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CHRONIQUE D�UN TERRIEN
La grande harba (XXXVII) Par Ma�mar FARAH [email protected]
Publié dans Le Soir d'Algérie le 22 - 04 - 2010

Dans le silence de la nuit, des pleurs. Des sanglots entrecoup�s par des mots �tranges. Je quittai ma chambre � la recherche de l�origine de ces g�missements qui m�intriguaient. Je passai devant la chambre de Meriem. Rien. Et puis, de toutes les fa�ons, c��tait la voix d�un homme. Les ronflements du pied-noir r�sonnaient dans tout le couloir. Restait le robot ! Se pouvait-il que Yimchi Wahdou f�t � l�origine de ces lamentations, lui, un �tre d�acier et d��lectronique d�pourvu de tout sentiment humain. Pourtant, il fallait bien se rendre � l��vidence.
Les bruits provenaient de la chambre de notre ami le robot. Quand il m�ouvrit la porte, il avait l�air pitoyable. Je ne lui connaissais pas cette aptitude � modifier son look aussi facilement. Durant tout le temps o� il nous a accompagn�s, il avait le m�me visage ferm�. Il �tait quasiment impossible d�y lire la moindre r�action. Les ing�nieurs chinois qui le con�urent avaient pris toutes les pr�cautions du monde pour �viter qu�une quelconque r�action de type humain puisse le d�tourner des t�ches pour lesquelles il avait �t� cr��. Pourtant, cette mine abattue, cet air triste, cette moue d��c�urement disaient bien que le gars avait chang�. Enfin, le gars� Il tenait � peine debout. Je l�aidai � regagner le lit o� il �tait couch�. Il balbutiait des mots que je ne comprenais pas. Je m�installai sur le fauteuil qui faisait face au lit. Un nouveau sanglot le secoua. Des larmes coulaient sur ses joues. Incroyable ! Des larmes ? Mais comment avait-il pu produire des larmes ? Et l�adr�naline ? O� s��tait-il procur� cette hormone ? Cette derni�re est g�n�r�e en principe par un �tat de stress. Comment, diantre, un robot peut-il �tre stress� ? Il n�avait ni rythme cardiaque, ni c�ur, ni pression art�rielle, ni bronches, ni pupilles ; alors d�o� venait cette �pin�phrine ? J�essayais de lui poser des questions pour savoir ce qui lui arrivait. Peut-�tre que tout cela �tait d� � l��tat de la batterie. �Non, r�pondit Yimchi Wahdou. J�ai achet� une carte d�Al Jazeera et mon masochisme a jou� le r�le de chargeur. Ma batterie a �t� remplie.
- Ah bon ! Je croyais que c��tait une blague� Alors qu�as-tu au juste ?
- Je suis stress�. Depuis ma sortie du laboratoire de Sidi-Abdallah, tout marchait bien. Jusqu�� cet apr�s-midi. Des indications, contenues dans les disques durs qui me servent d�estomac, montrent pourtant que tous les robots de la m�me g�n�ration n�ont jamais connu ce genre de probl�me ! J�ai l�, la liste de 148 000 andro�des dont 120 000 ont �t� construits en Chine et le reste ici. Jamais un probl�me pareil n�a �t� signal�.
- Quel probl�me ?
- L�amour !
- Quoi ? Que racontes-tu l� ?
- Je suis d�prim� parce que la flamme qui br�le mes entrailles a pour nom Meriem. Je l�aime comme je n�ai jamais aim� auparavant. D�ailleurs, pour �tre franc, je n�ai jamais aim� et aucun autre robot dans le monde n�a �prouv� ce sentiment !
- Tu dis n�importe quoi, Yimchi Wahdou ! Seul un �tre humain, fait de chair et de sang, peut aimer�
- C�est justement �a le probl�me ! J�aime comme n�importe quel �tre humain. J��tais bien, fort, la t�te sur les �paules et je trouvais ces petits penchants sentimentaux bien minables ! J��tais un �tre de raison. Me voil� prisonnier d�une passion que je trouvais ridicule hier matin !
- Ecoute, Yimchi Wahdou ! Pas Meriem ! C�est mon amour � moi et je suis bien content que tu ais �limin� l��mir barbu qui la voulait pour lui. Il reste ce pied-noir, �galement amoureux fou de Meriem. Mais lui, je ne veux pas l��liminer physiquement. C�est mon pote ! Je veux pousser Meriem � me choisir� Et si tu te mets de la partie, �a va compliquer les choses ! Meriem, c�est l�Alg�rie�
- J�aime Meriem ! J�aime Meriem! J�aime Meriem ! Et aucune force au monde ne pourra me d�tourner d�elle ! Et si vous ne vous retirez pas, je vous �craserai !�
Je r�alisai soudainement que le robot ne rigolait pas. J�avais vu ce qu�il fit des terroristes du Chenoua et ne voulais pas le contrarier� Fichtre alors ! Un robot amoureux ! Quand je raconterai �a dans les colonnes du Midi de Sidi-Cagliari, personne ne me croira. Pour le moment, il fallait g�rer la situation. Yimchi Wahdou �tait profond�ment atteint. Il pouvait � tout moment s�irriter et se transformer en Rambo ! Ah, qu�il �tait beau en moto rutilante ! Mais enfin, dans quel monde �tais-je en train d��voluer : une moto amoureuse ? Je n��tais plus sard�le ! J��tais redevenu alg�rien ! Il ne l�aura pas Meriem ! C��tait, � mes yeux, mon pays, ma terre, mon ciel, mes entrailles ! Fallait-il la lui c�der apr�s tant de sacrifices ? L��mir a �t� �limin� et il ne pourra plus la transformer en quatri�me �pouse dans un harem o� il sera le seul � avoir la parole ! Il ne la transformera pas en femme seule de Hassi- Messaoud, proie facile pour les int�gristes et les voyous ! Idem pour le buveur de Jack Daniel�s ! Il ne pourra jamais l�amadouer pour lui faire croire que du temps o� sa maman �tait femme de m�nage chez les Garcia et son papa ouvrier agricole � proche de l�esclave � chez les Fernandez, l�Alg�rie africaine se portait mieux ! Seuls les colons, les pieds-noirs et les militaires fran�ais vivaient bien dans ce pays. Les parents de Meriem survivaient et croupissaient dans la mis�re. Il ne l�aura pas, le pied-noir ! Et ce tas de ferrailles nomm� Yimchi Wahdou, qu�est-ce qu�il croyait ? Que j�allais le laisser me la prendre, ma Meriem ch�rie ? Mon seul et unique amour, ma passion. Un peuple tout entier entre les mains d�une machine chinoise ! Non et non et non ! Il pouvait m�abattre l�, dans cette chambre cherchelloise. Je serais un martyr, un de plus sur cette terre des martyrs ! Mais il ne fallait pas l�attaquer de front. Dans la situation o� il �tait, il pouvait se transformer en fou furieux. Il fallait jouer le jeu et pr�parer un bon coup pour l��liminer lui aussi. Tant pis pour ses capacit�s de moto et de force de destruction massive que nous n�aurons plus l�occasion d�utiliser. Tant pis pour les connexions Internet et le GPS ! Tant pis pour les appareils photos num�riques et tous les gadgets dont il �tait pourvu ! Meriem n�est pas � vendre ! Le lendemain matin, un ciel d�azur nous accueillit � la sortie de l�h�tel. Nous fil�mes vers l�ouest, sur la belle et scintillante route nationale 11 qui jouait � cache-cache avec la mer, tant�t l�effleurant, tant�t s��loignant de ses rivages, pour mieux l��treindre quelques kilom�tres plus loin. Le robot �tait toujours d�prim�. Mais ni Meriem, ni le pied-noir qui avait la gueule de bois, n�avaient remarqu� son �tat. Sidi-Ghil�s �tait plus qu�une �tape. C��tait une halte charmante qui avait su pr�server tout son �clat malgr� les ann�es de terreur qu�elle avait v�cues et l'obstination des autorit�s qui refusaient d�installer ailleurs certains projets industriels fort pr�judiciables � son environnement. Situ�e sur une route que n�empruntent g�n�ralement que les gens de la r�gion ou les rares voyageurs filant vers T�n�s � la majorit� y va par Chlef �, Sidi-Ghil�s �tait un paradis m�connu. Ses terres vierges, ses campagnes et for�ts sauvages, ses plages nich�es au fond de criques indompt�es ou sur des rivages ouverts aux quatre vents, �taient une invite � l��vasion. Mon Dieu qu�elle �tait belle notre Alg�rie ! Qu�elle �tait riche en paysages divers ! Quelle �tait belle Meriem dans sa tenue, achet�e la veille � Cherchell. Une robe kabyle aux couleurs chatoyantes� Sidi-Ghil�s, merci pour le bonheur que tu nous as procur� ! Merci d��tre rest�e debout face � la terreur int�griste ! Meriem demanda � un passant o� se trouvaient les deux cimeti�res de chouhada.
- Mais Madame, il n�y en a qu�un seul !�
Le robot ne comprenait plus rien : �Pourtant, il y a eu deux r�volutions arm�es ici. L�une a chass� le colonialisme et l�autre a vaincu les islamistes arm�s et raffermi les valeurs r�publicaines. Les deux ont �t� men�es par des Patriotes et des hommes debout dont beaucoup ont perdu leur vie. Je vois le cimeti�re des martyrs de la premi�re r�volution. O� sont enterr�s les h�ros de la deuxi�me r�volution ?�
Meriem pleura. Elle chuchota timidement : �Le jour viendra, quand finira la �grande harba� et quand les Alg�riens seront l�, o� nous b�tirons des st�les et des cimeti�res sp�ciaux pour ceux qui ont sauv� Sidi-Ghil�s et l�Alg�rie !�
M. F.


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