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Une liberté d'expression toxique
A PROPOS DES CARICATURES PUBLIEES PAR CHARLIE HEBDO
Publié dans L'Expression le 22 - 09 - 2012


Siège de la rédaction du journal Charlie Hebdo
Interrogeons-nous et essayons de trouver ce qu'il y a de si spécifique chez les musulmans et dans leur croyance qui puisse justifier une telle peur et une telle haine.
Muhammad Al-Ghazali avait dit: «Je ne crois pas que le monde contemporain ait méprisé des droits ni rabaissé des causes autant qu'il ne l'a fait avec nos droits et nos causes. Le plan à long terme consiste à ce que jamais nous ne nous relevions.» En effet, aujourd'hui, cette loi du plus fort s'est emparée des moeurs pour créer ce nouveau monde de haine, de rancune et de peur. Mais cette peur et cette haine ont évolué.
De nos jours, si les propos racistes et outranciers à l'égard des immigrés sont généralement condamnés, les mêmes propos lorsqu'ils sont formulés à l'égard de l'Islam et des musulmans sont tolérés pour ne pas dire acclamés par les médias. Nous voyons les musulmans méprisés dans le monde sans raison aucune. Actuellement, le problème est plus grave puisque ceux qui ont cette haine envers l'Islam semblent ignorer ses moindres préceptes.
Comment expliquer cette allergie à l'Islam et aux musulmans? Qu'ont-ils fait de si grave pour mériter cette haine et cet acharnement sans limite? Interrogeons-nous et essayons de trouver ce qu'il y a de si spécifique chez les musulmans et dans leur croyance qui puisse justifier une telle peur et une telle haine. Ont-ils essayé d'imposer leur façon de voir les choses? Ont-ils imposé leur religion à quiconque? Est-ce un conflit de civilisations comme l'a souligné Samuel Huntington, impliquant que la civilisation musulmane viendrait d'une autre planète, ou bien est-ce une crise didentité?
La civilisation musulmane a pourtant connu tant de gloire. Elle a été le berceau des grandes avancées scientifiques. Bien souvent ignorés par l'histoire occidentale, les savants musulmans ont illuminé le monde de leur lumière: dans la médecine, les mathématiques, la physique, l'optique, et bien d'autres domaines. Il convient donc de rendre justice aux musulmans et de cesser de les voir exclusivement comme des Ben Laden. Notre argument principal en tant que Musulmans consiste à exprimer, sur le ton le plus élevé qui soit, notre mépris pour tous ceux qui s'attaquent à notre Prophète (Qsssl) et notre religion.
L'empereur byzantin et le Persan
Le Suprême Blasphème serait une forme sacro-sainte de la liberté d'expression dans les pays qui se disent démocratiques. A la suite des attaques du World Trade Center du 11-Septembre, une haine sans fin s'est déversée contre les musulmans. Il s'agit d'une haine aveugle nourrie par des médias qui tentent d'attiser le feu de la discorde entre les différentes confessions, sciemment. Les caricatures du Prophète Mohammed (Qsssl) parues en septembre 2005 dans un journal danois et reproduites ailleurs, plus particulièrement en Europe, ont été suivies quelques mois plus tard par les propos du pape Benoît XVI, dans son discours du 12 septembre 2006 à l'Université de Ratisbonne en Allemagne. Citant une partie de la conversation que le docte empereur byzantin Manuel II Paléologue, a eu avec un Persan cultivé sur le christianisme et l'Islam, a condamné clairement la violence exercée au nom de la religion.
Sans nous arrêter sur les détails, l'empereur aurait dit à son interlocuteur: «Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait», ajoutant que «Dieu n'apprécie pas le sang, ne pas agir selon la raison, sun logô, est contraire à la nature de Dieu». Cette citation a déclenché de vives réactions politiques et religieuses dans le monde, majoritairement négatives dans les pays musulmans. Les pays occidentaux cependant, ont pris la défense du pape au nom du dialogue religieux et de la liberté d'expression.
La France alors est revenue à maintes reprises sur la déclaration controversée que le pape avait faite à Ratisbonne concernant la religion musulmane. Pourtant, c'est bien un journal français, qui après la controverse créée par la vidéo islamophobe intitulée «L'Innocence des musulmans», a publié dans son édition du 19 septembre des caricatures choquantes de notre Prophète (Qsssl).
Déstabiliser les relations internationales
Ce qui n'a pas empêché la présidente du Front national (FN) de défendre le journal satirique, Charlie Hebdo Arrogant, Charb, le directeur de l'hebdomadaire, rappelle à qui veut bien l'entendre qu'il «vit sous la loi française, pas sous la loi coranique». Invoquant la liberté de la presse, Marine le Pen, pour sa part, affirme que la «liberté d'expression dont découle la liberté de la presse» n'est «pas négociable». Elle semble donc demander aux musulmans de savoir encaisser les coups, suscitant ainsi des crispations dans le milieu religieux. La liberté d'expression du peuple algérien ainsi que sa liberté de circuler librement dans son propre pays, une liberté primordiale qui conditionne et passe avant toutes les autres n'ont-elles pas elles aussi donné lieu à des négociations avec la France? La liberté d'information va certainement de pair avec la liberté d'opinion et d'expression, cependant l'exercice de ces libertés est soumis à certaines conditions et restrictions telles que le stipule l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Si la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 ne spécifie pas davantage de conditions particulières ni restrictions à cette liberté d'expression, cependant, un bon nombre de juridictions, sous l'égide des Nations unies et des pays y adhérant restreignent cette liberté en interdisant la calomnie et la diffamation tout comme les propos incitant à la haine raciale ou religieuse. La liberté d'expression ne vaut que si les informations divulguées sont inoffensives, qu'elles ne heurtent pas les sensibilités religieuses ou autres, ne choquent pas les peuples, ainsi que le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels la mondialisation n'a pas lieu d'être. Arrêtons donc de nous voiler la face et de nous cacher derrière la façade de la liberté d'expression. En quoi ces caricatures calomnieuses peuvent-elles faire progresser la liberté de la presse? Ces «abus délibérés, motivés et systématiques de cette liberté» constituent un réel danger pour la sécurité et la stabilité mondiales, ainsi que l'a remarqué Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique (OCI). Dans une ère de mondialisation où les peuples essaient de se rapprocher, de vivre en paix, diffuser des images offensantes, dresser des caricatures scandaleuses et insulter un Prophète et ses disciples, ne sont que des provocations malsaines et des incitations à la violence.
Ces violences contre les musulmans, auxquelles nous assistons et qui se sont multipliées depuis les événements du 11-Septembre, sont avant tout des manoeuvres de déstabilisation des relations internationales.


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