Suite la dernière chronique, le site TV DZ a relancé le débat sur les droits TV. Un sujet auquel j´accorde une importance particulière dans mes articles et qui n´est malheureusement encore pas réglé. Comme le dit si bien le site TV DZ: «Les chaînes de télévision achètent les droits de diffusion dans un cadre contractuel bien défini. Il est donc important de faire la situation des droits des uns et des autres.» Si les Télévisions françaises connaissent leurs droits en Algérie, les responsables en charge du secteur cinéma et audiovisuel en Algérie ignorent les droits des films algériens en France. Pour preuve, les Télévisions françaises (grâce au principe de la coproduction) ont diffusé certains films algériens coproduits par l´Algérie, sans contrepartie. Il est stipulé dans chaque contrat que lors de chaque vente de film algérien à une Télévision française, le coproducteur algérien (l´Entv dans la plupart des cas) reçoit une partie (tout dépend du pourcentage établi) de cette vente à chaque diffusion. C´est le cas notamment des films Automne octobre à Alger réalisé par Malik Lakhdar Hamina, Bab el Oued City de Merzak Allouache, tous les films de Mahmoud Zemmouri, produits par le Caiic, l´Enpa et la Télévision. Pis encore, plusieurs films algériens produits à 100% du temps du parti unique, ont été diffusés par des Télévisions françaises sans que l´Etat algérien ne perçoive un centime. Décembre¸ Chronique des années de braise, Vent de sable, Omar Gatlato produits par l´Oncic et surtout Nahla produit par l´ex-RTA, ont été diffusés sur Arte et Canal Plus et ses filiales TPS. Ces films, propriétés de l´Etat ont été diffusés sans l´autorisation, mais avec l´accord du réalisateur. Cette situation a été encouragée par la dissolution des entreprises cinématographiques. Devant ce flou juridique, les Télévisions françaises ne reconnaissent que les réalisateurs comme propriétaires de l´oeuvre. Et pourtant, le ministère de la Culture et plus particulièrement le Cnca, dirigé par Karim Aït Oumeziane, reste aujourd´hui le seul propriétaire des droits des films algériens en Algérie et à l´étranger. Mais occupé par d´autres événements, le ministère a dû charger un distributeur algérien, installé en France pour revendiquer les droits financiers des films tels que le Bal d´Ettore Scola et de Z de Costa Gavras, produits majoritairement par l´Algérie et qui sont diffusés partout sans que l´Algérie ne perçoive un centime. Le plus grand perdant n´est autre que l´Entv, qui n´a reçu aucun centime des nombreuses coproductions signées avec des producteurs français et franco-algériens. Une perte sèche qui aurait pu servir à financer les nombreuses productions nationales. Cette faute incombe aux responsables de l´Entv, qui n´ont pas créé un service devant se charger exclusivement du suivi des projets des coproductions. Or, le ministère est dépassé par les autres arts et les événements qu´il organise. Ainsi, l´audiovisuel reste le dernier souci des autorités algériennes qui achètent les droits de films occidentaux et quelques films français à succès en devises fortes pour les diffuser sur le réseau hertzien de l´Entv et cela, même si certains responsables de chaînes françaises considèrent l´Algérie comme une zone sous-développée à éviter. Il faut rappeler que l´Entv avait diffusé à l´époque, en exclusivité pour ses téléspectatrices, les films français Le château de ma mère et La Gloire de mon père avant même TF1 et Canal Plus. [email protected]