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PRINTEMPS BERBERE
Un demi-si�cle de lutte
Publié dans Le Soir d'Algérie le 24 - 04 - 2012

L�espoir appara�t de l�autre c�t�, chez ces Amazighs de l�Afrique du Nord qui revendiquent leur amazighit� et le droit � l�existence�
Le peuple alg�rien, nord-africain en g�n�ral, a subi des invasions successives par les diff�rentes vagues de colonisateurs qui sont pass�s par cette ch�re patrie au cours des si�cles. Les Amazighs ont subi des blessures profondes provoqu�es par toutes ces conqu�tes, qui se sont succ�d� l�une apr�s l�autre et qui ont rendu l�Amazigh marginal dans sa terre ancestrale. 1962, l�ind�pendance est proclam�e, l�Alg�rie de Massinissa, de Dihia, de Abane et de Ben M�hidi, qui croyait � la fin des t�n�bres et des longs si�cles d�obscurit� durant lesquels les lumi�res s��taient �teintes sur son sol et qui croyait aussi � un avenir lumineux pour les futures g�n�rations qui vont vivre l�unit� dans leurs diversit� et b�n�ficier du progr�s et de la justice. Mais, les pr�dateurs sont l�, ils guettent le tr�ne, la libert� promise et tellement recherch�e par le peuple est confisqu�e. 1963, la Kabylie, r�gion historique, connue pour sa r�sistance f�roce au colonialisme fran�ais, se r�volte contre l�injustice de Ben Bella. A�t Ahmed, figure embl�matique de la r�volution nationale, devient le meneur de cette grande insurrection qui a entra�n� la mort de 500 Kabyles. C�est le d�but d�une opposition qui se constituera au cours des g�n�rations et qui remettra en cause le syst�me en place. Les ann�es 70 o� l��poque de la terreur sous la dictature du �Franco� alg�rien atteint son apog�e : dans ce climat tendu, une �lite politique et intellectuelle particuli�rement kabyle �merge. Des voix f�eriques � l�image de Ferhat Imazighen Imoula, A�t Menguellet, Ideflaouen et Matoub Lounes exhortent le peuple � revoir ses racines, ses valeurs authentiques, son identit� et prendre conscience de la n�cessit� de se lib�rer de ses s�questreurs en l�occurrence du r�gime en place. La chanson n��tait pas le seul moyen de lutte, le th��tre aussi �tait pr�sent avec l��ternel Kateb Yacine et Mohya qui voulaient inscrire l�Alg�rie et l�Alg�rien dans l�universalit� tout en restant authentique pour ne pas s�ali�ner. Des travaux de recherches commencent � voir le jour sur la langue berb�re, Mouloud Mammeri, auteur d�un livre de r�f�rence sur la grammaire amazighe et l�Acad�mie berb�re qui appara�t en France par la volont� de certains animateurs du Mouvement culturel berb�re, � l�image de Bessaoud Mohand Aarab. Devant un syst�me parano�aque qui ne jure que par lui-m�me et par ses id�es et convictions id�ologiques et face � un pouvoir qui s�est drap� d�une certaine l�gitimit� r�volutionnaire et un r�gime �conomique soi-disant socialiste par lequel on a leurr� le peuple, une partie des enfants de ce peuple s�insurge et jure de ne jamais capituler devant l�ordre �tabli. Une autre g�n�ration qui apporte des nouvelles conceptions qui remettent en cause toutes les pens�es du syst�me, jug�es d�su�tes et incompatibles avec la r�alit� sociale, politique et culturelle du pays. C�est le 20 Avril 1980, apr�s l�interdiction de la conf�rence de Mouloud Mammeri sur les po�mes kabyles anciens pr�vue � l�Universit� de Tizi-Ouzou, le peuple se r�volte. Le pouvoir est en furie, des forfaits ont �t� commis, des filles viol�es dans des r�sidences universitaires, la nuit du 20 Avril, des animateurs de cette r�volte ont �t� interpell�s et emprisonn�s, la Kabylie est d�sormais class�e zone rouge. La g�n�ration de 80 a fray� la voie � d�autres g�n�rations de militants et c�est gr�ce � elle que des tabous sont cass�s, la peur recule, le d�bat sur l�identit� et la d�mocratie s�ouvre. La Kabylie va servir comme une locomotive qui guidera la machine militante en Alg�rie, naissance de mouvements et de groupes de militants qui vont prendre en charge des revendications diverses, identitaires, justice sociale, �galit� entre les sexes, etc. Apr�s les �v�nements d�Octobre 1988, le pouvoir commence � s��tioler devant la volont� du peuple qui voulait un changement. Dans cette conjoncture, le pouvoir engage une s�rie de r�formes qui consacrent le multipartisme, un regain d�espoir pour un pays soumis au r�gime du parti unique depuis 1962. Entre la peste islamiste qui mobilise des foules d�sesp�r�es et le chol�ra d�une junte militaire qui s�est cramponn�e au pouvoir d�une mani�re obstin�e, la d�mocratie est �touff�e. Le FFS et le RCD, cens�s faire une alliance d�mocratique, sont malheureusement divis�s et r�cup�r�s soit par les islamistes soit par les militaires. Le MCB, qui portait haut et fort la revendication culturelle berb�re, est scind� en deux partis. H�las, le combat de toute une g�n�ration est parti en fum�e. L�Alg�rie sombre dans une guerre civile qui fait 200 000 morts, des disparus et des intellectuels qui seront des boucs �missaires, le r�ve d�mocratique s��clipse dans les cieux de l�Alg�rie. Face � cette calamit�, une �lite pr�f�re rester, r�sister et combattre sur deux fronts. Matoub Lounes est l�exemple de toute cette frange. Il �tait la voix du peuple, l�expression d�un malaise social et d�une qu�te identitaire. La chanteur rebelle paye cher son engagement, il fut assassin� le 25 juin 1998 � Tizi-Ouzou. Trois ans plus tard, un autre printemps en Kabylie, mais cette fois-ci il est noir, un printemps qui laisse des tumeurs difficile � gu�rir. Des centaines de jeunes assassin�s, sans aucune r�action nationale ou internationale. Les Archs, qui ont men� cette r�volte et qui ont �t� les repr�sentants du peuple, ont �chou� dans leur mission, faute de maturit� politique pour certains et de connivence pour d�autres. Le Printemps noir de 2001 et contrairement au Printemps berb�re de 1980 a laiss� plus de n�gatif que de positif.
- Un d�sespoir qui s�enracine de plus en plus dans la soci�t�.
- La politique et le politique ont perdu leur place chez les citoyens, aucun discours n�est �cout� et aucune personne n�est int�gre pour les gens.
- Apparition du banditisme, de la d�linquance et du sectarisme religieux qui prend de l�ampleur entre int�gristes islamistes et les nouvelles vagues de chr�tiens kabyles.
Face � cette situation d�sesp�rante, l�espoir appara�t de l�autre c�t�, chez ces Amazighs de l�Afrique du Nord qui revendiquent leur amazighit� et le droit � l�existence. La Kabylie, qui a �chou� dans son terrain, r�colte les fruits de ses sacrifices dans d�autres r�gions berb�rophones, au Maroc, en Libye et en Azawad. Certes, la Kabylie vit l�impasse, mais l�espoir nous est permis et comme dit l�adage allemand �ce qu�on ne peut pas atteindre en volant, il faut l�atteindre en boitant�.
Amar Benhamouche, �tudiant en psychologie clinique, Universit� de B�ja�a.


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