Pour Réda Malek, la Révolution algérienne a enfanté d'authentiques héros et de grandes figures de l'Histoire. Malheureusement, nombreux sont les jeunes Algériens qui s'identifient à des «héros» étrangers. L'ancien chef du gouvernement et ancien diplomate déplore surtout qu'un écrivain algérien prenne, par exemple, Abraham Lincoln comme héros et modèle. «Nous avons pourtant de grands héros en Algérie. La guerre de Libération a notamment connu des hommes hors pair tels Zighoud Youcef, Abane Ramdane et tant d'autres», a-t-il fait observer hier, au forum d'El Moudjahid à Alger. Selon lui, cela est signe d'«ignorance» et de «méconnaissance» de l'histoire de notre pays. Animant une conférence sur l'action diplomatique et de communication du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne), Réda Malek a affirmé que la création du GPRA, le 19 septembre 1958 au Caire (Egypte), n'était pas chose facile. «Il était difficile de créer un gouvernement dans un pays colonisé et sous la merci de 800 mille soldats et des milices européennes armées», précisa-t-il. Et de poursuivre : «La création de ce gouvernement signifiait pour les Français, la radicalisation de la guerre. L'idée de l'indépendance était déjà acquise. Il n'était plus question d'assimilation ou d'autodétermination. La création du GPRA était ainsi un grand succès et aussi une façon pour renforcer la révolution dans la poursuite de la lutte armée». Pour l'ancien diplomate, le GPRA n'était pas un gouvernement en exil, ni un gouvernement de propagande. «C'était un gouvernement issu de l'organigramme de la Révolution algérienne». La crédibilité et la représentativité du GPRA ont été d'ailleurs reconnues par la France en juin 1960. «La France a compris que le GPRA était le seul représentant de la Révolution algérienne», a-t-il souligné. Il a ainsi rappelé les positions «courageuses» du GPRA lors des accords d'Evian notamment sur la question du Sahara algérien et de l'unité territoriale. S'agissant de l'information et de la diplomatie durant cette période, l'ancien chef du gouvernement dira que les deux missions étaient jumelles : «Il fallait casser le complot permanent de la France coloniale imposé à l'Algérie ainsi que le mur de silence». L'information était pour lui, la «base» pour porter la voix de la Révolution algérienne au sein de l'opinion publique internationale. A cet effet, il déplora par exemple que la Syrie n'ait pas eu recours à l'information sur la crise qu'elle vit actuellement. «Il faut informer et expliquer pour bien clarifier les choses, ceci pour éviter toute ambigüité et mettre fin aux rumeurs».