De violents affrontements ont opposé l'armée américaine au centre de Bagdad Une Conférence nationale, censée lancer le processus politique démocratique en Irak, s'est ouverte dimanche dans la capitale irakienne sur fond de poursuite des affrontements entre les partisans de Moqtada Sadr et l'armée américaine. La Conférence nationale, prévue dans un premier temps le 31 juillet, avait été reportée à la demande du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui avait dit souhaiter y associer plus de partis irakiens. Regroupant plus de 1000 délégués venant de toutes les régions du pays, cette rencontre doit, de l'avis de ses initiateurs, poser les bases de la démocratie en Irak. «Nous posons les premières pierres dans l'édification de la démocratie dans notre pays et pour mettre un terme à l'héritage de 35 ans d'ancien régime», indiquent-ils. La conférence doit commencer par des sessions de travail durant lesquelles les délégués discuteront du processus de transition, des droits de l'Homme, de la reconstruction et de la justice qui doit être rendue pour ceux qui ont souffert de la dictature de l'ancien président irakien, Saddam Hussein. Le dernier jour, les délégués éliront 81 membres du Conseil national, qui en comptera 100 au total. Cet organe aura pour tâche de conseiller le gouvernement intérimaire et d'ouvrir la voie aux élections générales de janvier 2005. Les 19 autres sièges du Conseil national ont déjà été alloués à l'ex-Conseil de gouvernement provisoire, qui avait été mis en place, il y a un an et qui a pris fin en juin. Une atmosphère qui n'a pas été sans effet sur la conférence nationale, puisque près d'une centaine de délégués s'y était retirée. Après la fin de l'intervention du représentant du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan en Irak, l'un des délégués crie: «Aussi longtemps qu'il y aura des frappes et des bombardements, il n'y aura pas de Conférence». Ils protestaient contre la reprise des combats dans la ville sainte. Yahya Moussaoui, un représentant de la «Maison chiite» qui regroupe des personnalités politiques et religieuses chiites, est monté à la tribune avant d'en être écarté par le principal organisateur de la réunion, Fouad Maasoum. «L'essence de la démocratie est que vous écoutiez le peuple irakien. Il est temps que vous nous écoutiez. Nous demandons l'arrêt immédiat des opérations militaires à Najaf et l'ouverture d'un dialogue», s'est-il écrié. Cela au même moment, de violents affrontements opposaient l'armée américaine à des résistants dans la rue Haïfa, au centre de Bagdad. Ce secteur, qui se trouve à moins de 5 km du lieu où se tient la Conférence nationale, est un fief des partisans de l'ancien président Saddam Hussein, le quartier s'appelle d'ailleurs, Saddamiyat Al-Karkh. A Najaf, les combats ont par ailleurs, repris après l'échec des négociations avec le chef radical chiite, Moqtada Sadr. D'après les proches de Moqtada Sadr, le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui est à l'origine de l'échec des pourparlers. Ce dernier avait, en effet, ordonné à Mouaffak Al-Roubaï son représentant à ces discussions de se retirer et d'en finir. Ce qui a de nouveau mis le feu aux poudres, puisque les combats se sont étendus à d'autres villes irakiennes, notamment Samarra, où l'armée américaine a affirmé avoir tué une cinquantaine de membres de la résistance.