La colère exprimée par la jeunesse s'inscrit dans un «processus politique» qui annonce l'amorce d'«un tournant politique». Louisa Hanoune tente de prendre le train en marche. Celui lancé par une jeunesse sortie, vendredi dernier, exprimer son aspiration au changement. Tenant une réunion à la suite des manifestations qui ont ébranlé plusieurs wilayas du pays, le secrétariat permanent du bureau politique du Parti des travailleurs (Spbp) a rendu public un communiqué dans lequel il affirme que «la jeunesse et les larges masses se sont réapproprié le droit démocratique et constitutionnel de manifester pacifiquement». Un droit «confisqué par les gouvernements successifs depuis deux décennies» affirme le PT. Retrouvant un langage plus virulent que celui qu'il servait ces derniers temps, le parti de Louisa Hanoune parle d'un «système périmé et putréfié (qui) n'a pas réussi à briser les ressorts de la majorité du peuple et donc de la nation». Pour ce parti de l'opposition, la colère exprimée par la jeunesse s'inscrit dans un «processus politique» qui annonce l'amorce d'«un tournant politique pour la nation». «Comme tout processus, il ne s'arrêtera pas», affirme le PT qui qualifie le 22 février dernier de «journée historique» tout en soulignant que les manifestants «hommes et femmes ont démontré leur capacité grandiose à s'auto-organiser». Insistant sur l'importance d' empêcher toute forme de dérapage pouvant «ouvrir la voie au chaos et donc à l'ingérence étrangère», le PT reconnaît au peuple son sens de la responsabilité et sa prise de conscience que «la préservation de la nation est la condition de tout changement positif et de projet d'avenir». «Nous exprimons notre fierté en tant qu'Algériennes et Algériens face à une telle capacité de discernement de la jeunesse et des larges masses.» Pour le Spbp du PT, il ne s'agit pas d'un orage d'été «mais bien d'une lame de fond traduisant l'aspiration profonde à la rupture (...). Il est clair que rien ne sera plus comme avant».