La position de Moscou a été renouvelée à l'occasion de la tenue, mardi à Vienne, de la réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), co-présidé par la Russie et les Etats-Unis. La recherche d'un règlement politique durable au conflit syrien à travers des pourparlers globaux, ainsi que la poursuite de la lutte contre le terrorisme dans ce pays sont les deux priorités de la Russie qui appelle à «éviter surtout une répétition du scénario libyen en terre syrienne». Le porte-parole de la présidence russe, Dmitry Peskov, a en effet affirmé lors d'une conférence de presse que «le processus de règlement politique de la crise en Syrie doit se faire à travers des pourparlers globaux qui comprennent toutes les composantes politiques, sociales et religieuses du pays». «La solution durable pour le conflit est tributaire de la prise en ligne de compte des avis de tous les groupes résidant dans le territoire syrien. L'expérience de la Libye a démontré qu'il n'y a pas d'alternative au règlement politique», a indiqué Peskov. ««L'expérience libyenne est 'absolument accablante'', comme l'a répété le président (Poutine) à plusieurs occasions», a dit le porte-parole de la présidence russe, ajoutant que «les événements en Libye montrent que les gens qui ont l'esprit étroit ont des approches dépourvues de toute flexibilité, et sont atteints de myopie». Dans la foulée, le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov, a indiqué lors d'une conférence à Vienne que «la lutte contre le terrorisme en Syrie reste la priorité de la Russie et doit se poursuivre simultanément avec les efforts de règlement». «Nous ne soutenons pas Assad. Nous soutenons les efforts contre le terrorisme», a-t-il dit. Pour le ministre russe, il est totalement faux de penser qu'un départ du président syrien Bachar al Assad «mènera tout de suite à un retour des choses à la normal et que nous allons vaincre le terrorisme». Il rappelle, dans ce contexte, que le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté plusieurs résolutions affirmant qu'il ne saurait y avoir d'excuses pour les actes terroristes. Sur le terrain, le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) a noté des progrès dans le processus de règlement, selon Lavrov. «Sur les trois plans (arrêts des combats, aide humanitaire et processus politique) nous avons enregistré des progrès. C'est notre but commun et c'est ce que nous visons», a-t-il dit. Le GISS, co-présidé par la Russie et les Etats-Unis, a été formé en novembre 2015 en vue de mettre fin au conflit en Syrie. L'UE, la Ligue arabe, la Chine, l'Iran, la Turquie et l'ONU sont également membres du groupe. Dans une déclaration conjointe, faite mardi à Vienne à l'occasion de la réunion du Groupe international de soutien pour la Syrie (GISS), les Nations unies et ses partenaires ont exprimé leur détermination à «renforcer» la cessation des hostilités qui a été remise en cause ces dernières semaines par une escalade de la violence qui a déjà fait plus de 270.000 morts dans ce pays depuis mars 2011. Les membres du GISS ont souligné en effet l'importance d'une «cessation complète des hostilités pour réduire la violence et sauver des vies» et «la nécessité de solidifier cette cessation face aux menaces sérieuses observées, notamment au cours des dernières semaines». Ils se sont félicités de la Déclaration conjointe du 9 mai par les co-présidents du groupe de travail sur le cessez-le-feu, la Russie et les Etats-Unis, dans laquelle ils s'engagent à intensifier les efforts pour garantir une mise en oeuvre de la cessation des hostilités dans tout le pays. Dans sa déclaration, le GISS a exhorté toutes les parties concernées à «respecter pleinement les termes de la cessation des hostilités. Il leur a aussi demandé d'éviter de réagir de manière disproportionnée aux provocations et à afficher leur retenue». S'agissant de l'assistance humanitaire, le GISS a réaffirmé qu'assiéger des populations civiles était une violation du droit humanitaire international et a demandé que tous les sièges soient levés.