telle qu'elle dépasse les objectifs de ces démarches de réconciliation, qui ne peuvent plus ainsi s'accomplir complètement. Ainsi, par exemple, les crimes commis en ex Yougoslavie et qu'ont eu à subir particulièrement les populations de confession musulmane mais aussi les populations croate et serbe n'ont pu être dissimulés, les charniers ayant été finalement découverts et les victimes exhumées, et leurs auteurs arrêtés, traduits devant les tribunaux et lourdement condamnés.
Tout ne peut être ainsi sacrifié sur l'autel de la réconciliation et des personnes où des populations pouvant parfois et légitimement se sentir lésées, n'arrivant pas à faire le deuil de leurs proches disparus, témoins où victimes de crimes imprescriptibles, sollicitent l'arbitrage de juridictions et d'instances internationales qui, au nom de lois et de conventions auxquelles ont adhéré de nombreux états, peuvent intenter des procès et conduire des actions contre des personnes où des gouvernements en place notamment lorsque les faits établis sont qualifiés de crimes de guerre ou pire de crimes contre l'humanité. La cour pénale internationale est ainsi devenue l'instrument redoutable et redouté mis en place pour déférer devant des juges des personnes présumées coupables d'actes répréhensibles dûment qualifiés de génocidaires, de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité. Le spectacle affligeant d'anciens dirigeants puissants de ce monde obligés de répondre de leurs actes et de leurs supposés crimes devant une juridiction internationale constitue le summum d'une humiliation qui est également infligée à leurs peuples et à leurs pays et qui probablement se veut aussi un signal fort en direction de ceux qui ont déjà commis l'irréparable où qui seraient tentés de le faire ainsi qu'en direction de ceux dont l'abus de pouvoir, souvent acquis par la force, peut être où se serait avéré être sans limites. Ainsi, entre le marteau de l'ingérence étrangère et l'enclume des poursuites des juridictions pénales internationales, les jours des tyrans en herbe qui essaiment à travers le monde semblent désormais être comptés. Bien que nécessaire et dissuasive, l'existence de ces juridictions internationales ne gagnerait en neutralité absolue et par voie de conséquence en crédibilité reconnue que lorsque tous les despotes que compte notre petite planète seront tous logés à la même enseigne. Mais cela est déjà une autre histoire ...
La situation de l'Algérie est à cet égard bien particulière. Sortie d'une sanglante guerre civile qui ne dit pas son nom, induite elle-même par l'interruption brutale d'un processus électoral mais aussi par un lourd passif de dysfonctionnements et de dépassements cumulés depuis des décennies, la situation actuelle de notre pays ressemble, paradoxalement après de nombreuses années de paix reconquise, d'efforts de développement conduits tant bien que mal et d'aisance financière, à celle d'un train à l'arrêt entre deux gares, complètement immobilisé. Figé, bloqué et ce faute non pas d'absence de conducteur, si nombreux et de tous âges et de toutes conditions, de puissance motrice, d'énergie où de voyageurs, souvent impatients, exigeants et combatifs, mais plus du fait d'une voie devenue impraticable, obsolète et rendue glissante par l'effet conjugué de l'absence remarquable de perspectives exaltantes et courageuses, l'inexistence de projets fédérateurs, du poids de pesanteurs de toutes sortes, de conflits d'intérêts, de querelles de chapelles inextricables dont l'origine remonte parfois aux premières années de l'indépendance et d'une architecture des hiérarchies souvent diffuse, non identifiée, inconnue du grand public et aux contours aussi mystérieux qu'impénétrables. Nous sommes dans le brouillard et nous n'avançons plus. Nous stagnons pendant que la mer se démonte et que se poursuivent la déperdition et le délabrement. Et l'écart qui nous sépare de pays potentiellement moins riches que le nôtre mais qui réalisent au profit de leurs peuples de véritables prouesses économiques, sociales et politiques ne cesse de se creuser. Nous devrons, tôt ou tard, effectuer nous aussi la véritable transition vers une société juste et libre, rendue inévitable car inscrite désormais dans une dynamique de progrès de l'humanité toute entière. Et il serait préférable que les chemins qui y conduisent soient ceux de la paix et de la sagesse. Le respect des droits de l'homme et du citoyen est au cœur des bouleversements qui secouent le monde. C'est une exigence que nul ne peut ignorer et à laquelle il faudra répondre par la transition résolue et au pas de charge vers une société juste qui respecte l'exercice de l'ensemble des libertés et autres droits fondamentaux mais aussi qui permet au plus grand nombre et notamment aux plus modestes d'accéder à un niveau de développement humain appréciable et compatible avec les richesses et la grandeur de notre nation.
Nous ne pourrons échapper à ces changements que nous devons conduire tant que nous disposons encore des ressources matérielles nécessaires, avant qu'il ne soit trop tard et à l'abri de puissances étrangères capables du meilleur comme du pire et dont tout le monde connait les véritables desseins. Nous devons à l'occasion du cinquantenaire d'une indépendance chèrement reconquise oser sans attendre l'initiative de la véritable réforme, celle que nous pouvons faire nous-mêmes aujourd'hui plutôt que celle que nous imposeront d'autres demain, et faire, avec l'aide de Dieu, le choix du changement véritable pour tous. Ici et maintenant.
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