Pas d'état d'alerte mais une surveillance accrue de l'activité acridienne. En dépit d'une relative accalmie, les spécialistes surveillent de près les criquets qui, à l'approche de la saison des pluies estivales, pourraient entamer leur migration vers les zones de reproduction situées principalement au sud du Hoggar. Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Les spécialistes de la lutte acridienne sont mobilisés. Si la situation n'est pas inquiétante, la vigilance est de mise. L'Institut national de protection des végétaux, chargé du suivi de l'activité, met en garde. En effet, le dessèchement de la végétation au niveau des périmètres agricoles pourrait conduire les criquets solitaires à se concentrer au niveau des parcelles agricoles irriguées. A l'approche de la saison des pluies estivales, les criquets, qui sont actuellement au niveau du Sahara central, pourraient entamer leur migration vers les zones de reproduction estivales situées principalement au sud du Hoggar. Dans son dernier bulletin, l'INPV note avec satisfaction que la situation acridienne demeure calme au niveau de l'ensemble des pays de la région occidentale abritant les zones de reproduction du criquet pèlerin, notamment au nord de la Mauritanie et au sud du Maroc. La même accalmie caractérise les pays de la région centrale, bordant la mer Rouge. Au niveau des deux régions, les conditions écologiques sont, en effet, défavorables à la reproduction acridienne. En dépit de cette accalmie, les spécialistes ne baissent pas la garde. La surveillance est assurée depuis le mois de janvier, février. Des opérations de prospection ont été assurées par un dispositif composé de quatre équipes couvrant les wilayas agricoles sahariennes de Tamanrasset, Adrar, Illizi et Ghardaïa. Le travail de ces équipes fait ressortir une situation acridienne qui s'est caractérisée par une accalmie totale. En effet, les prospections réalisées au niveau de 166 sites représentant une superficie cumulée de 9 457 ha n'ont pas révélé la présence de forte activité acridienne au niveau des wilayas concernées. A l'exception d'une présence acridienne localisée mais insignifiante composée essentiellement d'ailés solitaires matures et immatures dans les zones agricoles de la wilaya d'Adrar et aucune présence acridienne n'a été observée ailleurs. Les spécialistes restent néanmoins vigilants. L'élévation des températures enregistrée au niveau des wilayas du Grand Sud pourrait permettre aux ailés solitaires de rentrer en reproduction à petite échelle au niveau des zones abritant la végétation verte, à savoir les périmètres agricoles et les principaux oueds des régions d'Adrar, du Hoggar et d'Illizi. Les interventions seront déclenchées en dehors des zones agricoles dès les premières signalisations pour éviter les dégâts sur les cultures et la propagation des infestations dans les zones indemnes. N. I.