Hier, dès l'ouverture de l'administration, plus d'une centaine d'habitants du douar d'Ouled Salem, situé à quelques encablures à l'ouest de la commune d'Arib, douar issu de l'exode enregistré durant la décennie noire, venant de Oued Ehaad, Tachta, El Abadia... se sont rassemblés devant le siège de l'APC. Les adolescents en première ligne. Les protestataires ont procédé à la fermeture du portail d'accès au service de l'état civil, avant d'accrocher aux grilles des banderoles où on a pu lire, entre autres «Non à la hogra !», «Non à la marginalisation !», «Non à l'absence de l'électricité», «Non à l'absence du réseau d'assainissement». Des adultes attroupés sur le trottoir d'en face à qui nous avons demandé ce qui les a poussés à entamer cette contestation nous ont confié : «Nous ne disposons pas de réseau d'assainissement et chaque habitant s'est creusé une fosse septique derrière sa demeure, aux robinets l'eau n'arrive pas ou rarement et avec parcimonie, l'eau est pompée avant d'arriver aux foyers situés en hauteur, nous vivons dans le noir faute d'énergie électrique et l'été, même par les grandes chaleurs, nous ne pouvons même pas nous offrir de l'eau fraîche». Renseignement pris, on nous indique que certains se sont dotés de câbles et achètent de l'électricité à d'autres habitants se trouvant à des centaines de mètres, au moyen de branchements pleins de risques. Après cet entretien avec les contestataires, nous avons pris attache avec le maire qui avait entamé un dialogue avec les représentants des contestataires. Pour ce qui est de l'assainissement, le maire nous indique qu'il venait de recevoir l'AP (Autorisation de programme) d'un montant de 38 millions de dinars pour achever les 6 et 7e tranches du collecteur. S'agissant du manque d'eau potable, le premier responsable de la commune nous confie «nous avons adressé maintes correspondances à la SDO (Ex-Sonelgaz) qui sont restées sans écho, pourtant cette société exige le paiement d'avance avant de lancer les appels d'offres qui se révèlent infructueux, nous mettant ainsi en confrontation avec les citoyens». Quant à l'eau potable, le maire dira : «Nous ne pouvons installer le réseau qu'après avoir achevé la pose du réseau d'assainissement pour éviter tout risque d'interconnexion des deux réseaux». Par ailleurs, il s'avère que certains «citoyens» à l'aide de pompes se paient le luxe d'irriguer leurs jardins avec de l'eau potable et privent d'autres foyers du précieux liquide. A l'APC, on indique que le douar qui compte maintenant quelque 400 habitations a connu une poussée démographique notable à la suite de l'octroi de 180 aides à l'habitat rural. Aux dernières nouvelles après l'entretien avec le maire, les représentants du douar ayant reçu les explications se sont dispersés mais les adolescents continuaient en début d'après-midi à interdire l'accès des administrés à la mairie, ce qui n'a pas été pour plaire à la population qui se dit pénalisée alors qu'elle n'y est pour rien. «Ils ont le droit de contester et de réclamer leurs droits que nous respectons, mais nous aussi nous avons des droits, il faut qu'ils soient aussi respectés. Ce n'est pas à nous de payer les frais de certaines carences dans la gestion des communes», nous dit un groupe de jeunes d'Arib.