Les propos tenus par le secrétaire général du RND Ahmed Ouyahia, sur la grève des médecins résidents et des enseignants qui dure depuis près de quatre mois, n'ont pas laissé de marbre le Camra et le Cnapeste. Leurs réactions ne sont pas fait attendre. Ahmed Ouyahia qui a tiré à boulet rouge sur les grévistes, lors d'un meeting populaire tenu ce vendredi à Biskra, a mis en garde contre «l'anarchie» qui risque de provoquer leur action, estimant que «l'heure de l'application de la loi a sonné». Réagissant à ces propos, Dr Mohamed Taileb, résident au CHU Mustapha Pacha et membre du bureau national du syndicat autonomes des médecins résident Camra, s'est dit «indigné» par la position du Premier ministre. Contacté, hier, par nos soins, Dr Taileb a indiqué que «Ouyahia a parlé et a exprimé la position de son parti par rapport à notre action. Apparemment, il n'a pas connaissance de nos revendications», dit-il. Lors de son discours, et s'exprimant sur les requêtes des médecins résidents notamment celle relative au service civil, Ouyahia s'est interrogé : «Veut-on créer un désert médical en Algérie?». Dr Taileb répond : «Nous n'avons à aucun moment demandé l'abrogation du service civil. Nous ne demandons qu'un service civil facultatif, plus efficace et avec plus de mesures incitatives», a-t-il expliqué. Ahmed Ouyahia a parlé d'anarchie estimant qu'elle devait s'arrêter. «Le train de l'anarchie peut mener à l'irréparable», a-t-il averti, en appelant les enseignants et les médecins à reprendre le travail. «Barakat (ça suffit). Cette situation ne peut pas durer. Retourner enseigner ! Retourner soigner !» a-t-il lancé à l'intension des grévistes. Ouyahia a estimé également qu'«il est temps, au nom de la démocratie et de la liberté d'expression, de dénoncer ces comportements.» L'heure de l'application de la loi a sonné, avait insisté Ouyahia. «Nous sommes des médecins, des personnes civilisées. Nous l'avons démontré lors de nos marches pacifiques», a expliqué notre interlocuteur. Il faut savoir que les négociations entre le Camra et les services du ministère de la Santé ont été interrompues, le 4 février, après avoir conditionné la poursuite des négociations par le gel de la grève. Le Camra a prévenu que «la grève va se poursuivre, car nos revendications sont légitimes. C'est leur ignorance qui va conduire à l'anarchie». S'agissant des enseignants grévistes, Ahmed Ouyahia a qualifié certains de «pirates» qui observent la grève et dispensent des cours particuliers dans les garages. «Il y a des pirates, qui dispensent des cours dans des garages à 500 dinars l'heure, alors que l'Etat assure la gratuité de la scolarité dans nos écoles», a-t-il dénoncé. Des déclarations conforment aux positions des responsables du secteur de l'Education nationale, selon le porte-parole du Cnapeste Messaoud Boudiba. Ce dernier a appelé à identifier les responsables du statu quo que connaissent les secteurs de l'éducation et de la santé, depuis quelques mois. «Le Cnapeste n'est pas contre le respect et l'application de la loi. L'heure est à l'identification des responsables de cette situation de crise et surtout l'application de la loi sur tout le monde», a souligné Boudiba. Notre interlocuteur a enfin, appelé Ouyahia à apporter des solutions et ouvrir les portes du dialogue, pour ramener la stabilité du Front social.