De folles rumeurs ont circulé au lendemain des attentats de Paris sur une «suspension», voire un «révision» des visas Schengen. Que des rumeurs en effet ! Explication. Ce sont surtout les lenteurs dans les procédures de traitement des dossiers de visa, valant l'autorisation de séjour en France, signalées par plusieurs demandeurs algériens qui ont provoqué l'affolement. Un affolement survenu au lendemain du Congrès tenu à Versailles, Paris, trois jours après les attaques terroristes du vendredi 13 novembre. Le président français, François Hollande, a, en effet, présenté une série de mesures sécuritaires, notamment le renforcement des contrôles aux frontières en créant 1000 postes de douaniers, entre autres. Ces mesures sécuritaires ont été «mal interprétées» par les demandeurs de visa algériens et ont dès lors dénoncé «un blocage» de leurs dossiers de demande de visa au niveau des consulats. Certains d'entre eux témoignent, effectivement, avoir déposé leur dossier au niveau des services TLS Contact depuis plus de 28 jours sans avoir encore reçu de réponse, (le traitement de dossier se fait, selon le consulat de France, sur une période de 10 jours ouvrables). D'autres parlent carrément de blocage. Qu'en est-il réellement de ces rumeurs ? Selon une source de l'ambassade de France en Algérie, que nous avons contactée, hier, «les traitements de dossier se font le plus normalement possible». Notre interlocutrice affirme qu'«aucun changement ni modification aux procédures n'ont été apportés». Interrogée sur ces rumeurs qui parlent de blocage des dossiers, notre source dément et insiste sur le fait que les services consulaires procèdent de «la même méthode qu'auparavant». La vox populi est en effet allée jusqu'à évoquer une révision profonde dans la législation européenne. Certains, ignorant tout le processus législatif européen en la matière, ont fait circuler ce qui peut être assimilé à une « hérésie» dans la mesure où la fameuse rumeur qui s'est vite propagée telle une trainée de poudre dans toutes les contrées du pays, fait tout bonnement état de la «suppression» du visa Schengen qui serait remplacé par des visas «étatiques». Cela suppose pour le citoyen lambda que la «libre» circulation est limitée voire interdite au-delà du territoire émetteur du visa. «Désormais, il est interdit d'entrer en Espagne si le pays émetteur est la France ou un autre», est un leitmotiv véhiculé avec «assurance» par la rumeur. Notre source à l'ambassade de France soulignera ensuite que les voyageurs qui détiennent un visa Schengen «peuvent circuler normalement». Par contre, notre interlocutrice tient à faire savoir que «seules les conditions de contrôle aux frontières sont renforcées, que ce soit aux niveaux maritime, ferroviaire, routier et aéroportuaire». Les déplacements vers la France sont pour ainsi dire «autorisés» pour tous les voyageurs munis d'un visa. Quant aux demandeurs de visa, ils auront, selon nos sources, une réponse une fois le traitement de leur dossier achevé. Tout récemment, l'ambassade de France avait même précisé que de plus en plus de visas de circulation ont été attribués aux Algériens (300 000 en 2014). Les demandeurs «chanceux», auront donc droit à un visa Schengen «en bonne et due forme».