Plusieurs conséquences ont été relevées concernant l'impact du séisme sur le secteur économique. Selon les résultats de la première évaluation du Bureau international du travail (BIT) concernant leur mission de récupération de l'emploi et de redressement socio-économique des régions affectées par le séisme, 12.000 à 13.000 emplois dans le secteur des grandes et moyennes entreprises publiques vont être temporairement suspendus alors que pour le secteur privé, le BIT prévoit une suspension de 2000 à 2500 postes d'emploi. Pour les postes définitivement perdus, ils sont évalués à 500. Toutefois, M.Alfrédo Lazarte-Hoyle, membre du secrétariat technique et du développement économique du BIT et spécialiste en réintégration a souligné, lors d'une conférence de presse animée, hier, au siège du ministère du Travail, que ces chiffres restent approximatifs et ce, en attendant les résultats de l'enquête menée par le ministère de la PME-PMI en collaboration avec le Centre national des études et analyses pour le développement (Cneapd) qui seront plus fiables. Concernant l'enquête sur le secteur des PME-PMI ainsi que celui de la microentreprise, à savoir les entreprises familiales et indépendantes, l'orateur explique que les résultats ne sont pas encore connus du fait de la complexité de l'opération. «Nous devons effectuer un recensement des logements pour pouvoir détecter les activités commerciales». Plusieurs conséquences ont été relevées concernant l'impact du séisme sur le secteur économique, notamment, dira M.Lazarte-Hoyle, la perte des salaires, la précarité des conditions de travail ainsi que la fragilisation de l'emploi. Ainsi la mission du BIT consiste en l'élaboration d'une stratégie visant à récupérer le niveau de l'emploi et à réduire la vulnérabilité économique à travers le processus de la reconstruction. Cette enquête préliminaire démontre, également, que la chaîne de la production concernant le secteur des grandes entreprises a été la plus affectée. Pour ce qui est des entraves rencontrées lors de l'établissement de cette enquête, le conférencier fait état de manque de statistiques et d'informations relatives au secteur économique, notamment le privé où l'activité informelle et le travail au noir sont les plus répandus. «Il nous a été difficile de recenser le nombre de travailleurs non déclarés surtout en ce qui concerne le secteur privé». A cet effet, il est prévisible, dira l'expert, que le privé «sacrifie» le personnel non déclaré et la main-d'oeuvre qualifiée afin de réduire les coûts de sa perte. Un autre problème se pose avec acuité, il s'agit de l'absence d'un mécanisme de protection sociale pour cette catégorie de personnes qui vont se retrouver au chômage technique. Il faut noter néanmoins que cette première évaluation sera suivie par une estimation de programmes et des investissements pour la reconstruction d'infrastructures, afin d'aboutir à une stratégie qui permettra de récupérer les postes d'emploi, de développer l'économie locale et enfin d'accéder à la sécurité sociale.