Belkacem Hadjadj veut donner un aperçu de la terrible conjoncture qu'a traversée l'Algérie. Le coup d'envoi du premier tour de manivelle du film Le vent de l'oubli réalisé par Belkacem Hadjadj a été donné ce mercredi au niveau de palais de la Culture Moufdi Zakaria . Le vent de l'oubli est le titre d'un film qui porte bien son nom. «Tout d'abord, c'est parce qu'il décrit toutes les préoccupations permanentes et les problèmes majeurs d'un peuple, et en même temps, c'est une sorte de mémoire dans laquelle notre histoire politique est frappée de l'oubli» nous dira M.Hadjadj L'histoire relate une relation d'amitié et d'amour entre Zohra, Mourad et Zoubir interprétée par Feriel Lamdjadani, Khaled Benaissa et Tarek Hadj Brahim, les vertes années de leur enfance bercée par la fête de la Manara qui singularise Cherchell, leur ville natale, les fols espoirs de leur jeunesse après le printemps démocratique douloureux qui a suivi Octobre 88, puis la tragédie des années de sang dans laquel sombra le pays... A travers ce film, Belkacem Hadjadj veut donner un aperçu de la terrible période qu'a traversée le pays de 88 (l'explosion démocratique) jusqu'à 1994 (la spirale de la violence et du terrorisme ) . Interrogé sur le choix de la période choisie dans son long métrage, il nous dira tout simplement: «Si j'ai choisi cette conjoncture, c'est qu'on n' en parle jamais et c'est anormal, alors que le citoyen algérien a bougrement besoin de sentir ce qu'il a vécu. Nous avons besoin de réaliser des films qui exorcisent toutes ces douleurs. Il ne s'agit pas de réaliser des films partisans, sauf que dans un pays comme le nôtre, où il y a très peu de choses qui se font, on sent qu'il y a une sorte d'attente, un tel besoin de dire et de s'exprimer». Evoquant le problème de la liberté d'expression dans le 7e art, le cinéaste, très mécontent, dira à cet effet que «les cinéastes ne doivent en aucun cas faire abstraction de tel ou tel thème. Aujourd'hui le problème majeur qu'affronte le cinéaste algérien est de ne pas se laisser engloutir dans les choses politiques.» Et d'ajouter «le cinéma n'est pas la courroie d'une transmission politique».Outre le problème de la liberté d'expression auquel font face les cinéastes du cru, le réalisateur soulève celui de «la pénurie» de comédiens, preuve, nous fait savoir M.Hadjadj que lors du début du casting pour la réalisation de son film «Le vent de l'oubli», lui et son équipe ont dû mettre près de trois mois pour la sélection des comédiens. «Nous nous sommes retrouvés obliges de faire passer l'information de bouche à oreille» rétorqua-t-il. Désolé devant cet état de fai, le réalisateur ajoute, «le seul moyen pour remédier à cet obstacle, c'est de créer en urgence un organe de régulation qui va aider à organiser la profession». Et de poursuivre «l'ironie du sort, c'est qu'il y a un accord-cadre avec le CNC français, mais il n'existe pas de vis-à-vis» Et d'enchaîner «ça prouve que la culture et le cinéma sont considérés comme la dernière roue de la charrette pour nos pouvoirs publics». D'ores et déjà, Belkacem Hadjadj a dix semaines, pour terminer le tournage du film Le vent de l'oubli et le présenter enfin à l'occasion de l'Année de l'Algérie en France. A noter que le film est une coproduction avec L'Entv.