Les éléments de Daesh ont commencé à fuir le territoire syrien en passant par la Turquie Il y a une sérieuse crainte quant à un éventuel reflux des éléments terroristes dans plusieurs pays d'Europe, mais aussi d'Afrique du Nord où existe un terreau fertile pour une implantation de Daesh, la Libye. L'intervention de la Russie et des forces aériennes de l'Otan en Syrie aura forcément des répercussions positives dans le cadre de la lutte antiterroriste, mais aussi des conséquences négatives dans le cas où une stratégie de prévention contre la fuite des éléments composant les groupes terroristes, activant en Syrie ne soit pas développée pour y faire face. Il y a donc une sérieuse crainte quant à un éventuel reflux des éléments terroristes dans plusieurs pays d'Europe, mais aussi d'Afrique du Nord où existe une terreau fertile pour une implantation de Daesh, la Libye. C'est ce qui explique d'ailleurs une présence policière très remarquée ces derniers jours au niveau de l'aéroport international Houari-Boumediene. Une présence différemment interprétée par la presse nationale, allant jusqu'à avancer que des attentats y ont été déjoués (sic). En réalité, l'Algérie n'a fait que renforcer son dispositif sécuritaire. Ce renfort a d'ailleurs concerné aussi bien l'aéroport que les frontières Est et Sud-Est, sans omettre de déclencher l'alerte vers l'Ouest, vu le nombre de terroristes marocains ayant rejoint les organisations criminelles au Proche-Orient. Le général de corps d'armée, chef d'Etat-major et vice-ministre de la Défense nationale, Gaïd Salah, a été appelé à faire des déplacements au niveau des zones susceptibles de servir de passage aux groupes armés, mais aussi de voir et inspecter le disponibilité de ses troupes, lesquelles seront mises en alerte et invitées à faire preuve de vigilance. La situation sécuritaire est très tendue et l'on s'attend à un retour sans conditions de groupes terroristes en Libye et en Tunisie, dont le nombre se compte par milliers. Idem pour le Maroc qui compte au moins 1 500 terroristes actifs au sein de ce qu'on appelle Daesh ou Etat islamique. L'alerte déclenchée en Algérie n'est pas plus qu'une réaction à l'intervention militaire des forces de l'Otan et de la Russie (à la demande du gouvernement syrien pour Moscou), mais suite aussi à cette affaire de vol de détonateurs en France. L'affaire remonte certes, au mois de juillet dernier, mais demeure d'actualité, vu que l'enquête n'a pas encore abouti. On signale le vol de «150 détonateurs, des pains de plastic» ainsi qu'une «quarantaine de grenades», sur un site militaire de Miramas (Bouches-du-Rhône) le 7 juillet de source proche de l'enquête», annonce la presse française ajoutant que les malfaiteurs qui peuvent facilement être des complices de terroristes «ont pénétré dans l'enceinte du site, après avoir découpé le grillage». C'est l'Institut de recherches criminelles de la Gendarmerie nationale française (Ircgn) qui a été chargé de mener l'enquête. Ce vol aurait-il un lien avec l'alerte également donnée en France, notamment au niveau des aéroports? Certainement indiquent des observateurs, du moment qu'aucune piste n'est à écarter et qu'il pourrait, effectivement s'agir d'un acte terroriste. L'Algérie aura donc pris toutes ses précautions et les mesures qui s'imposent sur son territoire. Elle se prépare pour d'éventuelles menaces en provenance des pays voisins qui s'avèrent des lieux acquis pour les groupes terroristes. L'alerte, soulignent des sources, est maximale. L'Armée nationale populaire n'écarte aucun risque d'où la dotation des militaires sur le terrain par de nouveaux moyens. L'ANP consciente du poids du danger a revu les besoins des troupes sur le terrain, avec une révision en détail de sa stratégie et le matériel lourd et léger mobilisé en conséquence. C'est surtout la situation en Libye qui inquiète, du fait que ce pays est une base arrière de Daesh, dont les éléments ont déjà commencé à fuir le territoire syrien vers la Turquie. Beaucoup vont chercher à se mettre à l'abri des frappes russes et la Tunisie qui a exporté le plus grand nombre de terroristes vers la Syrie et plus récemment l'Irak, vit une grande panique, selon des experts et spécialistes de la question sécuritaire, interrogés par les médias. Nos sources soulignent que la coordination en matière d'échanges d'informations entre l'Algérie et la Tunisie a été intensifiée, jugeant d'imprudente la levée de l'état de siège en Tunisie. Celle-ci est appelée à renforcer son dispositif sécuritaire, notamment avec la Libye où l'on prévoit un afflux de terroristes. Les mêmes sources s'attendent à ce que ces derniers usent de voies terrestres, n'empêche que l'Algérie a sonné l'alarme au niveau de ses aéroports.