Les énergies consacrées à la célébration du Cinquantenaire de l'Indépendance doivent être désormais focalisées sur certaines décisions restées en suspens et celles qui touchent au quotidien des Algériens. La fête est finie! Il faut remettre les pieds sur terre. Le dernier feu d'artifice a été à peine tiré que les Algériens ont déjà la tête ailleurs. Au même titre que tous les musulmans de la planète, ils ont rendez-vous avec le mois sacré du Ramadhan qui débutera dans un peu plus d'une dizaine de jours. Trente longs jours de jeûne auxquels ils seront astreints et où il sera surtout question de grosses dépenses. De surconsommation. Ce vecteur incontournable de la spéculation qui ne justifie par ailleurs aucunement la flambée des prix des fruits et légumes et des viandes rouge et blanche à laquelle s'attendent les consommateurs et qui s'est instaurée en véritable chemin de croix. Un phénomène qui se dresse face à eux annuellement à cette occasion, mais aussi de manière chronique et à longueur d'année et que les services concernés du ministère du Commerce demeurent impuissants à contrecarrer. Comme des sauts périlleux d'obstacles, il faut bien les négocier sinon gare à la chute. Les garde-fous qui ont été mis en place ressemblent à un jeu de quilles. Ce n'est donc pas faute d'avoir pris des dispositions, mais ces dernières se sont avérées inefficaces. Le plan anti-spéculation peaufiné par le ministre du Commerce risque encore cette année de faire chou blanc. Mustapha Benbada peaufine son plan anti-spéculation pour le mois sacré. L'armada de 6000 contrôleurs qu'il compte lancer à travers le territoire national pour débusquer les suceurs de sang a de forte chance de n'épingler à son tableau de chasse que du menu fretin. «6000 agents répartis entre 3000 brigades seront mobilisés à l'échelle nationale durant le mois sacré de Ramadhan pour assurer le contrôle des marchés et les pratiques commerciales et veiller à l'hygiène des lieux et à la sécurité des produits», avait annoncé, le 28 juin, lors d'un point de presse en marge de la visite qu'il a effectuée dans la wilaya de Mostaganem (ouest du pays), le ministre du Commerce... Viendront les dépenses «subsidiaires», mais non moins onéreuses (achats de vêtements, confection de gâteaux) solidement ancrées qui marquent la fin du mois sacré du jeûne, mais qui ne sont annonciatrices que de quelques jours de répit qu'il faut rouvrir les cordons de la bourse pour assumer les frais de la rentrée scolaire. Comme on peut le constater, l'été sera encore très chaud au sens propre et au figuré. Se fera-t-il, par contre, avec de nouvelles têtes? La formation du nouveau gouvernement tient, en effet, en haleine opinion publique et spécialistes depuis le scrutin du 10 mai 2012 qui a vu l'élection d'une nouvelle Assemblée nationale et la victoire aussi inattendue qu'écrasante du Front de libération nationale. Les réformes engagées par le chef de l'Etat doivent impérativement être conduites par une équipe gouvernementale rénovée, volontariste et audacieuse. D'autant plus que l'Algérie risque d'être rattrapée par une crise économique mondiale qui pourrait remettre en cause ses projets et ses investissements à travers la sévère dégringolade des prix du pétrole. «Désormais, l'équilibre budgétaire requiert des niveaux de prix des hydrocarbures supérieurs à 112 dollars le baril pendant que les recettes budgétaires totales restent fortement dépendantes de celles, très volatiles, des hydrocarbures», indique un rapport sur l'évolution économique et monétaire en Algérie, présenté le 1er juillet 2012 par Djamel Benbelkacem, directeur conseiller à la Banque d'Algérie. Aujourd'hui plus que jamais, la mise en oeuvre d'une économie de richesses est devenue un impératif. Pratiquement une question de survie...