La Confédération des syndicats algériens (CSA) est née officiellement. Quels sont les objectifs qui lui sont assignés à court, moyen et long termes ? L'objectif à court terme est la défense du droit syndical, mais aussi et surtout le droit de grève qui est pratiquement remis en cause à chaque fois à travers la démarche répressive des pouvoirs publics dans tous les secteurs de la Fonction publique que nous constatons depuis quelques années et qui continue de manière constante et récurrente. Nous œuvrons à reconquérir ce droit consacré par la Constitution, les lois de la République et les conventions ratifiées par notre pays. C'est dans cette urgence que nous nous sommes réunis mais aussi par rapport à l'abus du retrait sur salaire pour les journées de grève ainsi que toutes les formes de répression sur les délégués syndicaux et les adhérents afin de les amener à délaisser l'activité syndicale. A moyen terme, il s'agira de dégager une plateforme de revendications commune qui va nous amener à discuter du niveau de vie, de la paupérisation des travailleurs, notamment. On va remettre sur la table également le débat sur le point indiciaire, le statut particulier des praticiens, le régime indemnitaire et tout ce qui s'est passé dans le cadre de la revalorisation des salaires des fonctionnaires. Nous serons donc amenés à discuter des mécanismes à mettre en œuvre afin de protéger le pouvoir d'achat. Nous avons aussi abordé au cours de la réunion le départ à la retraite anticipée des fonctionnaires, qui est un droit depuis l'indépendance, remis en cause actuellement. Nous considérons que c'est une situation à prendre en charge aux côtés de la prime à la retraite des fonctionnaires que nous sommes, qui sera sujette à discussion avec les pouvoirs publics. Dans le long terme, et une fois le dossier d'agrément et de reconnaissance de cette confédération déposé, il faudrait travailler avec d'autres organisations syndicales dans la Fonction publique et aussi dans d'autres secteurs y compris privé pour qu'elles puissent rallier la fédération créée à cet effet. C'est un premier pas qui est fait. Nous espérons pouvoir à travers une feuille de route, une plateforme de revendications à travers laquelle se reconnaît le maximum de travailleurs, arriver à dégager un plan d'action dans le cadre de la négociation avec les pouvoirs publics mais aussi, à défaut, dans le cadre de la protestation. C'est dans tout cela que nous nous sommes projetés bien que la concertation se soit effectuée bien avant. Justement, au-delà du cadre rassembleur de cette structure, il y a déclaration officielle de constitution et donc un dossier d'agrément à déposer... Bien sûr, on s'est déclaré constitués. Il y a un dossier à fournir et un projet de statut à finaliser. Nous nous attelons d'ores et déjà à préparer ce travail. Nous avons déclaré la constitution officielle de cette CSA mais nous allons nous revoir, car sur le plan administratif, il y a toujours des choses à faire, à préparer. Nous allons mettre le paquet pour finaliser rapidement le dossier mais une chose est sûre, nous nous sommes attelés à préparer une charte ensemble et fonctionner en intersyndicale en attendant que dans le cadre de la confédération les choses soient officielles. Actuellement, la CSA c'est seulement 4 syndicats. Pourquoi ce choix ? La confédération reste comme je l'ai souligné un cadre ouvert. Il y a quand même des enseignements à tirer des expériences toutes récentes, comme celles de la coordination des syndicats autonomes ou de l'intersyndicale de la Fonction publique. Quant au choix (les 4 syndiats ndlr), il a été fait par rapport à la représentativité, à l'activité et à l'action syndicale et l'omniprésence sur le terrain. Nos collègues de l'éducation ont fait des activités remarquables et dans la coordination entre les deux syndicats (Unpef et Cnapest) et dans l'action, quant à l'intersyndicale de la santé, elle jouit quand même d'une certaine représentativité et l'a prouvé par ses actions. Nous allons dépasser nos différences, statutairement parlant, mais aussi par rapport à certaines considérations qui faisaient que nous ne sommes pas parvenus à fonctionner ensemble. Nous avons prouvé qu'il y a des choses qu'on peut faire ensemble. Avez-vous prévu une action dans l'immédiat pour prouver justement cette représentativité. Peut-on dire par ailleurs que les actions de l'intersyndicale de la santé publique ou celle de l'éducation ne peuvent avoir lieu que dans le cadre de la confédération ? Pas du tout, on est certes dans un espace de confédération des syndicats, mais à travers les statuts qu'on va dégager et le règlement intérieur aussi, on va garder une spécificité et une liberté d'action pour chaque syndicat. Nous avons longuement discuté de ça. Ça peut se faire, ça se fait d'ailleurs à l'étranger et même dans notre pays où au sein de l'UGTA, il y a des fédérations qui jouissent d'une certaine latitude et d'une liberté d'action, bien qu'il y ait des choses à redire. Ce n'est pas ça l'important pour nous. Nous sommes en train d'étudier le fonctionnement de la CSA et des mécanismes à inclure dans les statuts et le règlement intérieur pour permettre aux organisations syndicales de garder une certaine autonomie. L'important et de défendre l'intérêt commun et les revendications qui intéressent tout le monde. La CSA est un cadre à proposer aux pouvoirs publics pour discuter des dossiers qui concernent les fonctionnaires. Quant aux actions communes, nous n'en avons pas prévu, mais je dois dire que nous nous sommes longuement concertés, bien avant sur cette question. La réunion de lundi c'était pour officialiser la création de la CSA, réunion qui nous a permis de revenir sur un certain nombre de sujets, comme nous avons discuté de son fonctionnement, des choses à mettre sur place, noir sur blanc, à travers nos conseils nationaux respectifs. Il y a un travail qui va se faire d'une manière sereine et responsable, afin de ne pas revivre les mêmes situations vécues auparavant à travers des expériences qui n'ont pas abouti pour des considérations qui pourraient aujourd'hui remettre en cause cette nouvelle structure. Un travail de mobilisation et de sensibilisation nous attend pour recueillir des propositions par rapport aux revendications et bien évidemment aux actions à entreprendre éventuellement. Car l'essence même d'une organisation de ce type n'aura plus aucun sens le cas échéant, c'est-à-dire sans le recours à la protestation. L'espace, je le répète, restera ouvert à tous les syndicats algériens, à condition qu'ils se reconnaissent dans les objectifs de la charte qu'on proposera, des actions et des activités que nous allons mener sur le terrain.