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La bataille pour la survie
Reportage : Aïn Defla / La femme rurale,un acteur de la vie économique
Publié dans Le Temps d'Algérie le 30 - 11 - 2009

Zohra, Yamina et Sihem ne savent rien de la journée nationale de la femme rurale. Ces trois sœurs issues d'un mariage consanguin n'ont pas été gâtées par dame nature mais possèdent de beaux et bons cœurs.
Orphelines, elles ont perdu leurs parents alors que l'aînée Zohra n'avait que 14 ans. C'est cette dernière qui a élevé Yamina et Sihem, âgées respectivement de 8 et 4 ans à la mort des parents en 1987.
«Nous n'avions pas où aller à ce moment-là, j'ai décidé de rester dans notre maison près de mes oncles paternels avec mes sœurs», avoue Zohra en ajoutant que ses oncles maternels voulaient les séparer.
«Je voyais comment était traitée une orpheline dans mon douar», dit-elle.
«La fille est bonne pour garder les bêtes, remplir de l'eau ou encore chercher du bois», explique-t-elle en signalant qu'elle est interdite d'instruction.
Aujourd'hui, Zohra, bien que célibataire à 36 ans, n'a rien à regretter puisqu'elle exploite avec ses sœurs les petits lopins de terre hérités de leur défunt père. Elle n'a pas attendu les différents programmes de l'Etat en direction de la femme rurale pour planter des arbres fruitiers, entretenir son potager, réaliser un rucher ou cultiver sa terre.
D'ailleurs ni elle ni ses sœurs n'ont jamais mis les pieds à la mairie d'El Mayene, sur les hauteurs de l'Ouarsenis, ou dans un quelconque centre de soins ne serait-ce que pour un vaccin. «Dieu merci, nous ne sommes pas tombées malades, mais nous soignons nos rhumes et notre toux avec des plantes médicinales», avoue notre interlocutrice.
Entre les terres et le troupeau
Bien organisées, Zohra et Yamina passent leur temps sur leurs terres à planter, irriguer et récolter les fruits et les légumes qu'elles livrent à leur cousin Mahdad qui les vend aux marchés de Djelida, El Khemis ou Aïn Defla.
Sihem, la cadette, s'occupe des travaux ménagers.
Elle fait le pain, la vaisselle, la lessive, le ménage, ramasse les œufs et donne à manger aux bêtes à engraisser. Quand elle a du temps, elle fait de la poterie pour participer aux dépenses.
«C'est Mahdad qui achète nos provisions de la ville», dit cette dernière. Chaque vendredi matin, les trois sœurs sentant un besoin de communication se rendent au marabout du coin où se tient un marché
réservé exclusivement aux femmes. Là elles vendent la volaille, les œufs, du blé concassé et du beurre rassis. «A la fin de l'automne, on vend de l'huile d'olive que nous avons faite nous-mêmes à la main», indique Zohra, la moins timide.
Leurs cousins sont fiers d'elles. «Elles font le travail des hommes et ne se plaignent jamais», dit Abbas en affirmant qu'il fait paître leurs bêtes avec les siennes.
«Elles ne sont plus à l'âge de garder des bêtes dans la forêt», dit-il. Avec leurs maigres économies, les filles, au lieu de se parer de bijoux et de dentelles, ont construit une maison en dur, acheté cinq veaux qu'elles engraissent et disposent d'une dizaine de moutons et autant de chèvres.
Des tentatives de dépossession
Les jeunes du douar respectent et estiment ces orphelines qui ont su garder leur dignité et leur honneur. «Leurs oncles ont essayé plusieurs fois de les déposséder de leurs biens,
heureusement que Zohra a résisté», témoigne un cousin lointain en expliquant que pour accaparer leurs terres et leurs biens un oncle maternel voulait marier Zohra à un vieux veuf d'El Khemis, alors que son oncle paternel lui avait proposé un divorcé à Djelida.
«Certes, je suis jalouse des femmes de mon âge qui ont un foyer, un mari et des enfants, mais mes enfants à moi ce sont mes sœurs», riposte Zohra avec un brin d'amertume.
Sihem, trop timide pour son âge, n'a pas l'intention de quitter ses sœurs. «Elle a refusé plusieurs demandes en mariage», signale son aînée, alors que Yamina ne quitterait son jardin pour rien au monde. «Je n'ai pas le temps de penser à ces choses-là», dit-elle en souriant.
«Je suis tellement exténuée le soir que je suis au lit juste après le dîner», avoue-t-elle. Ses bras forts lui ont valu le surnom de «chambit» (garde champêtre), car elle n'hésite pas à dire les quatre vérités en face. «Je vis de ma sueur, je n'ai de compte à rendre à personne, je ne nuis à personne et je n'aime pas la hogra», précise-t-elle.
«Ce n'est pas parce que nous sommes des femmes qu'on doit abandonner nos droits», déclare-t-elle. Elle souhaiterait que les responsables des forêts lui offrent les mêmes avantages qu'aux hommes de son douar qui ont reçu des plants d'oliviers, des ruches, des vaches et des moutons dans le cadre du développement rural et espère bénéficier d'un logement rural.
En prenant la parole, Zohra raconte ses sacrifices, ses peines et ses douleurs. «Je me réveillai à l'aube pour traire les chèvres, préparer la galette et emmener les bêtes paître aux abords de la forêt, été comme hiver», dit-elle en signalant qu'elle suivait son cousin Slimane qui réside actuellement à Djelida.
«J'ai même appris à poser des pièges pour lapin et perdrix», ajoute notre interlocutrice, en signalant que durant la campagne des labours, elle faisait appel à son oncle paternel qui exigeait de partager la récolte. «Il prenait plus de la moitié, mais que Dieu lui pardonne», soupire-t-elle.
Zohra n'a qu'un seul objectif en tête, c'est de marier Sihem à un jeune du douar qui prendrait soins d'elle. «Nous vieillissons et je ne veux pas que ma petite sœur souffre autant que moi», indique-t-elle en laissant échapper une larme.


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