«Il y a une volonté politique chez les hautes autorités de l'Etat à organiser des élections propres et transparentes.» Abdelwahab Derbal nommé à la tête de la Haute Instance indépendante de surveillance des élections (Hiise), a livré hier au Palais des nations à Alger, un long discours se voulant rassurant à l'égard des représentants des partis politiques ayant opté pour la participation aux législatives prochaines. «La création de cette instance est primordiale car elle permettra à l'Algérie de passer à une nouvelle étape consacrant le respect et la capitalisation de la voix du citoyen et l'instauration d'un véritable multipartisme», a-t-il affirmé.«Cette instance qui tire sa légitimité de la Constitution, notamment de son article 194, est un cadre politique et juridique approprié pour garantir la transparence et la crédibilité des élections et protéger le choix de l'électeur, a indiqué hier le président de cette instance, Abdelwahab Derbal. «Cette instance puise sa force, son efficacité et son immunité de sa composante comprenant 410 membres, constituée en parité par des magistrats et des compétences indépendantes, désignées par le président de la République», a-t-il indiqué en présence de plusieurs représentants de partis politiques, de plusieurs membres du gouvernement à leur tête le Premier ministre Abdelmalek Sellal. «L'impartialité de cette instance de par son autonomie juridique et financière, le fait que ses membres n'ont aucune attache partisane, consacrera incontestablement son indépendance et lui permettra d'accomplir sa mission loin de toute forme de pression morale et matérielle», a-t-il assuré. «En plus de ses prérogatives en matière de surveillance des élections, comme son auto-saisine et ses interventions sur la base des rapports et contestations sur des dépassements relatifs au Code électoral, qu'elle recevra de la part des candidats ou de leurs représentants légaux, la loi confère à ladite instance d'exercer ses prérogatives avant, pendant et après le scrutin à travers ses permanences qui seront installées au niveau de toutes les wilayas et à l'étranger selon des cas», est-il relevé, en précisant que «les décisions de cette instance seront sans appel». Tout cela, poursuit-il: «constitue sans l'ombre d'un doute des indices, des preuves et des garanties de la volonté d'organiser des élections propres et transparentes». «L'insistance du président de la République, en personne, sur la nécessité d'assurer un climat adéquat et de doter cette instance de toutes les conditions et moyens matériels, juridiques et morales pour qu'elle puisse accomplir son rôle conformément aux normes universelles, confirme, s'il en est, «la volonté des hautes autorités du pays, de poursuivre le processus des réformes lancé sur plus d'un plan durant ces dernières années». Abdelwahab Derbal a affirmé que «son instance ne lésinera sur aucun effort pour accomplir son devoir envers le peuple algérien, et travaillera à approfondir la confiance entre le gouvernant et les gouvernés à travers le respect du choix et de la volonté populaire et consacrer son droit de libre choix, notamment concernant le choix de ses représentants». «La création de cette instance est venue pour permettre à l'Algérie de relever des défis que lui imposent le contexte actuel et la nouvelle situation géopolitique prévalant dans son environnement régional et international», dixit M.Derbal. Il a saisi cette occasion pour appeler toutes les autorités et ceux qui sont concernés par ces élections à participer à la réussite de ce scrutin car cette instance ne pourra pas atteindre son objectif sans un travail coordonné avec d'autres parties. Notons enfin que le RND de Ahmed Ouyahia a brillé par son absence au Palais des nations. Le directeur de cabinet à la présidence de la République n'a délégué aucun représentant à cette première réunion de la Haute Instance indépendante de la surveillance des élections. Plusieurs présidents et secrétaires généraux des partis politiques, dont Ould Abbès, le représentant du PT, Amar Ghoul, Amara Benyounès, les chefs respectifs de l'ANR, du MDS, d'El-Islah et d'autres représentants de petits partis, ont été présents à cette première réunion qualifiée d' «historique».