Alger, Oran, Constantine auront un statut particulier. Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, M.Yazid Zerhouni, a révélé, jeudi, à l'APN, les grandes risques du projet de nouveau découpage administratif. «Afin d'éviter les erreurs du passé», le gouvernement a décidé de procéder par étape. Il a opté pour la création des wilayas déléguées, avant de tracer un découpage définitif du territoire national. Lesdites wilayas prendront en charge, pour une période transitoire qui peut atteindre deux ans, les besoins des communes rattachées et l'organisation des services administratifs. Les walis délégués, eux, seront confortés dans leur travail par les directeurs délégués spécialisés dans les différents secteurs. Ces nouvelles entités seront dotées de moyens financiers et humains nécessaires pour garantir leur bon fonctionnement. «Le jour où on jugera que les wilayas déléguées sont en mesure de réaliser les missions qui leur ont été attribuées, nous réviserons leur statut. Elles deviendront des wilayas à part entière», a précisé le ministre de l'Intérieur. Quels sont les critères retenus pour le choix des wilayas déléguées? Zerhouni cite, de prime abord, la donne de la distance par rapport au chef-lieu de wilaya. Il évoque, à titre d'exemple, le cas d'In Salah qui se trouve à 700km de Tamanrasset. La densité populaire sera prise en considération. «Il sera préférable qu'on divise par deux ou par trois les wilayas qui regroupent une population dont le nombre dépasse le million», poursuit-il sur sa lancée. Le nombre des APC pèsera sur le nouveau découpage, «en moyenne, chaque wilaya doit gérer entre 20 et 30 APC. Or, beaucoup d'entre elles rassemblent plus de 60 APC, à l'image de Béjaïa ou de Médéa (64 APC)».Le quatrième et dernier critère est lié à la question de la souveraineté nationale. A entendre par là, la protection des frontières algériennes avec ses voisins. C'est le cas de Bord Badji Mokhtar (Adrar), de Bir Ater (Tébessa), de Tizaouatine (Djanet). «Pour des motivations sécuritaires et commerciales, nous avons jugé nécessaire de doter ces communes frontalières de walis délégués», a-t-il défendu. Force est de constater que les réseaux de contrebandiers et les groupes terroristes ont profité des failles au niveau de la bande frontalière pour mener leurs actions et circuler sans risque d'être repérés, en dépit du renforcement du dispositif de surveillance. Pour le ministère de l'Intérieur, ce nouveau découpage administratif qui est en cours d'élaboration, permettra de rapprocher les citoyens de l'administration. Il répond surtout au besoin «d'outrepasser les difficultés rencontrées par les walis dans leurs fonctions». La liste des nouvelles wilayas est en phase d'être élaborée. Le projet sera soumis au conseil de gouvernement avant la fin de l'année en cours, a précisé Zerhouni, en marge de la séance plénière consacrée aux questions orales. La période de transition de deux ans est justifiée, quant à elle, par le souci de doter les nouvelles wilayas des moyens financiers et d'un cadre administratif adéquat. «Durant les années 80, nous avons créé des wilayas sans pour autant leur assurer les moyens qu'il faut pour gérer les communes; résultat, au même moment où je vous parle, la majorité d'entre elles peinent à assumer pleinement leurs responsabilités», reconnaît-il. Pis encore, plusieurs wilayas se disputent les communes frontalières, les cas les plus illustratifs sont enregistrés à Khenchela, El Bayadh, Oum El Bouaghi, Tiaret et Djelfa. Dans le même chapitre, Zerhouni a révélé que les wilayas d'Alger, de Constantine et d'Oran auront un statut particulier, sans pour autant donner d'autres détails. Selon les observateurs, il est très probable qu'on retourne au statut du Grand gouvernorat. «J'ignore ce que M.Boudjerra Soltani voulait dire, mais je précise que rien dans la Charte pour la paix et la réconciliation ne laisse entendre implicitement ou explicitement que les délais accordés aux terroristes pour se rendre s'étendent jusqu'en 2009. La loi est très claire». La précision du ministre de l'Intérieur intervient, 24 heures seulement après la déclaration du président du MSP, et non moins ministre d'Etat, dans laquelle il avait soutenu que la charte expire en 2009. Zerhouni a insisté sur le fait que les délais seront respectés, mais réitère que ses services ne pourront rejeter la reddition d'un terroriste sous prétexte que l'échéance initialement accordée a été bouclée. Comment l'Etat compte-t-il faire face à cet épineux dossier? Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales a laissé entendre que le président de la République ne procédera pas à la prorogation des délais de la Charte. «Je pense qu'une lecture approfondie du code pénal et des lois algériennes nous servira à trouver des issues à même de permettre à l'administration la prise en charge des redditions intervenant après le 31 août». Le représentant du gouvernement a rejeté en bloc les critiques faisant état d'une lenteur dans le traitement des dossiers des victimes de la tragédie nationale. Il dira, à ce sujet, que «les commissions de wilaya s'échinent à étudier les cas en question. Il ne faut pas perdre d'esprit, atteste-t-il, que plus de 41.000 dossiers ont été déposés au niveau des instances concernées». Dans un autre sujet, le ministre a affirmé que l'Algérie n'a fait que se conformer à la législation internationale, en vigueur, en réponse au député du MSP qui a stigmatisé l'obligation faite à la femme et à l'homme de se débarrasser des signes religieux (foulard et barbe) conditions exigées nécessaires pour la prise de photos aux dossiers du passeport et de la pièce d'identité.