Comme le veut la coutume, à chaque fête religieuse, on enregistre des pénuries des produits de base. Toutes les familles ne stockent pas pour les jours de fête et leurs lendemains. Nous ne sommes pas en état de guerre ! Les Algériens sont unanimes à dénoncer la paralysie des activités commerciales, non seulement les jours de fête mais même après. Entre la défaillance de la loi portant obligation d'un service minimum pour les commerçants d'alimentation et l'absence d'une conscience professionnelle de ces derniers, le consommateur est livré à lui-même. Au niveau de quelques marchés de la ville de Relizane, les citoyens n'ont rien trouvé à acheter et sont retournés chez eux les couffins vides. Au marché couvert du centre ville comme au quartier populaire de la cité El Graba ou celui de Lassasse, les fruits et légumes n'ont pas été livrés. Seulement quelques étals à proximité des marchés ont assuré un service minimum avec des prix élevés. «Je suis sortie ce matin (hier), pour faire mes courses, je n'ai trouvé que des navets et des carottes, à 100 DA le kg, alors que la pomme de terre est à 70 DA», a déclaré une dame. Au niveau du marché couvert, les citoyens avaient un choix plus large et des tarifs plus élevés. Les prix des fruits oscillent entre 140 et 200 DA le kg, soit une hausse de 40 DA minimum par rapport à leurs prix habituels. De même pour les légumes qui ont tous enregistré une hausse, à l'exemple de la tomate vendue 120 DA le kg et la pomme de terre qui a franchi les 80 DA le kg. Malgré cette flambée occasionnelle, certains citoyens n'avaient d'autre choix que de faire leurs courses. D'autres, par contre, ont rebroussé chemin, préférant patienter encore un jour, le temps que les prix baissent un peu. Quelques commerçants estiment que cette hausse est «quelque part légitime», car «nous sommes encore en fête, et nous sommes très peu à assurer le service». «Ce n'est pas nouveau, les tarifs se décident en fonction de l'offre et de la demande...» a argumenté un vendeur de fruits rencontré au marché susmentionné. Il y a lieu de souligner, dans ce sens, que le peu de commerçants qui travaillent les lendemains de fêtes trouvent toujours la situation favorable pour imposer leur diktat. En outre, même si la durée officielle de l'Aïd est de deux jours, les commerçants estiment qu'elle est de trois jours. Par ailleurs, fruits et légumes ne sont pas les seuls à manquer dans les marchés, car la quasi-totalité des commerces étaient fermés hier, dans la ville. C'est toujours le même refrain. Les travailleurs, qui ont repris avant-hier, ont dû rester le ventre vide. Les ordures ménagères n'ont pas été collectées la matinée d'hier dans plusieurs localités de la wilaya.