Le président a réaffirmé la position de notre pays après la capture de Saddam Hussein. «Il ne faut pas accabler Saddam quand le chameau est tombé», telle est la réponse du président Abdelaziz Bouteflika à une question d'un journaliste sur le perron de l'Elysée, après un tête-à-tête avec son homologue français. En effet, depuis la capture de Saddam Hussein par les Américains, c'est la première fois que notre pays s'est exprimé officiellement. Le président de la République en visite officielle dans la capitale française, dans la cadre de la clôture de «L'Année de l'Algérie en France», a réaffirmé la position de notre pays quant à la capture du président irakien. Cette position constante contre toute dictature à travers le monde exprime tout le sentiment de rejet véhiculé par notre pays qui a souffert trop longtemps du joug colonial. Après un échange de vues avec le président français, le chef de l'Etat s'est rendu à la Sorbonne où il a prononcé un discours axé essentiellement sur le thème: «Culture et civilisation: Quel dialogue?». Auparavant, le président Bouteflika a qualifié «Djazaïr 2003» d'événement «exceptionnel et véritable communion entre les Algériens et les Français». L'Année de l'Algérie en France «parvient aujourd'hui à son terme après avoir connu un nombre considérable de manifestations culturelles qui ont mis au jour d'inépuisables réserves de sympathie devant la découverte de la richesse du patrimoine algérien, et qui ont, du même coup, témoigné des attentes légitimes de nos deux peuples pour un avenir de solidarité et de progrès», écrit M.Abdelaziz Bouteflika dans le livre d'or. Tout en félicitant les différents acteurs qui ont mené à bien cette action, le président souligne que «de nombreuses manifestations ont permis au public français de découvrir la richesse et la diversité d'un patrimoine plusieurs fois millénaire, témoin de la profondeur historique d'un pays et de son insertion harmonieuse dans la civilisation qui, de Carthage à Cordoue en passant par Rome, Byzance et la Sublime Porte, ont Ouvert de leurs splendeurs les pourtours de la Méditerranée». Le chef de l'Etat a, par ailleurs, exprimé sa conviction que «nous saurons, ensemble, tirer les dividendes et profiter des effets bénéfiques de cette grandiose manifestation pour renforcer nos relations dans tous les domaines, au mieux de nos intérêts mutuels». Pour le ministre français de la Culture, il se félicite du succès remporté par cette manifestation. Cette dernière «est allée au-delà d'un simple projet culturel gouvernemental. Elle a été le fruit de l'engagement de tous, créateurs, auteurs, artistes, collectivités locales...», écrit-il dans le livre d'or. Citant quelques-unes des manifestations, le ministre français souligne qu'il faut mesurer «l'ampleur et la qualité de l'engagement que ces actions supposent». Ainsi, «miracle ou reconnais-sance?» D'une manière générale, l'Année de l'Algérie en France a été une réussite. L'entrée de l'oeuvre de Kateb Yacine au répertoire de la Comédie Française, la présence de dramaturges nationaux sur de très nombreuses scènes de France, le concert exceptionnel et inaugural, le 31 décembre 2002 à Bercy, les multiples expositions picturales, celles historiques mettant en exergue le patrimoine archéologique national, les multiples colloques sur les grandes figures nationales, les hommages sont autant d'événements forts qui ont jalonné l'année durant toutes les places et salles de spectacles de France. Toute une année, où le miracle s'est accompli. Ainsi, notre culture a profité, d'une manière générale, d'un regard neuf et attentif de la part du peuple français. «Il était temps d'abolir dans nos esprits les barricades et les murs qui prolongeaient nos affrontements historiques, pour se tourner vers un avenir nécessairement commun. Le pari de la fraternité, c'est aussi cela», dira M.Hervé Bourges. Le rideau est tiré sur cette manifestation qui a permis d'avoir un autre regard sur la créativité, voire l'effervescence culturelle du pays. L'historien Mahfoud Kaddache a, quant à lui, mis en relief la richesse et la diversité du programme pour situer son importance et son impact dans le raffermissement des relations entre les deux pays.