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«Je ne détiens pas le monopole sur le marché du sucre»
Issad Rebrab patron de Cevital au Temps d'Algérie :
Publié dans Le Temps d'Algérie le 15 - 03 - 2010

Dans cet entretien qu'il a bien voulu nous accorder, le PDG du groupe Cevital, Issad Rebrab, tient à rassurer les consommateurs algériens quant à la disponibilité du sucre. Selon lui, «l'Algérie est à l'abri puisqu'elle dispose d'un stock important qui permettra de répondre à la demande du marché local».
Le patron de Cevital affirme que les prix pratiqués sur le marché national sont encore inférieurs à ceux des cours mondiaux. Les capacités de production des quatre raffineries de Cevital totalisent plus de 2,1 millions de tonnes par an.
Le groupe peut répondre donc à 200% des besoins du marché local. L'excédent de 1 million de tonnes est exporté vers une dizaine de pays de par le monde.
Les prix du sucre ont connu depuis quelques semaines une augmentation assez importante, dépassant les 100 dinars le kilogramme dans certains commerces.
Comment expliquez-vous, en tant qu'opérateur du domaine, cette hausse brusque ? Quelles sont les principales raisons de cette hausse ? Quelle sera aussi son évolution à court terme ?
Le sucre est un produit boursier qui a connu, en début d'année, une hausse vertigineuse sur le marché mondial. C'est une augmentation que nous n'avons pas connue depuis 30 ans. Elle est due essentiellement à un déficit de production au niveau mondial.
L'Inde, qui d'habitude produisait entre 23 et 25 millions de tonnes par an, n'a produit, à cause d'une sécheresse, que 15 millions de tonnes au cours de l'année dernière, alors que sa consommation est de 23 millions de tonnes.
Ce pays, qui d'habitude est exportateur de 3 millions de tonnes par an, a dû importer, cette année, 6 millions de tonnes.
D'autre part, les grandes pluies qui se sont abattues sur le Brésil ont empêché les paysans de couper la canne à sucre. Certains pays ont connu une pénurie de sucre ces derniers mois.
Ce n'est pas le cas pour l'Algérie car nous avons pris nos précautions pour nous approvisionner à temps en matière première.
Il n'y aura pas de pénurie en Algérie et les prix que nous avons pratiqués sur le marché national sont inférieurs à ceux des cours mondiaux à certains moments du pic du marché mondial.
Nous avons fait profiter le marché national de nos meilleurs prix d'achat. Nous pensons que les choses reviendront à la normale dès le début de l'année prochaine.
Des producteurs transformateurs ont procédé à l'augmentation des prix de leurs produits, notamment les fabricants de boissons, en raison de l'augmentation du prix du sucre, considéré comme un intrant. Estimez-vous que ces réajustements sont justifiés et en rapport avec l'envolée de cet aliment ?
Certains transformateurs, grands utilisateurs de sucre, ont certainement dû procéder à l'augmentation du prix de leurs produits.
Et il est tout à fait logique et légitime qu'un producteur répercute sur ses ventes le prix de ses intrants.
Par contre, certains fabricants de boissons qui ont signé des contrats en décembre avec Cevital ont bénéficié des anciens prix jusqu'au 31 mars 2010 pour la simple raison que Cevital a acheté pour leur compte une quantité de matière première avec l'ancien prix.
L'Etat envisage de subventionner le prix du sucre pour protéger le pouvoir d'achat du consommateur algérien. Quel est votre point de vue sur cette démarche ? Préconisez-vous une autre politique en la matière ?
Avant d'envisager de supporter une partie de ces produits, l'Etat devrait plutôt penser à réduire ou carrément supprimer la TVA de 17% que subissent certains produits de première nécessité (fruits et légumes, huiles végétales et sucre),
à l'instar d'autres pays voisins tels que la Tunisie, l'Egypte, la Syrie, à 0%, la France à 5,5% et le Maroc à 7%. Pour ma part, c'est le meilleur moyen de protéger le pouvoir d'achat du consommateur algérien.
Si l'Etat se décide à faire baisser ou à supprimer la TVA, quelles seront vos engagements ?
En tant que producteur, Cevital s'engage à répercuter automatiquement cette baisse de 17% sur ses prix de vente. Ce qui profitera en premier lieu au consommateur.
Comment peut-on éviter, selon vous, le recours à l'importation de cette matière ? L'Algérie pourra-t-elle un jour produire le sucre, à partir notamment de la betterave sucrière et de la canne à sucre ?
L'Algérie ayant un grand déficit hydrique aura difficilement la possibilité de produire de la canne à sucre ou de la betterave sucrière qui sont des cultures grandes consommatrices d'eau.
Il est plus rentable pour notre pays d'importer du sucre brut, de le raffiner pour créer de la valeur ajoutée, plutôt que de produire de la canne ou de la betterave.
D'ailleurs, notre pays en a fait l'expérience dans les années 70 à travers les sucreries de l'Enasucre de Guelma et de Khemis Miliana et les pouvoirs publics ont décidé d'arrêter la culture de la betterave.
Quant à la canne à sucre, elle n'est rentable que dans des pays tropicaux. Nous n'avons pas ce climat en Algérie.
La valeur des quantités d'eau nécessaires pour la production d'un kilogramme de sucre est bien supérieure au coût d'un kilogramme de sucre roux importé.
Il est donc préférable de préserver nos ressources en eau, produire des cultures maraîchères ou autres produits agricoles qui consomment moins d'eau et dont la valeur sur le marché mondial est supérieure à celle du sucre.
Par contre, il serait intéressant pour notre pays d'encourager la culture des graines oléagineuses à la place de la jachère une année sur deux après la culture des céréales.
De plus, il faut savoir que les graines oléagineuses sont des légumineuses qui enrichissent les terres en azote.
Elles permettent ainsi aux agriculteurs d'économiser des engrais et d'avoir une récolte annuelle au lieu d'une tous les deux ans, d'autant plus que les graines oléagineuses sont plus chères sur le marché mondial que les céréales.
Ce qui permettra non seulement une autosuffisance à notre pays en oléagineux et en tourteaux mais lui permettra de devenir un net exportateur de ces produits et créer plus de 100 000 emplois dans le secteur agricole.
Les responsables du commerce vous reprochent votre situation de monopole de fait sur le marché du sucre en Algérie. Quelle est votre réponse à ce sujet ? Y a-t-il une concurrence loyale dans ce domaine ?
La désinformation a fait que beaucoup pensent que Cevital est le seul producteur de sucre en Algérie.
Ce n'est pas vrai car nous sommes trois privés à détenir des raffineries en Algérie. Deux autres privés nationaux ont acquis trois raffineries de l'ex-Enasucre d'une capacité de production de
300 000 à 350 000 tonnes par an.
La raffinerie de Cevital - que nous avons construite et agrandie - a une capacité de production de 1 800 000 tonnes par an.
La capacité de production des quatre raffineries totalisent plus de 2,1 millions de tonnes par an, soit 200% des besoins du marché national.
Sans compter le contingent de sucre de 150 000 tonnes qui est rentré jusqu'à présent à 0% de droits de douanes alors que nous, producteurs nationaux, payons 5% sur nos matières premières.
Aujourd'hui, personne ne détient le monopole de quelque produit que ce soit, d'ailleurs nous avons un excédent de 1 million de tonnes de sucre que nous destinons à l'exportation.
Il y a sur le marché national une très forte concurrence pour tous les produits, notamment le sucre, car en plus des différents producteurs dont les capacités de productions dépassent la demande, il y a aussi des importateurs.
Une fois encore, si l'Etat venait à appliquer la suppression de la TVA, nos prix seraient plus bas que ceux de nos différents voisins, notamment le Maroc.
Pour les huiles végétales, beaucoup pensent également que nous sommes les seuls producteurs. Or, les capacités installées et couvertes par six producteurs sont de 300% de la demande du marché national.
Il y a une concurrence très forte entre les différents producteurs. Si Cevital, aujourd'hui, a une meilleure part de marché que ses concurrents, c'est uniquement dû à la qualité supérieure de ses produits et aux meilleurs prix qu'elle pratique. Et c'est pour ces raisons que le consommateur choisit le produit Cevital.
Vous avancez que 1 million de tonnes de sucre sont exportées par Cevital ; qui sont vos clients ?
Cevital exporte vers plusieurs pays à travers le monde. L'Inde, le Sri lanka, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, la Libye, la Grèce, et même vers plusieurs pays européens. Cevital compte également exporter vers la Tunisie et l'Italie.
Entretien réalisé par


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