Fabriquer soi-même ou auprès d'un tiers fournisseur, on croyait le débat tranché. Les constructeurs automobile qui veulent devenir des leaders de l'électrique doivent se mettre à la production de batteries. C'est ce que fait Tesla, qui est celui qui a le plus investi, c'est aussi ce que fait Daimler (le groupe derrière Mercedes) et Volkswagen pourrait lui aussi investir une somme assez énorme dans un site de production de batteries. Mais Nissan, qui est pourtant un grand leader de l'électrique, choisit une autre voie. C'est un revirement puisque le constructeur japonais avait déjà beaucoup investi pour fabriquer lui-même ses propres batteries. Il en fabrique d'ailleurs déjà sur trois sites, sur trois continents. Au Japon, aux Etats-Unis et en Angleterre. Mais est-ce parce qu'il n'y a que les idiots qui ne changent jamais d'avis, Nissan choisit soudainement de tout arrêter. Toute l'activité de production de batteries de Nissan va être cédé à une société financière chinoise, GSR Capital. Et ce ne sera pas simple, puisqu'en Angleterre comme aux Etats-Unis, les unités de production de batteries sont à l'intérieur de sites industriels Nissan. Mais ce n'est pas la première fois que Nissan change d'avis sur les batteries. Il y a 10 ans, il était question de construire une usine de batteries au Portugal. Et peu avant le lancement de la Renault Zoé, il y avait eu un projet de fabriquer des batteries en France. C'est fini tout cela. Renault achète les batteries de la Zoé à un fournisseur asiatique et Nissan fera de même pour les batteries de la Leaf. Il serait cependant entendu que ce sera GSR Capital pour au moins les cinq prochaines années. Quant à la raison de la vente, elle serait simplement qu'il n'y a pas d'argent à faire avec les batteries. Les marges sont très très basses et elles ne feront que baisser.