Des assemblées générales sont prévues aujourd'hui dans toutes les universités. Encore une autre fois, les enseignants des universités organisent aujourd'hui et demain deux journées de protestation au sein même des enceintes universitaires. Ce mouvement a été décidé cette fois-ci par la Coordination nationale des syndicats et associations de l'enseignement supérieur, regroupant cinq syndicats, à savoir le Cnes, le Syndicat national des maîtres-assistants en sciences médicales, le Syndicat national des professeurs, l'Association nationale des professeurs et maîtres de conférence ainsi que le Syndicat des chercheurs permanents. L'intersyndicale a prévu pour la 1re journée des assemblées générales dans toutes les universités, tandis que la journée de demain sera consacrée à la concertation et au vote sur le prochain mouvement de grève prévu au mois de mai de l'année en cours. «Après les procès-verbaux des assemblés générales et après le vote de tous les enseignants sera décidé le prochain mouvement de grève annoncé pour le mois prochain», a déclaré à L'Expression le coordinateur national du Cnes M.Boukaroura dans une communication téléphonique. Interrogé sur l'objectif de ces deux journées de protestation qui interviennent au moment où la coordination prévoit, entre autres, une autre grève quelques jours plus tard, le même interlocuteur répond que «c'est notre manière d'alerter les pouvoirs publics afin qu'ils trouvent un moyen de régler les problèmes des enseignants et de désamorcer par ricochet la grève». Rappelons que les syndicalistes revendiquent la révision de la grille des salaires des universitaires, l'élaboration d'un statut pour l'enseignant du supérieur, le logement social, la démocratisation ainsi que la révision de la politique de gestion de l'université. En outre, selon une source du département de M.Rachid Haraoubia, la tutelle n'a pas été avisée de cette protestation. «Nous n'avons reçu de la part des syndicalistes aucun document dans lequel il est mentionné le mot d'ordre de grève», indique-t-on, du côté de la tutelle. A ce point précis, les syndicalistes estiment que «la coordination observe les 18 et 19 avril, deux journées de protestation, mais pas une grève. Donc on n'a pas besoin de déposer un préavis de grève», répond encore M.Boukaroura. Ce qu'il faut retenir de cet échange de déclarations, est que les deux protagonistes sont engagés, pour la énième fois, dans une bataille dont la fin ne semble pas pour demain. Car, d'autres mouvements similaires ont été organisés par le passé, mais n'ont eu aucun effet sur le climat de tension qui caractérise les relations syndicats-tutelle depuis plusieurs mois. Ainsi, la grève constitue le point de repère de cette bataille. Avec ce nouveau débrayage, les étudiants seront, après quelques jours de reprise des cours après les vacances, appelés à prendre un congé forcé de deux jours. Concernant les différentes réunions qui ont eu lieu entre les deux parties, ministère-syndicats, il est à signaler qu'elles n'ont abouti, malheureusement, à aucun résultat. Au contraire, on se souvient d'ailleurs, qu'au lendemain de la rencontre Cnes-ministère, une grève d'une semaine a été déclenchée le 25 février et a duré jusqu'au 2 mars. Reste à savoir maintenant si ces deux journées de protestation aboutiront à quelque chose et mettront fin à ce bras de fer qui n'a que trop duré, ou bien seront-elles juste un mouvement qui en appelle un autre?. La réponse à cette question on la saura prochainement.