A moins d'un arrangement entre le secrétaire général du parti, Mohamed Douibi, et ses adversaires, le Mouvement Ennahda risque sérieusement l'implosion, à la veille de l'élection présidentielle 2019. Après une session extraordinaire du Conseil consultatif organisée, vendredi, sur invitation du secrétaire général, la division s'est accentuée au sein de cette formation politique islamiste. Les opposants à Mohamed Douibi qui l'accusent d'avoir piétiné le règlement intérieur et violé les statuts du parti, reviennent à la charge pour rejeter «dans le fond et dans la forme» tout ce qui été décidé lors de cette réunion. «Toutes les résolutions de cette rencontre sont invalides dans le fond et dans la forme et considérées comme étant nulles, selon les statuts du parti», écrit dans une déclaration, le président du Conseil consultatif, Mohamed El Hadi Athmania, toujours en poste. En sa qualité de président de cette instance qui s'est réunie le weekend dernier, Athmania conteste la session en affirmant d'emblée qu'il«n'a reçu aucune invitation de la part des membres» du Madjlis Echoura et qu'«il n'a à aucun moment été avisé par une quelconque partie» de cette rencontre. Des vices de formes qui, d'après lui, confirment «l'irrégularité» de la réunion. «Il ne s'agit pas seulement d'une violation contre l'appareil du parti, mais aussi une violation contre la légitimité du Conseil consultatif national», estime son président. Il ajoute en précisant que cette rencontre «a, comme j'ai tiré la sonnette d'arme dans le passé, confirmé les tentatives d'atteindre le Mouvement, de le diviser et de l'emmener dans une étape de dislocation dont il ne pourra jamais s'en sortir». Une pique au secrétaire général du parti, Mohamed Douibi, principal accusé dans cette «machination». Quant au communiqué ayant sanctionné les travaux de la session, Mohamed El hadi Athmania, précise qu'à part lui-même, «personne n'a le droit d'utiliser le cachet» de l'instance. «Ce qui est considéré comme faux et usage de faux et contraire aux lois de la République», prévient-il, non sans avertir les membres du Conseil ayant pris part à la session qu'«ils ont été conduits dans un cercle antiréglementaire et d'usage de faux». Le président du Madjliss echoura ne compte pas rester les bras croisés. Et dans ce qui semble être une mise en garde et une menace contre Douibi, il dit «se réserver le droit de prendre toutes les mesures et procédures juridiques pour stopper ces pratiques et comportements commis par celui qui n'est pas apte à la responsabilité et qui ne se soucie pas de l'avenir du parti». Ceci, avant d'appeler l'ensemble des cadres d'Ennahda et ses militants «à ne pas se laisser guider par cette division et à rester mobilisés pour sauver le Mouvement». Rappelons que Mohamed Douibi avait défendu la légitimité de la session du Conseil consultatif de son parti, estimant qu'«elle a été convoquée par un tiers de ses membres, et ce, après de multiples tentatives qui ont été bloquées pour des raisons politiques par certains». ce que contestent ses adversaires, estimant que le SG a mélangé entre les prérogatives exécutives et l'indépendance du Conseil consultatif, car n'ayant aucun droit de convoquer une session qui relève des mission du président du conseil une fois informé par un tiers des membres et après avoir attesté de la bonne forme de la demande, sont l'article 28 des statuts. Entre les accusations des autres, Ennahda semble se diriger droit vers un conflit organique qui amplifiera la crise.