à l'approche de la date de la tenue du concours de nomination au poste de chef de service hospitalo-universitaire, prévu à la mi-février prochain, les hommes de la profession montent au créneau. Ils demandent l'annulation du concours et dénoncent la mainmise sur les postes de chefs de service hospitalo-universitaires qui vont devenir si le concours se déroule dans les conditions actuelles, selon eux, de simples postes administratifs. En effet, le collectif des professeurs hospitalo-universitaires et maîtres de conférences hospitalo-universitaires de classe «A» et les professeurs chefs de service anciens et nouveaux, candidats au concours dénoncent la grille d'évaluation des candidats, jugée «catastrophique et scandaleuse». Certains estiment que le concours est taillé sur mesure pour permettre à des personnes désignées d'avance d'occuper ces postes. «Ce concours prend les allures d'une formalité qui vise à légaliser la nomination au chef de service hospitalo-universitaire», déplore un membre du collectif. «Au moment où l'état et le président de la République font tout pour élever le niveau de la recherche scientifique et encourager les vrais chercheurs, une grille d'évaluation comme celle confectionnée par le ministère de la Santé et le syndicat met la recherche à genou, puisqu'elle plafonne les activités scientifiques et pédagogiques à 6 travaux seulement», déplore notre source. Avec cette grille qui «ne tient pas compte des objectifs pédagogiques et scientifiques», le collectif craint la création de chefs de service administratifs, similaires aux services communaux ou de daïra. Les contestataires estiment que les conditions du déroulement du concours relèvent du pur sabotage des vrais chercheurs qui ont pris part à des congrès mondiaux avec plus de 200 travaux. Une manière, selon eux, «d'encourager la médiocrité et arranger certaines personnes privilégiées qu'on veut mettre à tout prix à la tête de ces services au détriment des valeurs scientifiques et pédagogiques des candidats». Ce collectif, qui considère que la grille d'évaluation «touche à la dignité des chercheurs», évoque «un massacre scientifique et universitaire» et sollicite, par le biais d'une lettre qui lui a été adressée, hier, l'intervention du chef de l'état pour surseoir au concours et mettre fin à la dérive. Lançant un véritable cri de détresse, les professeurs et maîtres de conférences hospitalo-universitaires appellent le président Bouteflika à intervenir «en urgence» afin de revoir les grilles d'évaluation et la soumettre aux vrais scientifiques avant de réorganiser le concours. Ils pointent un recul par rapport à la grille d'évaluation du concours de 2014 qui était, à en croire un membre du collectif, purement scientifique tenant compte de tous les travaux scientifiques des candidats. «Dans la discrétion la plus absolue, et la précipitation, la grille d'évaluation a été modifiée et gravement basculée du scientifique-chercheur à l'administrateur», dénonce notre source. En 2014, précisera-t-elle, les premiers classés étaient ceux qui avaient excellé durant leur carrière sur le plan scientifique et pédagogique avec leurs publications nationales et internationales, communications orales, posters, projets de recherche et distinctions honorifiques et prix dans les sociétés savantes internationales. Les professeurs et maîtres de conférences hospitalo-universitaires souhaitent revenir, au moins, aux conditions ayant prévalu à l'organisation du concours de 2014, comme tenir compte de tous les travaux effectués durant une carrière universitaire, qui commence après l'obtention du grade de maître-assistant. Pour eux, ce sont les travaux scientifiques nationaux et internationaux qui dictent le profil du futur chef de service, un scientifique et homme de terrain, ou un administrateur qui symbolisera l'administralisation de la recherche scientifique.