Cinq pour cent environ des enfants algériens ne sont pas scolarisés. C'est ce que le ministre de l'Education nationale a indiqué, hier, lors d'une séance de questions orales au Conseil de la nation. Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Rappelant le caractère obligatoire de la scolarisation jusqu'à l'âge de 16 ans, Abdellatif Baba-Ahmed a évoqué plusieurs mesures d'ordre réglementaire, pédagogique et social prises dans le but de booster l'intégration scolaire. Ainsi, le taux de scolarisation des enfants de 6 à 16 ans a progressé, a indiqué le ministre de l'Education, de 82 à 95% durant les dernières années. Pour autant, cinq pour cent des enfants ne sont pas scolarisés, malgré toute la dynamique socio-économique de la décade écoulée. Voire la déperdition scolaire a pris une certaine ampleur. Ce que le ministre de l'Education nationale a reconnu, en expliquant ce phénomène par moult facteurs socio-économiques, notamment les conditions sociales défavorables, les problèmes familiaux, le fait que «la rue influe négativement»... Néanmoins, M. Baba-Ahmed a tenu à constater que l'abandon de la scolarité a diminué sensiblement durant la décade écoulée, passant de 1,25% en 2000 à 0,79% en 2011 dans le cycle primaire, et de 8,5% à 6,5% durant la même période dans le cycle moyen. Certes, la déperdition peut fluctuer entre 1 et 2% pour le primaire et atteindre jusqu'à 10% dans le moyen, concède-t-il. Mais une déperdition dont l'évaluation reste à affiner, laisse-t-il entendre, dans la mesure où elle implique plusieurs autres secteurs et institutions. Par ailleurs, le ministre de l'Education nationale a indiqué que des correctifs seront apportés aux erreurs constatées dans certains manuels scolaires et qui sont dues, selon lui, «au court délai imparti» pour l'élaboration des livres scolaires de 2003 à 2007. Selon M. Baba- Ahmed, son département ministériel procédera à la révision de cette question et d'une autre d'ordre pédagogique, après l'évaluation des résultats de l'opération de consultations lancée depuis février 2013. Egalement, des amendements seront introduits dans certains programmes scolaires pour la prochaine rentrée scolaire, a indiqué le ministre qui explique l'inadéquation entre le niveau de l'élève et le programme scolaire par le fait que certains enseignants n'ont pas reçu de formation sur l'approche par compétence. D'autre part, Abdellatif Baba- Ahmed a indiqué que des mesures seront prises pour alléger le poids du cartable. Il s'agira notamment de la publication des livres scolaires en deux tomes et de l'équipement des classes en casiers pour les livres et cahiers. A charge, cependant, de respecter l'emploi du temps réservé aux matières enseignées, relève-t-il, afin d'épargner à l'élève le besoin de ramener tous ses livres.