Face à la menace de reconduction de la grève, le secrétaire général du ministère du Commerce par intérim a convié officiellement les syndicalistes à une énième réunion aujourd'hui au sein du ministère afin de négocier une sortie de crise. Une tournure qui n'a pas empêché les syndicalistes de lancer le mot d'ordre de grève convenu auparavant. Il faut savoir que précédemment au préavis de grève décidé lors du conseil national les 7 et 8 mars 2011, les syndicalistes ont été reçus plusieurs fois par le ministre et par le secrétaire général par intérim. «Des réunions qui ne nous ont rien apporté», affirme le premier responsable du syndicat national, M. Keddad, qui affirme que «si au terme de la réunion d'aujourd'hui nos revendications socioprofessionnelles ne sont pas satisfaites et si elles ne sont pas appliquées suivant le procès-verbal qui sanctionnera la réunion, nous maintiendrons le mouvement de grève». En bref, explique M. Keddad, «nous exigeons essentiellement la révision de notre statut ou le retour à l'ancien statut et la révision des régimes indemnitaires». Par ailleurs, un des membres du syndicat a indiqué que «dès les premières heures de la matinée, nous donnerons des instructions allant vers le maintien de la grève». M. Laâroubi devait déplorer «les conditions lamentables dans lesquelles exercent les contrôleurs rémunérés à hauteur de 26 000 DA alors qu'ils contrôlent des marchandises inestimables parfois». Toutefois, pour se conformer aux lois de la République, ce dernier devait souligner «qu'il est judicieux d'assurer le service minimum concernant le contrôle des produits dangereux et périssables». Il a rappelé que «bien que reconnaissant les revendications des contrôleurs depuis 2004 (sanctionnées par des procès-verbaux officiels), la tutelle s'est, dans un premier temps, confinée dans un silence puis, dans un deuxième temps, a chargé le SG qui est réellement un inspecteur général, à ouvrir le dialogue», révèle M. Laâroubi qui nous confirme «la reconduction de la grève du 3 au 6 avril». Les contrôleurs algériens du commerce paralyseront les autres secteurs Le débrayage des contrôleurs produira un effet paralysant sur le commerce extérieur. Les services des douanes, les entreprises de gestion portuaires et aéroportuaires, les armateurs, de même que tous les autres secteurs composant la chaîne économique, seront pénalisés par le débrayage des contrôleurs, détenteurs du pouvoir de délivrance du certificat de conformité qui permettra l'enlèvement et l'introduction des marchandises sur le territoire national. Comme cela fut le cas lors des trois jours de débrayage, seuls les grues les Clark et les élévateurs fonctionneront au niveau des ports algériens et au niveau des aéroports algériens durant les quatre jours d'arrêt observés par les contrôleurs relevant du ministère du Commerce. Bien que le préjudice causé durant les trois jours est incommensurable, le ministre n'a pas daigné répondre aux revendications socioprofessionnelles qui lui ont été transmises par la direction régionale du commerce d'Alger. Une inertie qui a exacerbé la tension au sein des contrôleurs résolus à reconduire leur mouvement qui ne manquera pas de causer des préjudices de diverses natures. En ne délivrant pas de certificats de conformité aux centaines de conteneurs débarqués, les contrôleurs produiront un effet de chaîne. Ils condamneront les services des douanes à geler leurs activités, lesquelles commencent dès la délivrance du certificat. Il est à signaler que ces derniers ne pourront traiter les quelque 300 déclarations en douane recensées par jour dont chacune peut concerner 20 à 50 conteneurs. Par voie de conséquence, cette situation conduira inéluctablement à une saturation des ports, contraints de stocker des dizaines, voire des milliers de conteneurs dont les frais seront supportés par les importateurs. La grève ne manquera pas aussi de produire des effets d'entraînement. A l'instar de tous les secteurs faisant partie du circuit devant être emprunté par les conteneurs avant leur enlèvement ou leur transfert, les armateurs seront lourdement pénalisés car faute d'évacuation ou de stockage des conteneurs, les navires devront être placés en rade avec à leur bord les cargaisons importées. Sur ce volet, il convient de préciser que ces derniers seront soumis au versement des surestaries qui s'élèvent à 5000 dollars par jour pour chaque navire. Tenant compte de l'insuffisance de quais, de la grève et de l'absence d'espace découlant de la saturation, il est attendu que le nombre déjà énorme de 10 à 20 bateaux en rade par jour puisse atteindre 40, 60 ou 80 bateaux. Partant de ce constat, une simple multiplication du nombre de bateaux par le coût des surestaries conduit à cerner le taux de préjudice découlant du mouvement de débrayage des contrôleurs. Ainsi, des centaines de milliards de dinars seront déboursés par les caisses du Trésor public qui puisera l'argent chez le contribuable. Cette grève aura par contre un effet positif. Celui de mettre momentanément le holà aux passe-droits et à la tchipa qui sont légion au sein des ports considérés comme des viviers intarissables.