Il ne se gênera pas pour rappeler les dispositions de la Charte interdisant l'activité politique aux anciens de l'ex-FIS. Le RND réunit les 30 et 31 mars prochains son conseil national. Un rendez-vous important pour cette formation politique qui interviendra à un peu plus d'un mois du 9e anniversaire du parti et au lendemain d'un sommet de l'Alliance présidentielle qui a vu le RND en laisser la présidence au FLN. Ce rendez-vous est d'autant plus important puisque présidé par le secrétaire général du parti, lequel ne s'est pas publiquement exprimé depuis plusieurs mois. Attendu à l'occasion de l'anniversaire du RND, puis aux assises de la jeunesse de cette formation politique, Ahmed Ouyahia avait, rappelons-le, préféré adresser des messages aux participants à ces deux rencontres, évitant par là même une sortie publique qui l'aurait mis en confrontation avec ses alliés au pouvoir qui, à plusieurs reprises, ont décoché des flèches en sa direction, notamment sur la question des salaires. Dans lesdits messages, Ouyahia avait évacué toute allusion aux «sujets qui fâchent». Il faut dire qu'entre-temps, le président de la République a tranché le différend au sein de l'alliance en apportant un soutien clair à son chef du gouvernement sur la question de la revendication salariale. Cela dit, le n°1 du RND aura également à s'exprimer sur d'autres sujets qui font l'actualité nationale, à l'image de la réconciliation nationale dont l'application sur le terrain commence à susciter quelques «polémiques», notamment sur l'obligation faite aux anciens de l'ex-FIS de ne plus toucher au politique. Connu pour son discours anti-islamiste, Ahmed Ouyahia ne se gênera sans doute pas pour mettre en exergue les dispositions contenues dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale portant interdiction d'activité politique à toute personne impliquée dans la tragédie nationale. Il est entendu que sur ce sujet, le secrétaire général du RND ne se privera pas d'énoncer les lignes rouges de la réconciliation nationale. Cela pour le discours. Au plan de la position du parti sur l'échiquier politique national, il y a lieu de souligner que le prochain conseil national du RND intervient dans un contexte de pré-campagne électorale pour les législatives de 2007, un autre rendez-vous qui verra les partis de l'alliance y aller en rangs dispersés. En tout état de cause, il est clair que le prochain rendez-vous de la direction du RND constituera un indicateur assez intéressant de la scène politique nationale, du simple fait que son premier responsable se trouve être à la tête du gouvernement. Une donne qui n'échappe à aucun observateur, bien que traditionnellement, en pareilles circonstances, Ahmed Ouyahia aime à faire le distinguo entre ses deux casquettes.