Par Ahmed Halli [email protected] Machine arri�re toute ! C'est l'ordre muet parvenu du poste de pilotage � la salle des machines de la �gal�re� he-orientale. Obama renie un par un tous ses engagements en faveur de la paix au Proche- Orient, au point de nous faire regretter l'�re Bush. Apr�s avoir refus� d'imposer aux Isra�liens la fin de la colonisation, apr�s avoir refus� de condamner express�ment l'acte de piraterie en M�diterran�e, Obama est revenu cette semaine. Il est revenu pour nous dire que rien n'a chang� dans la politique am�ricaine dans la r�gion : Washington est avec Isra�l, agresseur et condamn� par le monde entier. Obama n'exerce pas de pressions suffisantes sur son alli� sioniste, mais il y va fort lorsqu'il s'agit d'appuyer sur la carotide des Palestiniens. C'est qu'il va finir par me les faire aimer passionn�ment, ces Palestiniens, � force de les voir pers�cuter par la premi�re puissance du monde. M�me le Hamas, dont je ne peux supporter l'identit� et ses homonymes, va peut-�tre finir par trouver gr�ce � mes yeux. Il y a de quoi enrager apr�s la derni�re sortie de l'ex-prometteur, et ci - devant d�cevant, pr�sident Obama. Il vient de sommer litt�ralement le pr�sident de l'Autorit� palestinienne, Abb�s, d'aller aux n�gociations directes, soit � Canossa, avec les Isra�liens. Sinon, le d�cri� leader palestinien risque de perdre, et l'amiti� peu s�re et les subsides certains des Am�ricains. Cela s'appelle un ultimatum : tu vas t'asseoir en face de tes tourmenteurs, baisser les yeux, �couter ce qu'ils te diront, n'en retenir que les concessions que tu devras faire. Si tu n'ob�is pas, on te coupe les vivres ! Ce n'est pas dit exactement comme �a, mais je suis certain que c'est ainsi que le pauvre Abb�s l'a entendu. Pas question d'ob�ir, dites-vous ? C'est comme si c'�tait d�j� fait ! Pas de retour en arri�re au Liban : c'est � peu de d�tails pr�s, la le�on tir�e par les commentateurs arabes de la visite combin�e du roi saoudien Abdallah et du souverain syrien Assad au pays du c�dre. C'est encore un diktat pour le seul pays arabe o� les minorit�s, quelles qu'elles soient, peuvent encore respirer, sans bruits d'essoufflement, et esp�rer, sans exasp�rer le voisin de palier. Je ne comprends pas comment on interdit tout retour en arri�re au Liban, alors que tous les pays arabes sont en phase maximum de marche arri�re. Apr�s avoir �t� le phare et le centre de rayonnement culturel du monde arabe, le Liban se voit somm� de faire du sur-place. Il ne doit ni reculer, ce qui est un droit inali�nable pour tout Etat de la r�gion, ni avancer, ce qui serait un exemple f�cheux pour les pays qui l'entourent, tel un boa constrictor. Alors, le Liban reste en phase de stationnement autoris� et non altern�, sur le c�t� droit de l'impasse arabe. Et m�me si on d�couvre un jour que c'est le Hezbollah qui a fait assassiner Rafik Hariri, cela n'aura pas d'importance. Il y a des amnisties inscrites dans l'ordre naturel des choses : elles sont d�cid�es, parfois m�me avant que le crime ne soit commis. La repentance ? Il y a encore assez d'espaces commerciaux � Beyrouth pour la recevoir, avec armes et bagages. Il y a des pays pionniers en la mati�re. Il y a cependant des pays tellement d�mocratiques, que les citoyens sont autoris�s, individuellement ou en groupes, � faire machine arri�re vers la destination de leur choix Au nom de la d�mocratie, la Grande-Bretagne laisse se d�velopper et prosp�rer l'esprit communautariste. Il y a peu, des journaux arabes, aux penchants tr�s marqu�s, s'extasiaient devant les conqu�tes du tout religieux au sein des musulmans du Royaume-Uni. Comme pour mieux stigmatiser la France la�que et islamophobe, on mettait en exergue les �avanc�es� du hidjab en Angleterre. On saluait aussi les nouvelles conversions des citoyens britanniques � l'Islam, via l'adoption du v�tement f�minin dit islamique. Il semble, toutefois, qu'il faille temp�rer cet enthousiasme, douch� par des nouvelles alarmantes sur la condition f�minine, justement, dans ces communaut�s id�ales. Le quotidien londonien Al-Quds se fait ainsi l'�cho des inqui�tudes britanniques concernant la pratique de plus en plus r�pandue de l'excision. Environ 20 000 jeunes filles musulmanes, citoyennes de Grande-Bretagne, seraient touch�es par cette pratique pharaonique, islamis�e par des courants fondamentalistes, notamment en provenance d'�gypte et de Somalie. Des associations f�minines, qui ont enqu�t� sur ce ph�nom�ne, pr�cisent que l'excision touche de fa�on cyclique de 500 � 2 000 jeunes filles, durant les vacances scolaires. Ces op�rations d'ablation du clitoris et d'infibulation (couture des petites l�vres) sont pratiqu�es par des �sp�cialistes� � demeure, ou qu'on fait venir du pays d'origine des jeunes filles concern�es. A Londres, il y aurait aussi des m�decins, dont le nom circule de bouche � oreille, qui pratiqueraient ill�galement l'excision. Cette op�ration est th�oriquement prohib�e dans le pays, mais la prudence, voire le laxisme des autorit�s permet qu'elle soit pratiqu�e en toute impunit�. Un quotidien britannique a ainsi publi� le t�moignage dramatique d'une jeune fille somalienne sur les conditions dans lesquelles elle avait �t� excis�e. Ses parents avaient mis � profit leur voyage annuel en Somalie, pour livrer la jeune fille aux mains expertes des exciseuses. Le plus dur pour ces jeunes filles, note le journal, c'est lors du retour au lyc�e ou au coll�ge, o� elles doivent faire comme si rien ne s'�tait pass�, et vivre avec cette atteinte � leur f�minit�. Le plus souvent, les excis�es se soumettent � la mutilation de peur d'�tre montr�es du doigt et d'�tre trait�es comme des pestif�r�es. Il existe en Grande-Bretagne, apprend-on encore, des cliniques d'accouchement qui se chargent de retirer les fils de l'infibulation, lorsque la jeune fille est pr�te � procr�er. Selon l'Organisation mondiale de la sant�, cit�e par Al-Quds, il existe quatre sortes de mutilation partielle ou totale des organes g�nitaux f�minins. Toujours selon l'OMS, il y a 140 millions de jeunes filles qui ont subi l'excision, dans 28 pays d'Afrique, ainsi qu'au Y�men, au Kurdistan et en Arabie saoudite. Cette pratique est aussi r�pandue dans les communaut�s musulmanes install�es en Australie, au Canada, ou aux Etats-Unis.