Il aura fallu se trouver à la veille d'une nouvelle grève dans le secteur de l'éducation pour qu'un délai soit enfin fixé sur la mise en application du régime indemnitaire, principal point de discorde entre les syndicats et la tutelle. Intervenant hier sur les ondes de la Chaîne III, le pédagogue Ahmed Tessa, conseiller du ministre, fera savoir que «la légitimité des revendications des syndicats est reconnue». Il ajoutera que la commission ad hoc en passe de finaliser ses travaux va bientôt annoncer ses conclusions. «Tout sera réglé dans un mois» a-t-il renchéri. M. Tessa expliquera que la commission ad hoc composée des membres de la direction générale de la Fonction publique et des responsables du ministère des Finances avait l'obligation «d'étudier dans les détails les propositions du ministère de l'Education et de ses partenaires sociaux. Il s'agit d'un travail qui nécessite beaucoup de calculs». Et de poursuivre : «Ce travail ne doit pas se faire dans la précipitation, surtout avec quelque 500 000 fonctionnaires». l'invité de la Chaîne III a confirmé que l'effet rétroactif sera bel et bien inclus dans le cadre de la mise en place du nouveau régime indemnitaire au profit de la corporation des enseignants. «Il y aura un rappel à partir de janvier 2008 et une bonification des primes des enseignants» a-t-il indiqué à ce sujet. «C'est un grand acquis pour les syndicats», appuie encore le conseiller du ministre, qui ne manquera pas par ailleurs de mettre l'accent sur le fait que les salaires des enseignants de l'éducation ont carrément doublé en l'espace de dix années. Le Snapest dénonce le recours à la propagande Dans sa réaction au sujet de cette intervention de M. Ahmed Tessa, M. Meziane Meriane, le coordinateur national du Snapest n'ira pas par trente-six chemins pour marquer sa désapprobation par rapport à ce genre d'attitude. Il dénonce le recours de la tutelle de l'Education à la propagande, qu'il considère comme très maladroit comme attitude. M. Meriane qui évoque ainsi l'existence d'une crise de confiance entre les syndicats et la tutelle appuie qu'il aurait été préférable que les propos du conseiller du ministre de l'Education «auraient dû faire l'objet d'un communiqué officiel de la tutelle». Le coordinateur national du Snapest tiendra aujourd'hui une conférence de presse à Alger pour s'exprimer de façon plus détaillée sur les rapports le liant avec la tutelle de l'Education, de même qu'il évoquera la grève qui prendra effet dès ce matin. L'Union des parents d'élèves d'Alger soutient les syndicats Incontestablement, le torchon brûle entre les syndicats autonomes et le ministère de l'Education, et ce sont encore une fois les élèves qui sont les victimes pour la simple et bonne raison que c'est leur scolarité qui sera perturbée pour on ne sait combien de temps encore. Pour autant, il se trouve que la section d'Alger de l'Union des parents d'élèves est totalement solidaire avec les syndicats autonomes. «Les syndicats ont le droit de faire grève», tranche M. Salah Amar Yahia, président de la section sus-évoquée. «Le ministère n'a qu'a solutionner le problème une bonne fois pour toutes s'il veut qu'il y ait apaisement de la situation dans son secteur» a-t-il ajouté.