Il ne se passe pas un jour sans que l'on assiste à la montée au créneau de nombreux comités de villages à travers le territoire de la wilaya de Tizi Ouzou pour réclamer de l'eau potable. C'est devenu en effet un feuilleton interminable : chaque jour, des actions de protestation sont enregistrées un peu partout aux quatre coins de la wilaya par des citoyens en colère en quête de leur part d'eau potable dans une région considérée pourtant comme l'une des mieux loties en ressources hydriques. Mais paradoxalement, cette dernière demeure à la traîne en matière d'alimentation en ce liquide précieux. «A quoi sert-il d'avoir l'un des plus grands barrages du pays, si ce n'est de l'Afrique, si en parallèle l'eau ne coule plus de nos robinets depuis plus de trois semaines ?», s'interroge un citoyen de M'kira qui participait à un rassemblement de protestation dimanche dernier devant le siège de son APC en compagnie de centaines de ses concitoyens. Leur doléance : réclamer pour la énième fois l'alimentation de leur village en eau potable. Une revendication récurrente ces dernières semaines dans de nombreuses localités de la wilaya où des centaines de milliers citoyens font face depuis le début de la saison estivale au sempiternel problème de pénurie d'eau potable. Que ce soit à Maâtkas, Tizi Ghennif, Mekla, Fréha, Bouzeguene, Azeffoun, Illiltène ou Tigzirt, des villages entiers sont privés d'eau pour différentes raisons. Si dans certaines localités la raison de cette pénurie est due essentiellement à un problème de vétusté des conduites d'alimentation que les services communaux n'arrivent toujours pas à refaire en raison du coût élevé de ces opérations, dans d'autres localités, les raisons de cette pénurie sont à chercher dans la mauvaise distribution par les services de l'ADE. Certains citoyens n'ont pas hésité à pointer du doigt les responsables locaux de l'ADE. Ils l'accusent de faire du favoritisme dans la répartition des quantités d'eau à distribuer entre les villages de la même localité. Mais il faut dire que problème, comme ne cessent de le ressasser les responsables des services de l'hydraulique et de l'ADE, est lié essentiellement à la vétusté du réseau d'alimentation en eau potable (AEP) et au gaspillage. Un réseau dont la réalisation, à travers notamment les villages les plus reculés de la wilaya, remonte au début des années 1970, et qui nécessite une rénovation afin de mieux gérer l'alimentation des foyers. Surtout mettre fin aux nombreuses fuites d'eau qui font perdre à l'ADE des centaines de milliers de m3 par jour. Les recommandations du wali sans suite Une séance de travail consacrée à l'examen des problèmes d'alimentation en eau potable à travers le territoire de la wilaya s'est pourtant tenue le 20 juillet dernier au siège de la wilaya sous la présidence du wali. Cette rencontre a regroupé des chefs de daïra et des présidents d'APC des communes qui vivent une tension particulière en matière de distribution, à savoir les communes de Tizi Ouzou, Maâtkas, Tizi Gheniff, Mkira, Tigzirt, Azeffoun, Bouzeguene, Beni Zmenzer, Mekla et Aït khellili, indique un communiqué du cabinet du wali. Après un exposé du directeur des ressources en eau sur la situation de l'AEP dans les communes susmentionnées ainsi que les contraintes rencontrées notamment dans les localités de Maatkas, Tizi Gheniff et les villes côtières, en l'occurrence Azeffoun et Tigzirt qui subissent des perturbations en cette période estivale, un débat a eu lieu autour de cette question. La même source précise aussi que de nombreuses solutions ont été dégagées pour remédier aux insuffisances, comme l'augmentation des quantités de pompage, la réparation des réseaux détériorés et des pannes relevées dans les différentes stations (monobloc à Tizi Gheniff et station de dessalement de Tigzirt). Selon le même communiqué, le wali avait demandé l'application dans les meilleurs délais des solutions préconisées lors de cette réunion. «Ces solutions permettront d'améliorer la situation et de soulager les populations, de procéder à un diagnostic de l'AEP à travers toutes les localités de la wilaya et d'arrêter des solutions définitives pour mettre un terme à ce problème qui revient chaque été. Il a été demandé également un renforcement en moyens humains de l'Algérienne des Eaux en vue d'une meilleure prise en charge de tous les problèmes de distribution et d'entretien des réseaux. En conclusion, le wali avait instruit les services concernés à l'effet de travailler pour la mobilisation de la ressource, d'autant plus que la wilaya de dispose pas de ressources hydriques importantes, dont une grande partie se déverse dans la mer», lit-on dans le même communiqué, tout en affirmant que les cellules de veille doivent être maintenues jusqu'à la normalisation de la situation. Des recommandations dont les résultats ne sont toujours pas concrétisées sur le terrain, au grand dam des milliers de foyers qui continuent à subir les aléas du manque d'eau potable aux quatre coins de la wilaya.