L'année 2017 s'est avérée un véritable fiasco pour le sport algérien en général, au grand dam de la famille sportive, qui, malgré les grands moyens mis par l'Etat, n'arrive pas à se hisser parmi les meilleures nations arabes et africaines du sport. Malheureusement, cette année n'aura pas été une grande année pour le football algérien au niveau des performances, ni la sélection ni les joueurs évoluant en Europe ni les clubs n'ont réussi des exploits mémorables. Par contre l'année aura été riche en événements dont le principal sans doute est l'arrivée de Kheireddine Zetchi à la tête de la FAF pour succéder à Mohamed Raouraoua. De Raouraoua à Zetchi, le foot a basculé Le premier véritable fiasco a été cette élimination «honteuse» durant la phase finale de la CAN 2017 du Gabon avant une autre élimination aussi importante qui a fait couler beaucoup d'encre, à savoir celle de la Coupe du monde 2018. Entre-temps, le changement à la tête de la Fédération algérienne de football suite à l'élection de Kheireddine Zetchi à la place de Mohamed Raouraoua n'a pas vraiment provoqué le renouveau tant espéré. En coupe d'Afrique des nations disputée au Gabon, la sélection algérienne, drivée par le Belge Georges Leekens, a été éliminée au premier tour au cours duquel elle a terminé à la troisième place de son groupe avec seulement deux petits points! Cette élimination a fait tellement mal aux Algériens que Raouraoua a été contraint de pousser Leekens à démissionner de la barre technique des Verts. Avec l'élection de Zetchi au mois de mars succédant à Raouraoua, c'est l'Espagnol Alcaraz qui est désigné à la tête de la barre technique de l'EN. Mais, il n'a pas dépassé sept mois en poste surtout après l'élimination officielle des Verts du Mondial 2018. La sélection a touché le fond en se faisant éliminer de la course au Mondial russe après une double défaite en l'espace de trois jours face à la Zambie (3-1, 1-0) en septembre dernier. Sous pression, le patron de la FAF n'avait pas d'autres alternative que de sacrifier le technicien andalou à l'issue de la défaite essuyée à Yaoundé face au Cameroun (2-0) au mois d'octobre. L'Equipe nationale A', composée de joueurs locaux, a également déçu ses fans en se faisant sortir, sous la houlette d'Alcaraz, des qualifications du championnat d'Afrique des nations 2018. Et c'est donc Madjer qui est en charge des Verts jusqu'à aujourd'hui. Si pour la JS Kabylie et à la JS Saoura il ne fallait pas attendre des miracles, en Coupe africaine des clubs, le MCA a été éliminé aux quarts de finale de la coupe de la CAF par le Club Africain (2-0) au match retour alors qu'en Ligue des champions, l'USM Alger a été éliminée en demi-finale par le Widad de Casablanca. Au niveau national, l'ES Sétif a décroché son 8e titre de champion, le quatrième en six ans et ne nouvelle finale de coupe d'Algérie perdu face au CR Belouizdad qui a réussi une excellente saison. Dirigé par le coach marocain, Badou Zaki, le Chabab a terminé le championnat à la 6e place à deux points d'une qualification en Coupe arabe et surtout vainqueur de la coupe d'Algérie 2017, sa 7e à une unité du record détenu par l'ESS, le MCA et l'USMA, qui lui permettra de participer à la coupe de la CAF 2018. L'athlétisme et la boxe au fond du gouffre Lors du Mondial de Londres d'athlétisme et avec le dernier espoir algérien pour une médaille, à savoir Larbi Bourrada qui a abandonné le concours du décathlon après le déroulement de trois épreuves, l'athlétisme algérien s'est bien affaissé sur les pistes dans ces joutes mondiales. Les huit athlètes algériens qualifiés n'ont pas été à la hauteur des espoirs placés en eux. Certains se sont vu éliminer dès les épreuves des séries alors que d'autres ont abandonné pour des raisons diverses et que le meilleur d'entre eux, à savoir Bilal Tabti, est au moins arrivé en finale du 3000 m steeple. En l'absence du médaillé olympique Makhloufi, les résultats de nos athlètes engagés ont choqué les spécialistes. Kenza Dahmani (36 ans) a abandonné le marathon le premier jour de la compétition. Le demi-fondiste Mohamed Amine Belferar, blessé, a abandonné la première série du 800 mètres messieurs lors de la deuxième journée des championnats. Belferar (26 ans) a ressenti une douleur au niveau de la cuisse juste à l'entame de l'épreuve du 800 m. Abdelmalik Lahoulou a échoué à se qualifier pour la finale du 400 m haies. Pour sa part, Bilal Tabti a été disqualifié de la finale du 3000 mètres steeple des Mondiaux. D'autre part, Amina Betiche a été éliminée de l'épreuve du 3 000 m steeple, en terminant à la 10e place de la deuxième série des qualifications. De son côté, Hichem Bouchicha a été éliminé, lors des séries. Le dernier athlète algérien en lice, le décathlonien Larbi Bourrada, a abandonné après des épreuves du 100 m, du lancer de poids, de la longueur et du saut en hauteur. Les résultats négatifs des Algériens, hormis, pour le finaliste du 3000 m steeple, Bilal Tabti, montrent le recul qu'a enregistré cette discipline dans notre pays, qui, jadis, était pourvoyeuses de médailles et des records mondiaux... L'autre discipline qui faisait le bonheur du sport algérien, à savoir le noble art, a perdu de sa verve. Avec ce qu'ont enduré les boxeurs dans leurs préparations et surtout dans leur vie active, on ne pouvait s'attendre à plus de ce qu'ont réussi nos trois représentants aux Mondiaux de Hambourg en Allemagne. Les boxeurs algériens, Mohamed Flissi (52 kg) et Reda Benbaâziz (60 kg), ont été éliminés dès les 8es de finale. Flissi, médaillé de bronze aux mondiaux 2015 de Doha (Qatar), a perdu devant l'Indien Bisht Kavinder (3-2). De son côté, Reda Benbaâziz (60 kg), a été lui aussi, éliminé dès les huitièmes de finale. Cette élimination s'ajoute à celle de Mohamed Yacine Touareg, engagé dans la catégorie 49 kg, qui avait été éliminé dès le premier tour. Si l'Algérie a été double championne d'Afrique par équipes à Madagascar 2017, au Mondial de la discipline disputé à Budapest (Hongrie), les Algériens ont vraiment déçu. Ainsi, les sélections algériennes messieurs et dames seniors ont été sacrées championnes d'Afrique par équipes en battant respectivement leurs homologues tunisiennes et égyptiennes en finales de la compétition disputées dans la capitale malgache Antananarivo. Nos judokas bons en Afrique, mais décevants au Mondial Grâce à ce double succès, l'Algérie a remporté haut la main le titre africain en portant son total à 20 médailles (9 en vermeil, 5 en argent et 6 en bronze). Chez les dames, les Algériennes ont réalisé un parcours sans faute. Au classement final, l'Algérie consolide sa 1ère place, devançant la Tunisie et l'Egypte. Au Mondial à Budapest, les judokas algériens Nadjib Temmar (+100kg), Lyès Bouyacoub (-100kg) et Sonia Asselah (+78kg) ont été précocement éliminés des Mondiaux en Hongrie, après leurs défaites. Les derniers espoirs de la sélection algérienne de sauver la face dans ces championnats du monde, organisés du 28 août au 3 septembre 2017 à Budapest, reposaient sur ces trois athlètes, car leurs sept compatriotes ont déjà été éliminés. Les derniers en date sont Abderrahmane Benamadi (-90kg), Kaouthar Ouallal (-78kg) et Souad Bellakehal (-70kg), qui ont été sortis dès les premiers tours. Deux jours plus tôt, ce sont Meriem Moussa (-52kg), Ratiba Tariket (-57kg) et Oussama Djeddi (-73 kg) qui avaient précocement quitté la compétition, au moment où le dixième et dernier international algérien engagé dans ce tournoi, Houd Zourdani (-66kg) avait déclaré forfait dès la première journée et sans avoir livré le moindre combat. Karaté: Lamya Matoub sauve la mise Lors de la 10e édition des Jeux mondiaux qui se sont déroulés en Pologne, l'Algérienne Lamya Matoub s'est adjugée la médaille d'or de Karaté do (catégorie 68kg), en battant en finale la Géorgienne, Alisa Buchinger. Le karaté algérien est sauvé avant la suspension de la Fédération algérienne de la discipline par la Fédération mondiale (WKF) depuis l'été dernier. Ce «sandale» devrait prendre fin lors de la prochaine Agex prévue le 6 janvier prochain (voir nos commentaires dans les scandales de l'année). Des satisfactions pour le rugby et le handi-basket et le handisport Deux disciplines ont satisfait cette année. La première étant le rugby avec ce que vient de réaliser cette année notre sélection nationale avec la «jeune Fédération algérienne de la discipline» et la seconde n'est autre que le handi-basket avec un titre africain conservé. Quant à la troisième discipline c'est bien évidemment le handisport athlétisme et ses 9 médailles d'or au Mondial. C'est une «victoire historique» a reprendre les mots de Abdelaziz Bougja, le président de Rugby Afrique. Samedi 4 novembre, l'Equipe nationale d'Algérie a remporté la Rugby Africa Bronze Cup 2017 pour sa toute première participation à une compétition officielle. A Mufulira en Zambie, les Verts sont venus s'imposer (25-30). Un succès qui fera date car la sélection zambienne n'avait plus perdu un match international à domicile depuis 2002. Les joueurs entraînés par le sélectionneur Boumediene Allam peuvent se congratuler: la Fédération algérienne de rugby n'a vu le jour qu'en novembre 2015, et le pays a été admis en tant que membre de Rugby Afrique en décembre 2016. Grâce à cette victoire, l'équipe d'Algérie évoluera désormais dans la division supérieure, en Rugby Africa Silver Cup. Et pas plus tard qu'il y a une semaine, la sélection algérienne de rugby a terminé à la 2e place en concédant une défaite face à son homologue marocaine sur le score de 13-20, en match comptant pour la 3e et dernière journée du tournoi tri-nations Maghreb disputé à Oujda (Maroc) du 17 au 23 décembre 2017. En handi-basket, l'Equipe nationale algérienne dames de la discipline a conservé son titre de championne d'Afrique, en battant à Durban, son homologue de l'Afrique du Sud 53-25, tandis que les messieurs ont été déchus de leur titre par le Maroc (32-63). Avec cette consécration, les Algériennes valident leur billet pour le Championnat du monde, prévu l'année prochaine en Allemagne, une année après leur qualification historique aux Jeux paralympiques de Rio 2016. De son côté, l'Equipe nationale messieurs a échoué à conserver son titre remporté en 2015, en s'inclinant en finale face au Maroc sur un score large 63-32. En handisports (athlétisme), l'Algérie a terminé à la 7e place du Mondial de la discipline avec 19 médailles dont 9 en or. En effet, la participation algérienne aux 8es championnats du Monde d'athlétisme handisport de Londres est «positive» en classement et en nombre de médailles décrochées. C'est la première fois que l'Algérie se retrouve en position aussi avancée. Elle est classée 7e sur 95 pays participants et a décroché 19 médailles dont 9 en or. Le DTN a rappelé que le staff technique était arrivé à Londres avec un pronostic de trois médailles d'or, l'Algérie se retrouvant avec trois fois ce nombre à la fin des compétitions malgré le manque de préparation qui a été cependant compensé par le sérieux, la compétence et l'assurance. Les autres disciplines collectives, le handball, le volley-ball et le basket-ball, les différentes sélections nationales n'ont été que l'ombre d'elle-mêmes. Celle du handball, jadis, aux cimes africaines et bien côté dans le monde a atteint les fonds avec une sélection algérienne en hibernation depuis deux ans et ce, sans coach national avant de se préparer depuis 55 jours seulement avant la CAN 2018 prévue dans deux semaines au Gabon. Enfin, il faut bien faire la réflexion suivante pour qui savent apprendre les leçons: quand les handicapés réussissent mieux que les valides, il n'y a, désormais plus rien à dire...