«Tous concernés par les prochaines élections» La participation reste un enjeu capital de cette élection qui se veut décisive et consacre la rupture avec le passé en consolidant le processus démocratique. Le boycott fait craindre le pire. Le spectre plane de nouveau et suscite des inquiétudes et met tous le monde sous pression. Le gouvernement s'y prend à l'avance. A plus de deux mois et demi de ce rendez-vous capital, le département de l'intérieur et des collectivités locales s'investit à fond dans une campagne anti-boycott. «Tous concernés par les prochaines élections», lit-on sur des affiches collées un peu partout dans les lieux publics et même dans les autoroutes en rappelant la date de révision des listes électorales qui a débuté le 8 février et se poursuivra jusqu'au 22 février. En parallèle avec cette opération, des annonces publicitaires sont diffusées à longueur de la journée sur la télévision et la radio. «Avoir une carte d'électeur est un acte trop facile et indispensable comme boire de l'eau», indique un flash publicitaire diffusé sur l'Entv et la radio. Une manière de simplifier les choses aux citoyens. Ces derniers peuvent s'inscrire par n'importe quelle pièce d'identité. Même les jeunes qui auront d'ici le 4 mai 18 ans sont également sollicités à se doter d'une carte d'électeur. A travers ces pancartes publicitaires, le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales fait un rappel à l'ordre à l'adresse des citoyens en les invitant à s'inscrire ou à renouveler leur carte d'électeur. Entre autres, le département de Bedoui multiplie ses rencontres sur le terrain pour sensibiliser davantage les citoyens sur l'acte de vote. Il fait des rencontres de proximité un plan anti- boycott. Ses actions s'étendent même à l'extérieur du pays. En vue de mobiliser la communauté algérienne établie en France à participer en force au prochain rendez-vous, une réunion de coordination des consuls généraux et consuls en France et en Europe a été tenue vendredi dernier par les deux secrétaires généraux du ministère des Affaires étrangères et celui de l'Intérieur, respectivement Hassene Rabehi et Hocine Mazouz. «Les représentations consulaires devront (...) agir pour sensibiliser nos ressortissants sur l'importance de cette échéance électorale dans la consolidation des institutions de la démocratie et de l'Etat de droit», a indiqué un communiqué sanctionnant les travaux qui ont débuté jeudi à Paris au siège de l'ambassade d'Algérie en France. Pour la préparation des élections législatives, un point au centre des discussions avec les chefs de mission consulaire, les secrétaires généraux des deux ministères ont insisté, selon le communiqué, sur la nécessité de réunir toutes les conditions «afin d'assurer le bon déroulement de ce scrutin, conformément aux instructions des hautes autorités de l'Etat». En prévision du rendez-vous électoral, les représentations consulaires sont «à pied d'oeuvre» pour l'assainissement de la liste électorale. «Nos représentations consulaires sont aujourd'hui à pied d'oeuvre pour l'assainissement des listes électorales. Les portes des représentations diplomatiques et consulaires sont ouvertes autant pour les besoins de cette opération de révision de la liste électorale que pour donner davantage d'informations sur ce scrutin», a déclaré Hassene Rabehi à la presse, en marge de la réunion de coordination consulaire qui se tient au siège de l'ambassade d'Algérie en France. Ce dernier a saisi cette occasion pour rappeler «l'importance» de ce rendez-vous électoral «dans le raffermissement et la consolidation des institutions de l'Etat algérien».Il a appelé la communauté algérienne établie à l'étranger à «prendre contact» avec les représentations diplomatiques et consulaires et à leur participation «massive» à ce scrutin. De son côté, le secrétaire général du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales, El Hocine Mazouz, a indiqué que la rencontre avec les chefs de poste et responsables consulaires en Europe a été l'occasion pour leur exposer les mesures de la nouvelle organisation relative aux élections. «Cette rencontre est également pour nous une opportunité pour expliquer le rôle de la Haute Instance indépendante de surveillance des élections, instituée par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, sur la base de la nouvelle Constitution, ainsi que les préparatifs des élections législatives, et pour apporter les réponses aux préoccupations des chefs de poste consulaire dans le cadre de ces élections». La participation reste un enjeu capital de cette élection qui se veut décisive et consacre la rupture avec le passé en consolidant le processus démocratique. Le taux du boycott sera, donc, un facteur déterminant de la réussite des réformes et de la crédibilités des institutions de l'Etat. Le scénario de 2012 où le boycott a remporté la bataille avec 65% contre 35% de participation est encore vivant dans l'esprit de la classe politique. Le chef de l'Etat veut à tout prix que ces élections soient marquées par une large participation. Il a instruit son gouvernement de multiplier les visites sur le terrain en faisant de la mobilisation son travail de proximité. Le président Bouteflika a même insisté auprès des jeunes sur le devoir d'exprimer leurs voix. Dans son message qu'il a adressé hier à l'occasion de la Journée du chahid, le chef de l'Etat a mis l'accent sur l'importance d'une participation à ce scrutin en invitant les jeunes femmes et hommes à exprimer leur choix. Les partis au même titre que l'Etat appréhendent un fort taux d'abstention. «Le scrutin à venir est une bataille pour la recomposition politique et sociale. C'est un pari difficile à tenir et le spectre d'une abstention-sanction plane sur les législatives», a averti la secrétaire générale du Parti des travailleurs Louisa Hanoune lors d'une rencontre des membres de la commission ouvrière du parti tenue récemment. Les partis se mobilisent également pour repousser le spectre du boycott en s'engageant dans une campagne électorale bien avant l'heure. Il reste à savoir si le gouvernement et les partis politiques vont réussir dans leur bataille contre le boycott. La réponse sera connue sans doute le 5 mai prochain. Attendons pour voir.