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«Il y a absence d'une politique de dialogue social en Algérie»
Lyes Merabet, président du SNPSP
Publié dans Le Temps d'Algérie le 23 - 02 - 2010

Le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyes Merabet, revient dans l'entretien qui suit sur les luttes syndicales qui ont caractérisé le monde du travail en Algérie. Des activités syndicales autonomes sont «mises en relief» par de multiples entraves qui démontrent, selon lui, l'absence de politique de dialogue social dans notre pays.
D'où la nécessité d'unifier les entités syndicales autonomes, «seules à défendre les droits des travailleurs». Ecoutons-le.
Vous êtes en pleine action syndicale durant ce mois qui rappelle notamment la naissance du syndicalisme algérien avec la création de l'UGTA par feu Aïssat Idir. Simple coïncidence ?
Le 24 février est une date historique parmi d'autres qui ont laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective de notre chère patrie.
C'est une étape qualitative dans l'évolution du mouvement de libération nationale qui a pu développer à travers la mobilisation de la masse des travailleurs algériens, en territoires occupés mais également en France, des espaces d'expression, de sensibilisation et de soutien multiforme à la lutte armée déjà engagée à l'époque.
C'était une manière aussi différenciée et émancipée des organisations syndicales de droit français, la CGT principalement, qui offraient le seul cadre de défense des droits des travailleurs algériens de revendiquer. C'est une date symbole pour tout le peuple et particulièrement pour nous, travailleurs et militants syndicalistes.

En un mot, qu'est-ce pour vous le syndicalisme dans l'Algérie d'aujourd'hui ?
Il ne peut pas être différemment défini ! Le syndicalisme, qu'on soit en Asie, en Afrique ou en Europe, constitue dans ses fondements conceptuels philosophiques la lutte pour la sauvegarde et la promotion des droits moraux et matériels d'un collectif de travailleurs (ou d'employeurs actuellement).
L'essence même de l'activité syndicale est la revendication dans sa dimension la plus large ; elle doit s'effectuer dans un cadre réglementaire national et international respectueux des principes de la concertation, de la participation et du dialogue permanent entre partenaires (syndicat/employeur) afin de soustraire de l'ambiance du travail les éléments du conflit pour l'optimisation de la prestation et/ou de la production.
Dans notre pays, malheureusement, l'activité syndicale est principalement mise en relief dans son expression négative que constitue la protestation des travailleurs à travers la grève mais aussi d'autres formes telles que les sit-in et les marches organisées, accessoirement à l'arrêt collectif concerté du travail. Cette situation est récurrente dans notre pays, et ce, depuis plusieurs années pour rappeler l'essentiel, à savoir l'absence d'une politique du dialogue social clairement établie et adoptée par les pouvoirs publics.
Vous menez des actions syndicales depuis plusieurs années. Peut-on connaître le parcours du syndicat que vous dirigez ?
Le Syndicat national des praticiens de la santé publique s'est constitué en tant qu'organisation syndicale autonome dès l'avènement de la loi 90-14 du 2 juin 1990. L'avantage étant qu'à l'époque déjà, le corps médical était rassemblé sous l'égide associative et donc la reconversion s'est faite rapidement lors des premières assises constitutives du SNPSP tenues à Sidi Bel Abbès la même année. Agréée officiellement le 15 mai 1991,
cette organisation syndicale s'est trouvée contrainte de réduire à néant l'essentiel de ses activités vue la situation chaotique dans laquelle s'est engagé le pays dès la fin de l'année 1992. L'activité proprement dite a repris difficilement à partir de l'année 2001 pour prendre en charge une situation socioprofessionnelle des plus déplorables pour des praticiens meurtris par tant de violences (physiques et psychologiques) vécues et de difficultés surmontées. Le pouvoir d'achat anéanti par des taux d'inflation record et une monnaie dévaluée de manière constante des années durant ont vite fait de balancer le SNPSP dans la protestation pour l'amélioration de la condition socioprofessionnelle de ses adhérents.
De réajustement en réajustement, l'amélioration du pouvoir d'achat de cette catégorie de professionnels de la santé restait menacée par les caprices de l'inflation et tributaire des mouvements de protestation qui se succédaient et se ressemblaient. En l'absence d'une politique des salaires valorisante et à défaut de mécanismes d'accompagnement et de protection du pouvoir d'achat des praticiens, les mêmes causes reproduiront toujours les mêmes effets. C'est ce que nous vivons actuellement, malheureusement.

Le SNPSP se bat aux côtés d'autres syndicats pour sauver le secteur de la santé et rendre la dignité aux praticiens. Comment comptez-vous faire pour y parvenir ? Est-il facile d'être syndicaliste en Algérie ?
Reconquérir sa dignité, c'est d'abord en parler, et c'est ce que font les praticiens de santé publique à travers la protestation qui se poursuit, qui se maintient depuis 3 mois à travers le territoire national malgré toutes les formes d'entraves rencontrées au niveau des établissements de santé.
Au-delà de la revendication purement socioprofessionnelle portée par la grève ouverte, les rassemblements et marches pacifiques des praticiens, il y a l'intérêt de la sauvegarde du secteur de la santé publique et sa promotion pour le bien-être et les bienfaits de la communauté nationale. Nous considérons que l'action a réussi de ce point de vue là ; la politique de santé est aujourd'hui au cœur du débat public.

Certains syndicats de l'éducation ont lancé l'idée d'une confédération générale des travailleurs, une CGT à l'algérienne, pour supplanter l'UGTA, seul partenaire des pouvoirs publics. L'idée vous emballe-t-elle ou, au contraire, estimez-vous que, pour consacrer le syndicalisme pluriel, chaque secteur doit lutter de son côté, vos revendications n'étant pas toutes les mêmes ?
La pluralité syndicale n'est nullement en opposition avec l'unification des rangs. Des alliances conjoncturelles et/ou de stratégie ont toujours caractérisé la relation entre syndicats autonomes de divers secteurs et notamment ceux de la Fonction publique. Le 5e congrès du SNPSP, tenu à Tipaza du 12 au 14 mai 2009, a retenu parmi ses principales résolutions d'œuvrer à l'aboutissement d'un cadre fédérateur des syndicats de la Fonction publique, et je pense qu'on est sur la bonne voie.
Des contacts étroits et permanents sont établis entre syndicats de la santé et ceux de l'éducation nationale, notamment, et ce n'est point pour contrecarrer ! Nous sommes les seuls à défendre les droits et intérêts des travailleurs de la Fonction publique, alors pourquoi parler des autres ?


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