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"Le pouvoir a banalisé la répression"
SAMIR SEGHIR, ENSEIGNANT UNIVERSITAIRE, À L'EXPRESSION
Publié dans L'Expression le 04 - 04 - 2016

Samir Seghir, enseignant universitaire à Bouira, nous livre, dans cet entretien accordé à L'Expression, une analyse objective du mouvement social en Algérie, ses caractéristiques, son évolution et son impact sur le pays dans cette conjoncture économique «un peu particulière».
L'Expression: Quelle lecture faites-vous des mouvements sociaux de ces derniers temps, en Algérie?
Samir Seghir: La société algérienne est en pleine mutation et les besoins sont énormes. Les répercussions et les retombées de la politique économique du pays sont insupportables pour la population et le seul moyen d'exprimer cette envie de changement c'est la confrontation frontale avec les représentants de l'Etat. La seule manière pour concrétiser ce changement sur le terrain c'est le recours à la confrontation avec les représentants de l'Etat. Ceci passe toujours sous forme de conflits d'intérêts, de grève et de protestation.
Aujourd'hui, le mouvement social est considéré comme une force parallèle à celle de l'administration. Une force qui cherche à remplacer l'autorité de l'Etat, à travers l'acquisition, même partielle des revendications, ce qui mène à une autre situation relationnelle et une autre relation de pouvoir s'instaure.
Quelles sont les caractéristiques de ces mouvements?
A chacun sa manière d'agir pour faire valoir sa plate-forme de revendications, son style d'action, sa stratégie de revendication, mais les finalités sont, presque, les mêmes. Des mouvements spontanés, à l'exception des syndicats de l'éducation, et la mobilisation est importante. Mais ce qui dérange le pouvoir ce n'est pas la grande mobilisation, c'est le caractère pacifique de ces mouvements.
Des mouvements de grève de courte durée ou celle de longue durée qui ne s'arrête qu'après l'acquisition même partielle des revendications, ce qui est le cas, aujourd'hui, pour les enseignants contractuels ou vacataires et ceux du mouvement anti-schiste et les chômeurs d'Ouargla. Dans ce cas, la loi ne maîtrise pas toujours le vif.
La manière avec laquelle les autorités publiques gèrent cette partie très importante de la société, a-t-elle démontré son efficacité?
Une réponse à une telle question ne peut se trouver que dans deux cadres: politique et organisationnel, avec les tentatives de récupération de ces mouvements sociaux par les parties politiques généralement proches du pouvoir; cela a rarement fonctionné et celui-ci à continuer de considérer l'Union générale des travailleurs algériens (Ugta) comme la seule force ouvrière, ce qui est totalement faux.
La gestion sécuritaire des mouvements sociaux, n'a pas toujours été efficace. La marginalisation et la répression sont devenues des faits ordinaires qui caractérisent le système, ce qui fait que la singularité de cette colère s'inscrit dans la durée. On est dans la figuration par l'absence de figures emblématiques capables de mener leur action et d'assumer leur rôle. Pour ce qui est du mouvement des chômeurs, le pouvoir a laissé faire, il a décidé d'aller vers l'application de l'approche participative, mais sur le terrain, rien. Il n'y a aucune volonté pour son application.
Selon vous, quelle politique ou stratégie à adopter pour une meilleure maîtrise du mouvement?
Cette fois-ci, ce n'est plus comme avant. On ne peut plus continuer avec cette logique. Les décideurs sont dans l'obligation de faire la rupture avec cette politique sociale et d'imposer le respect de la loi avec bien sûr, une amélioration des conditions de vie des citoyens en les encourageant à compter sur soi.
La politique actuelle est en faveur de la pérennité des revendications socioprofessionnelles. Il faut mobiliser tous les moyens permettant de garantir l'accompagnement des mutations de la société et dans le cas contraire la loi sera toujours piétinée.
Concernant le mouvement des enseignants, leur plate-forme de revendications ne cesse de grandir d'une année à l'autre, comment expliquez -vous cette situation?
Les motifs de la grève dans le secteur public sont les mêmes, quels que soient les acteurs. S'agissant des fonctionnaires de l'Education nationale, «l'enseignant», leurs revendications salariales sont la cause principale et le facteur majeur du déclenchement des grèves et ce, malgré toutes les augmentations acquises ces dernières années. Ce qui nous permet de dire que le besoin, est une revendication matérielle.
Le secteur réunit un nombre très important de fonctionnaires, qui conduisent la locomotive des mouvements sociaux actuels. Nous sommes actuellement face à un nouvel acteur social revendicatif très fort, représenté par des syndicats «corporatistes» qui expriment les ambitions d'un secteur.


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