Les œuvres de Mouloud Feraoun (1913-1962) seront bientôt rééditées avec une version en langue arabe de l'ensemble de son corpus, a annoncé mercredi à Oran le président de la Fondation nationale dédiée au célèbre écrivain algérien. "La plupart des romans de Feraoun sont déjà traduits et d'autres sont en cours pour être édités progressivement et en même temps que les versions originales", a précisé M. Ali Feraoun lors d'une rencontre célébrant le centenaire de l'homme, initiée par le quotidien "El-Djoumhouria". "Jours de Kabylie" figure parmi les premiers titres à paraître dans les deux langues, dont une présentation est également prévue à la prochaine édition du Salon international du livre d'Alger (SILA), a-t-il fait savoir. Les œuvres déjà traduites par des maisons d'édition algériennes (Casbah et SNED) seront quant à elles rééditées, a-t-il indiqué en citant "La terre et le sang" (1953) et "Les chemins qui montent" (1957) ainsi que "Le journal de Mouloud Feraoun (1955-1962)" qui fut traduit en 1963 en Egypte. Une autre action visant à mieux faire connaître le parcours et l'œuvre de l'auteur du "Fils du pauvre" est aussi lancée à travers l'adaptation au théâtre de ses textes, a indiqué M. Ali Feraoun, fils de l'écrivain. La prise de cette initiative a été confortée par une première expérience réussie avec l'adaptation de "La terre et le sang", par Hamma Meliani, qui continue d'être présentée avec succès dans différents théâtres du pays, a expliqué le président de la fondation en annonçant la prochaine adaptation, par le même dramaturge, de "La cité des roses", le dernier roman de Feraoun. "La cité des roses" fut, pour rappel, écrit en 1958 mais interdit de parution à l'époque par l'administration coloniale française en raison de ses connotations nationalistes, l'auteur s'appuyant sur une histoire d'amour pour exprimer la nécessité du recouvrement de l'indépendance algérienne. Il est aussi envisagé la mise sur pied d'une école théâtrale en vue de porter sur les planches toutes les œuvres de Mouloud Feraoun ainsi que celles d'autres auteurs algériens, a affirmé Ali Feraoun, soulignant que sa fondation a pour vocation générale la culture et l'éducation autour du patrimoine national dans son ensemble. Il a encore fait savoir que d'autres actions sont programmées, comme la création du site web de la fondation et l'édition d'une revue périodique intitulée "Fouroulou", en référence au personnage principal du récit du "Fils du pauvre". Mouloud Feraoun consacra sa vie à la littérature et à l'enseignement avant d'être assassiné le 15 mars 1962 par un groupe de l'Organisation de l'armée secrète (OAS), qui exprima son opposition à l'indépendance de l'Algérie par une vague d'attentats meurtriers, alors qu'il se trouvait dans un établissement éducatif aux côtés de cinq autres intellectuels, tous tués en même temps que lui.