Le Groupe international de soutien à la Syrie parle de Bachar al Assad et non de l'EI Sergueï Lavrov a affirmé hier à Vienne que Moscou ne «soutenait pas le régime syrien de Bachar al-Assad, mais le combat contre le terrorisme»... Réagissant aux reproches véhéments des pays occidentaux, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a affirmé hier à Vienne (Autriche) que Moscou ne «soutenait pas» le régime syrien de Bachar al-Assad, lors d'une conférence de presse à l'issue des discussions du Groupe international de soutien à la Syrie (Giss), co-présidé par la Russie et les Etats-Unis. «Nous ne soutenons pas Assad, nous soutenons le combat contre le terrorisme (...) Sur le terrain, nous ne voyons pas de forces plus réelles et efficaces que l'armée syrienne, malgré toutes ses faiblesses», a -t- il ajouté. Une nouvelle réunion consacrée à la Syrie s'est en effet tenue hier à Vienne, dans le cadre du Giss, pour se pencher sur les moyens de parvenir à accélérer la transition politique, permettre l'aide humanitaire aux populations encerclées et consolider la cessation des hostilités. Tels sont les défis examinés et tout laisse à penser qu'une fois de plus, les discussions ont achoppé sur l'écueil de la transition politique. Du coup, la feuille de route arrêtée au premier round des pourparlers et fixant au 1er août la mise en place d'une instance de transition politique en Syrie semble de moins en moins envisageable pour la plupart des observateurs. C'est ainsi que les pays européens comme la France, la Grande-Bretagne et même l'Allemagne tirent à hue et à dia pour tenter de forcer la mise en oeuvre d'un gouvernement de transition dans les conditions souhaitées. Le fait que la question soit inlassablement posée et reposée par ces mêmes pays qui se font le relais des Etats du Golfe, mais s'inscrivent tout autant dans la stratégie définie depuis plusieurs années au titre du GMO, illustre bien le climat de ces réunions. En affublant la coalition de l'opposition syrienne de toutes les vertus, oubliant un peu vite qu'il s'agit de groupes salafistes qui n'ont rien à envier à l'EI et Al Nosra, ces pays ressassent en outre la mise à l'index du «soutien politique, militaire et financier à la Syrie de la Russie et de l'Iran», permettant au «régime de se maintenir et de ne pas entrer en discussions». Comprendre par-là de ne pas se plier aux conditions dictées par le club de Paris. On le voit, le sort du président Bachar al-Assad est la principale ligne de fracture entre les puissances mondiales et régionales du Giss, forum de 17 pays et de trois organisations. Et le reproche se fait violent contre Moscou et Téhéran qui «apportent un appui militaire déterminant au pouvoir syrien sur le terrain» tout en oeuvrant à l'effort diplomatique du Giss. La trêve conclue entre le régime et les différentes factions qui composent l'insurrection armée, une nébuleuse profondément divisée entre de nombreux groupes djihadistes, islamistes et rebelles modérés, a encore résisté aux tentatives de sape, notamment à Alep. Dans cette deuxième ville du pays, les bombardements de l'armée syrienne et des groupes rebelles ont pourtant diminué, après deux semaines de violences qui ont fait près de 300 morts. Depuis janvier dernier, trois sessions de pourparlers inter-syriens indirects ont déjà eu lieu à Genève, sans réels progrès. On se souvient que le dernier round, en avril, avait été suspendu par l'opposition, alarmée par sa situation d'encerclement à Alep. Il aura fallu, à chaque fois, une intervention conjointe des Russes et des Américains pour tempérer les combats et maintenir une paix a minima. Dans un tel contexte, la guerre contre l'EI progresse difficilement, même si l'armée syrienne est parvenue à reprendre entre 16 à 20% du territoire contrôlé par le groupe terroriste qui, tout en ayant perdu Palmyre, tente désespérément de l'isoler pour éventuellement y revenir. C'est dire si la complexité des positions sur le terrain militaire explique la pression exercée par la coalition internationale sur l'allié russe de Damas.