O.Z. a été violée par sept individus. Ceux qui ont été neutralisés ont été condamnés... La victime de viol collectif était prostrée sur sa chaise. Elle était derrière Maître Amel Regueig-Chaker, l'avocate de Badjarah - Hussein-Dey, attendant l'entrée solennelle de Boualem Bekri entouré de Fatiha Djaziri et Fatiha Fellah alors que sur le siège du ministère public, Abdelmadjid Belhadj s'était de suite mis à parcourir une énième fois l'arrêt de renvoi où il est nettement apparu que la jeune O.Z. âgée de 24 ans avait été victime, d'abord d'un guet-apens mis en branle par le nommé Samir A. Celui-là même qui avait mené O.Z. vers le calvaire de toute une nuit où sept sinistres individus, âgés de 18 à 22 ans ont tour à tour, violé la pauvre fille à la carrure frêle, au moral absent, à la mine catastrophée. Hichem H, 30 ans, est le seul qui avait fui le forfait, mais avait fini par se rendre à l'évidence, sachant que la justice avait le bras long. Le viol! Un crime horrible, d'autant plus que dans ce dossier O.Z. n'a pas été violée par un seul individu, mais sept! Un véritable commando et toute la panoplie de méchancetés, de coups, de blessures, d'humiliations, sans se soucier de l'état de la pauvre victime dont la seule manière de se tenir le jour du procès, était à elle seule plus qu'éloquente. Brimée. Blessée comme une bête qui a beaucoup cavalé avant d'être touchée au flanc. Lors de son interrogatoire, elle a surtout évoqué le premier viol commis à son encontre à Batna par un pseudo responsable. Juste avant l'ouverture de l'audience et que nous ayons quitté la salle (huis-clos oblige) O.Z. nous a dit sa détermination à voir ce Hicham payer son forfait. Elle regrette aussi que les autres violeurs criminels que les policiers n'ont pas réussi à neutraliser car ils circulent tous avec des pseudonymes, soient en liberté avec peut-être le secret espoir pour eux de faire une autre (ou d'autres) victime(s). Maître Amel Reguieg-Chaker, elle, n'a pas pu nous livrer ses impressions - secret professionnel oblige, mais son regard seul parlait presque pour nous informer qu'elle allait prendre le taureau par les cornes et livrer une âpre bataille pour que justice soit rendue. Quant à Hichem, son avocat étant défaillant, il a vu un autre jeune se constituer car Bekri n'a pas voulu renvoyer, décidé à se débarrasser de ce dossier. De toutes les manières, dès qu'il était entré dans la salle d'audience et s'était installé dans le box des accusés, il donnait la nette impression qu'il était plutôt soulagé vu qu'en se constituant prisonnier (ayant vidé le mandat d'arrêt lancé contre lui lors du procès précédent), il savait que la cavale était bel et bien finie. Reste maintenant le nouveau procès où tout était à refaire. Dès l'instauration du huis clos, votre serviteur plia bagage avant de revenir suivre le verdict (trois ans d'emprisonnement ferme et une amende de 150.000 dinars pour association de malfaiteurs et viol). Et la seule lecture de la sentence, est, à elle seule, plutôt prolifique en infos que nous pouvons reprendre - oui, aux questions posées par les membres du tribunal criminel il y a deux sortes de réponses: les «oui» ou les «non» avec souvent à l'unanimité ou à la majorité des voix. Ce qui est au passage ridicule, car le vote est d'office en faveur des trois juges professionnels alors que les jurés ne sont que deux. Et dire qu'il y a...vingt ans, il y avait quatre jurés tirés au sort et trois magistrats et de quelle qualité. D'ailleurs, même Boualem Bekri qui était au début de sa riche carrière, avait eu l'insigne honneur d'être assesseur aux côtés de feu Seddik Gantri, Mohammed Mamache ou encore Khaled Achour (aujourd'hui avocat). Ce qui est relativement aisé de rapporter ici, c'est que la victime était assistée d'une avocate constituée par une association de «fer», celle qui milite en faveur des femmes maltraitées, battues, humiliées, violées et tout et tout. Un hommage est à lancer en direction de ces bénévoles qui deviennent, sur le coup, des partenaires de la justice toujours en manque d'inspiration lorsqu'il s'agit de familles où les contentieux sont légion. Avec ce énième procès autour de l'attentat à la pudeur, le viol et autres crimes inacceptables, gageons que les jeunes nouveaux magistrats puissent apporter leur touche personnelle celle du XXIe siècle. Un siècle où les espoirs, tous les espoirs sont permis.