[Les travaux se sont poursuivis dans un calme précaire]Les travaux se sont poursuivis dans un calme précaire Les partisans du SG ont recouru à l'argument de la force et de la violence pour imposer Belkhadem. On croyait que le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, allait chuter, il n'est pas arrivé à terre. Pour le sauver de la chute brutale, le destin a été forcé. Avant-hier soir à l'hôtel Riadh de Sidi Fredj où devait se tenir la session ordinaire du comité central (CC) du parti, des scènes de violence inouïes ont été enregistrées pour frayer un chemin à Belkhadem vers l'estrade, occupée par les contestataires. Alors que les membres du comité des sages composé de MM.Affane Kezzane, Abderrazak Bouhara, Mohamed Boukhalfa, Ahmed Sebaa et Abdelkader Hadjar, ayant échoué à raisonner Belkhadem pour passer à l'épreuve de l'urne, se sont retirés des travaux du CC, les partisans du SG sont passés à l'argument de la force, en engageant dans la partie des jeunes, pour imposer Belkhadem. C'est un membre du bureau politique, Abdelhamid Si Afif, qui a ouvert les hostilités. Il ne manquait que les dobermans. L'affrontement a fait quelques blessés C'est à ce prix que Belkhadem a rejoint l'estrade pour ouvrir les travaux du CC avec un discours de quelques minutes. Il affirme que 221 membres du comité central du parti ont signé une motion dans laquelle ils lui ont renouvelé leur confiance. Le porte-parole du parti, Kassa Aïssi, a indiqué, hier à la presse, qu'il y avait 66 membres du CC qui ont voté contre Belkhadem. Or, ces derniers contestent dans le fond et dans la forme la procédure de Belkhadem. «Si vraiment, il a 221 signatures, pourquoi ne veut-il donc pas passer par le vote à bulletin secret?», s'interroge Abderrachid Boukerzaza, accusant les partisans de Belkhadem d'avoir noyauté le CC en introduisant des personnes étrangères au parti. Hocine Khaldoun, ex-député, accuse Belkhadem de faire appel à des «baltaguia» pour agresser les contestataires. Les travaux se sont poursuivis, hier, dans un calme précaire le matin, puis un calme plat le soir. Les contestataires, qui ont été empêchés d'assister aux travaux, ont rejoint une moufafadha d'Alger pour tenir un «CC parallèle». Belkhadem peut donc discourir sans risque de se faire interrompre. A l'intérieur de la salle, il y avait certains membres du comité central, des députés et des jeunes militants. Une assistance acquise, en somme. Et à Belkhadem de régler ses comptes Il affirma d'abord que huit membres du CC n'avaient pas reçu d'invitation car ils se sont présentés lors des législatives du 10 mai, au sein de listes d'autres partis ou de listes indépendantes. Il ajoute que deux autres membres du CC (Mohamed Seghir Kara et El Hadi Khaldi Ndlr) ont été interdits d'accès après «le gel systématique de leur qualité de membre, conformément aux statuts du parti, suite à leur refus de comparaître devant le conseil de discipline». Répondant à ses opposants qui réclament son départ, M.Belkhadem a dit que «tout le monde a les preuves que ces membres du FLN se sont présentés dans d'autres partis et listes concurrentes qui incitent les citoyens à retirer leur confiance au parti du FLN». «Les espoirs de ces contestataires se sont envolés car notre peuple qui est très conscient a su en qui placer sa confiance», a-t-il dit. Malgré toutes les tempêtes et la crise actuelle, M.Belkhadem a trouvé de quoi rassurer les militants. «Les divergences de vues des différents courants internes n'ont jamais mené à la scission ou à la rupture comme c'est le cas dans d'autres partis (...) Ne craignez rien pour le Front car il se porte bien et nous ne craignons rien même si la situation de crise a atteint le stade du conflit et des attaques», a-t-il ajouté. Le SG du FLN est revenu ensuite aux élections législatives du 10 mai et le score réalisé par son parti. Dans ce contexte, l'orateur a appelé les partis n'ayant pas obtenu la majorité à faire preuve de sagesse et à placer l'intérêt du pays au-dessus de toute autre considération. «Ces partis ont agi dans la précipitation et n'ont pas pris le temps nécessaire pour se construire», a-t-il dit dénonçant ceux qui voulaient enterrer le FLN sans même la prière de la djanaza. M. Belkhadem a appelé, en outre, les nouveaux députés à assumer leur responsabilité et à honorer leurs engagements vis-à-vis des citoyens. Mais la crise est loin d'être close et Belkhadem est loin d'avoir assuré définitivement sa survie.