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Enquête-Témoignages
Crise d'hystérie, les cris d'un mal profond
Publié dans Le Soir d'Algérie le 03 - 12 - 2016

Cris, gesticulations, convulsions, regards dans le vide, propos incohérents... Une image en synthèse d'une crise d'hystérie. Pour l'entourage, il s'agit plus d'une possession de corps ou du mauvais œil. Loin de pouvoir ou vouloir comprendre le mal plus profond, la famille des malades essaye toutes les voies pour leur porter secours. Témoignages
Souad, 30 ans, mariée :
«Le manque de considération m'a anéantie»
Le besoin de parler, de vider son sac est comme une obsession, une fin en soi. Le sujet à peine entamé, Souad ne perd pas de temps et ne prend pas de souffle pour raconter sa crise, sa dépression, son angoisse et sa déconnection de la réalité. «Cela remonte à cinq ans déjà, mais lorsque j'en parle c'est comme si c'était hier. Je devais me marier à 25 ans. Nous nous sommes connus étudiants et tout allait bien. Chacun de nous travaillait et nous avions célébré nos fiançailles.
A quelques mois de notre mariage, il y avait des complications dans les propos de mon ex-fiancé et je pensais que c'était dû uniquement au stress. J'essayais de gérer pour le mieux sans en parler à personne. Je sentais une certaine pression qui montait chez moi sans me résoudre à savoir ce que c'était. Sur mon lieu de travail, il y avait également plus de charge de travail, surtout avec l'installation d'un nouveau responsable. Je devais faire des heures supplémentaires et travailler même les samedis quelquefois. Bref, il y avait du désordre, de la pression de toutes parts. Moi, j'essayais de faire face et gérer comme une grande sans compter sur personne. Mon ex-fiancé piquait des crises de colère pour un rien, il disait des méchancetés, me manquait de respect. Il le faisait avant mais je me disais que cela allait passer. Pour me déstresser, j'essayais de lire et faisais ma prière régulièrement. Pour moi, toute cette pression était passagère et cela se réglerait dans quelques mois.
Un jour, après qu'il m'ait raccroché au nez sans raison apparente et surtout sans explication, ma jambe commençait à me faire mal. Je ne me suis pas inquiétée outre mesure. Et cela devenait de plus en plus fréquent. Une autre fois, mon nouveau responsable m'explique qu'il estimait que j'étais submergée de travail et qu'il allait recruter une autre assistante et que pour cela je devais rédiger une demande dans ce sens. J'ai dit que j'allais y réfléchir sans oser dire non. Chez moi, j'ai d'un seul coup commencé à pleurer et puis petit à petit à crier, de plus en plus fort, sans savoir ce que je disais. Tout en étant dans les nuages, en disant des propos incohérents. Ma mère, affolée, a tenté de m'attraper et de me calmer, avant de céder elle-même à la panique. Je ne pouvais pas m'arrêter de crier
A un certain moment, j'ai ouvert la fenêtre du balcon sans savoir pourquoi. J'avais l'impression de ne rien voir. Et d'un coup, une voisine est entrée dans l'appartement et m'a aspergée d'eau. Tout en continuant à sangloter, j'ai fini par me calmer. Bien sûr, après cet épisode, mes parents m'ont emmenée chez un raqi. Pour eux, c'était soit de la sorcellerie soit le mauvais œil, et rien d'autre. Je n'en ai pas parlé à mon ex-fiancé. J'ai pris un congé de maladie de 21 jours. Et puis, petit à petit, tout est rentré dans l'ordre. Pour moi, la crise que j'ai eue était réellement le mauvais œil ou des personnes jalouses ont essayé de me faire du mal. De retour au travail, j'ai trouvé une nouvelle employée à mon poste de travail. Mon directeur m'a tout simplement expliqué qu'il s'agissait de son ancienne assistante et qu'il s'est habitué à travailler avec elle et ne pouvait se passer d'elle. Ils avaient la même façon de voir les choses, et que durant mon congé de maladie, il a fait le nécessaire pour la recruter et me muter vers une autre direction sans tâche précise. Je me suis considérée comme un objet. Cela m'a anéantie. Avec beaucoup de dignité, j'ai ramassé mes affaires et changé de bureau sans dire un mot. J'ai fait une lettre de recours à la DRH. Durant la pause-déjeuner, j'ai appelé mon ex-fiancé pour me confier. Il m'a tout simplement répondu que ce n'était pas grave et que je devais arrêter de croire que tout le monde était ligué contre moi. J'avais à peine commencé à parler qu'il me raccrocha en me disant qu'il avait plus important à faire.
Ma main tremblait et je sentais des douleurs atroces. J'ai appelé mon frère pour venir me récupérer. Je n'arrivais plus à respirer. Arrivée chez moi, je me suis allongée et j'ai commencé à me tortiller. Mes jambes allaient dans tous les sens sans que je puisse parler. Et d'un coup, je suis devenue paralysée.
Mes parents, affolés, ont fait appel à un raqi, puis à un autre, ainsi qu'à un médecin généraliste. Je suis restée clouée au lit pendant plusieurs jours. Jusqu'à ce qu'une amie et collègue de travail conseille mes parents de m'emmener consulter un psychologue. Dans une chaise roulante, mes parents m'ont conduite dans un service psychiatrique. Sur place, une psychologue a commencé à me parler. J'ai été hospitalisé et une semaine plus tard, tout est rentré dans l'ordre. J'allais beaucoup mieux. Mon ex-fiancé ne s'était à aucun moment préoccupé de mon silence durant toute la semaine. Il ne m'avait jamais appelé. Dès ma remise sur pied, j'ai tout raconté à mes parents et pris deux décisions : démissionner et rompre mes fiançailles. Grâce à ma psychologue, j'ai compris l'origine de toutes mes crises. Elle venait de mon esprit qui refusait la situation dans laquelle je vivais. Par la suite, j'ai trouvé un autre travail et fait la connaissance d'un homme plus attentionné que j'ai épousé. Maintenant j'ai appris à ne plus taire mes sentiments et à exprimer mes émotions. Je parle plus souvent.»
Hayet, séparée, 1 enfant :
«mes beaux-parents m'ont humiliée»
Difficilement et sur les conseils de sa maman, Hayet confie l'origine de ses crises. «J'ai fait un mariage d'amour. Je pensais que tout le monde était heureux pour nous, surtout ma belle-mère. Je vivais avec eux mais j'occupais un étage de villa. Je faisais en sorte de leur rendre service très souvent, leur offrir des cadeaux, d'être la plus agréable possible, mais je n'avais rien en retour ; pas la moindre considération. Je ne disais rien et ne racontais rien des remarques acerbes, des rires dans mon dos, des silences lorsque j'arrivais dans une pièce. Je pensais que tout allait s'arranger. Mon mari ne voyait rien, je me disais donc que c'était normal, que c'était leur façon de voir les choses. Jusqu'au jour où ils ont convoqué mon mari pour lui faire des remarques sur mon comportement qu'ils estimaient irrespectueux car je les visitais de moins en moins. J'ai essayé d'y remédier mais la situation s'est empirée parce qu'ils estimaient que je leur volais leur fils en faisant semblant d'être sensible et gentille avec eux.
Enceinte, je n'ai pu comprendre leurs propos et d'un coup, j'ai commencé à avoir mal aux bras et puis tout est allé très vite, je pleurais, je sanglotais comme un enfant. Je suis montée chez moi et ma belle-mère m'a poursuit en me traitant d'hypocrite et de comédienne. Je n'ai même pas pu fermer la porte. Elle ne voulait pas se taire, suivie de son mari, jusqu'à ce que je me mette à crier. J'ai crié tellement fort que je me suis évanouie. Ils ont conclu que j'étais folle. Ils m'ont laissée ainsi étendue sur le sol jusqu'à ce que mon époux rentre du travail. Il m'a emmenée à l'hôpital où j'ai accouché prématurément.
Depuis, je vais un peu mieux. C'est un peu plus tard que j'ai pu raconter à mon mari et ma famille ce qui s'est passé. Maintenant, je suis séparée de mon mari, je consulte un psychologue qui me permet d'avoir confiance en moi. Mais, moralement, je vais bien. C'est le plus important.»


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