Chargés d'inspecter sur le terrain de tout ce qui a trait à la situation de l'environnement dans la wilaya de Annaba, les membres de la Commission de wilaya de la santé, de la propreté et de la protection de l'environnement (CWSPPE) n'ont apparemment pas apprécié ce qu'ils ont découvert. Dans leur rapport de constat, ils ont tiré à boulets rouges sur la Direction de l'environnement qualifiée de défaillante. C'est en tout cas ce que laisse apparaître le rapport qu'ils ont établi. Ils en ont fait lecture lors de la session ordinaire de l'Assemblée populaire de wilaya (APW). Il s'agissait beaucoup plus d'un réquisitoire établi sur la base d'une situation d'insalubrité généralisée. Elle est, du reste, unanimement constatée par les habitants qui, eux, ont estimé que les atteintes quotidiennes à l'environnement constituent de sérieuses menaces sur la santé publique. L'anarchie totale sévissant dans les activités de commerce illicite créées dans un cadre aux antipodes des normes les plus élémentaires d'hygiène, de salubrité et de sécurité a été qualifiée d'insupportable par le rapporteur. En fait, les membres de la CWSPPE ont qualifié d'inacceptable la situation qui perdure depuis des années. «Cette situation est loin de refléter l'image d'une ville de Annaba accueillante», a affirmé ce rapporteur. Appuyant ses dires avec la projection d'un documentaire projeté sur un grand écran, il a attesté que, connue pour son environnement adapté tant à l'homme qu'à la nature, Annaba s'est transformée en un immense dépotoir à ciel ouvert. Cette commission n'a rien épargné pour démontrer que le secteur de l'environnement dans la wilaya est au plus mal. Ainsi, ont été citées les défaillances et l'absence de toute réaction face à une situation environnementale préjudiciable à la santé des citoyens. Mêmes les établissements de santé ont été pointés du doigt. Ils ont été qualifiés de facteurs polluants malgré les neuf incinérateurs dont ils disposent pour la destruction de plus de 550 tonnes/an de déchets hospitaliers. Les inondations, feux de forêt, la multiplication des moustiques et des marchés illicites des fruits et légumes, la pollution des 20 plages existantes, la mauvaise gestion des huiles industrielles usagées et bien d'autres facteurs de pollution ont été qualifiés d'entraves majeures hantant la quiétude des habitants. «Ces atteintes à l'environnement suscitent la protestation continue mais légitime des citoyens de par les nuisances qu'elles créent», a martelé le rapporteur. Il a estimé que le siège de l'inspection régionale de l'environnement est à l'abandon. Entamés en 2014 et censés s'achever en 2016, les travaux de réalisation de ce siège ne sont pas près de s'achever dans les délais prévus. Pire, les membres de la commission ont constaté la dégradation prononcée du niveau supérieur de la construction. Le même constat concerne l'apparence d'abandon qui caractérise les 25 laboratoires et l'absence de prise en charge des bacs à ordures. Appelant à une sérieuse prise en charge de la lutte contre l'insalubrité, à la suppression de la pollution et des nuisances qui indisposent les habitants, les mêmes membres ont insisté sur la mise en place de mesures efficaces pour une bonne prise en charge de la voierie et la protection de l'environnement. Pour le rapporteur, la démarche entreprise par l'APW se veut être de consultation, information et sensibilisation des différentes parties prenantes d'une opportunité qui pourrait heurter des intérêts, mais impacterait positivement sur le cadre de vie des habitants et des communes constituant le territoire de la wilaya. Prenant la parole à la fin des interventions du directeur de l'environnement et des membres de l'APW, le wali, Youcef Cherfa, qui est à son poste depuis six mois, a fait état de plusieurs mesures pour rectifier le tir et apporter les corrections nécessaires à cette situation.