Le Conseil des ministres, tenu avant-hier soir par vidéoconférence, n'a pas tranché définitivement le sort de l'année scolaire en cours. La décision finale sera prise cette semaine par une commission présidée par le Premier ministre et annoncée dimanche prochain, au cours d'une autre réunion du Conseil. Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - «Le Conseil des ministres a décidé, après un débat approfondi, de former une commission présidée par le Premier ministre et composée des ministres de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et de la Formation et de l'Enseignement professionnels, laquelle se chargera de formuler les propositions nécessaires pour finir l'année scolaire au mieux des intérêts des élèves et étudiants», a souligné le communiqué final du Conseil des ministres. Ainsi, le gouvernement se donne une semaine supplémentaire pour fixer sa décision définitive alors qu'au sein de la famille éducative, la nécessité de décréter la fin de l'année scolaire fait l'unanimité. Etant donné que les deux premiers trimestres se sont déroulés presque normalement, puisque les cours ont été suspendus depuis le 12 mars, soit à une semaine de la fin du deuxième trimestre, les syndicats du secteur proposent de mettre fin à l'année, calculer la moyenne des deux trimestres pour le passage aux années supérieures, annuler les examens de cinquième et de BEM et prendre en compte la moyenne des deux trimestres, et reporter l'examen du bac au mois de septembre. L'annonce du Conseil des ministres n'a pas tranché la question, laissant ouverte la voie à toute éventualité, puisque la commission fera les « propositions nécessaires pour finir l'année scolaire au mieux des intérêts des élèves et étudiants ». Rien n'est donc exclu même si la fin de l'année, conformément aux propositions des syndicats et associations des parents d'élèves, est presque acquise d'autant plus que plusieurs facteurs plaident une telle option. Réagissant à l'annonce du dernier Conseil des ministres, Meziane Meriane, secrétaire général du Snapest, dit «espérer que les propositions des partenaires sociaux soient prises en considération par la commission présidée par Abdelaziz Djerad. Vu l'absence du ministre de la Santé dans la commission, je pense que le côté santé est évacué de la question. C'est impossible de reprendre les cours dans ces conditions. Donc la commission va s'occuper du volet pédagogique seulement», a-t-il estimé, dans une déclaration au Soir d'Algérie. Pour M.Meriane, il est impossible d'organiser les examens dans ces conditions de confinement. «Le passage doit se faire avec la moyenne des deux premiers trimestres alors que la cinquième et le BM doivent être annulés en calculant la moyenne des deux trimestres pour le succès. Le bac, on a proposé son report pour septembre prochain», a-t-il poursuivi. «Maintenant que le chef de l'Etat a choisi de déléguer ses pouvoirs à cette commission, nous proposons d'y intégrer le ministre de la Santé, car son avis est primordial. Nous souhaitons de tout cœur que cette commission entende la voix de la raison et qu'elle décrète, comme la majorité des pays du monde, la fin de l'année scolaire pour mettre fin au suspense et à la psychose que vivent les élèves et leurs parents». «Il n'est jamais trop tard pour bien faire», réagit, pour sa part, le secrétaire général du Syndicat national autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura. Il soutient que la décision de fin de l'année ne nécessite pas l'installation d'une commission mixte car le Président dispose de toutes les données pour trancher. K. A.