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La Cnac, l'agence d'Oran...et la Thalasso
PROCÈS KHALIFA
Publié dans L'Expression le 01 - 02 - 2007

«Etiez-vous au courant des relations entre l'ex-directeur général de la Cnac et Abdelmoumen et des avantages relatifs aux billets de voyage et les cartes de thalassothérapie?» lance la juge
La journée d'hier a été caractérisée par l'audition de l'actuel directeur général de la Caisse nationale d'assurance-chômage (Cnac) pour témoigner sur le dépôt de la somme de plus de 187 milliards de centimes au niveau de l'agence Khalifa d'El Harrach et jamais retournée.
M.Boubada Abdennour commença par expliquer, tout d'abord, les missions de la Cnac: «Notre caisse, de statut public mais à gestion spécifique, a été créée, tout d'abord, pour verser des allocations aux travailleurs licenciés de leurs entreprises pour raison de faillite, entre autres, pour arriver à accompagner actuellement les dossiers des crédits aux plus de 35 ans en diversifiant sa mission et sa tâche. Notre argent provient des cotisations des fonctionnaires où des sommes colossales nous reviennent. Ces dernières étaient déposées dans les banques publiques avec des intérêts de 6%. A ma connaissance, le fait qu'elles soient transférées vers la banque El Khalifa s'explique pour des raisons d'abord commerciales et ensuite bancaires, à mon avis, en raison du taux important des intérêts qu'offre cette banque qui dépassaient les 11%.»
Prenant acte de cette explication, la juge intervient, cependant, pour voir si les démarches étaient correctes: «Comment ce transfert a été opéré, concrètement? Est-ce par voie légale à travers la réunion du conseil d'administration de la Cnac et qui est présidée par Bendjillali Ali?» Il répond: «Non, il n'y a pas de PV dans ce sens.» Elle ajouta: «Y a-t-il d'autres dépôts?» Le témoin livra: «On a un fonds de garantie des microcrédits créé en 1999 et près de 133 milliards de centimes ont été aussi déposés encore à El Khalifa avant, ils étaient à la BNA.» La juge commenta: «Vous assurez les risques et les dangers sont à votre niveau?» Le procureur général intervient de son côté: «Ce sont le directeur général, Aït Belkacem Mahrez et son directeur des finances qui sont derrière le transfert?» Le témoin reconnaît indirectement: «Les 19 membres du conseil d'administration n'avaient rien approuvé au sujet de ces dépôts.»
Le procureur général ajoute: «Avez-vous informé votre tutelle, c'est-à-dire le ministère du Travail?» Le témoin répond: «On ne pouvait pas l'informer du moment qu'il n'y avait pas de résolutions du conseil d'administration.»
Le débat devient plus incisif: «Du moment que vous étiez DAG, étiez-vous au courant des relations entre l'ex-directeur général de la Cnac et Abdelmoumen et des avantages relatifs aux billets de voyage et les cartes de thalassothérapie?»
Il répondit sèchement: «Non.»
La juge lui fera rappeler que la loi de finances 2000 avait été suivie d'une circulaire d'application à travers laquelle les dépôts d'argent des organismes publics devaient être faits au niveau du Trésor. M.Medelci a confirmé cela lors de son témoignage.
A ce moment, un avocat s'insurge de façon spontanée: «Pourquoi il y a eu dépôt de cette importante somme, alors qu'elle devait être destinée aux ayants droit.» Il répondra que 200.000 chômeurs avaient bénéficié des allocations de la Cnac pour une durée qui allait jusqu'à trois ans. La juge demande précision: «Vous aviez un seul compte ou plusieurs?» Il dit: «Deux, un pour le placement de l'argent et l'autre était courant.»
Ce fut ensuite le tour du directeur de l'agence d'Oran d'être auditionné comme accusé.
Il se présenta: «J'ai démissionné de la Banque de développement local (BDL) de Ouargla où j'étais directeur, à cause de l'éloignement. Des amis exerçant dans une banque publique m'avaient informé des avantages accordés par Khalifa Bank».
La juge passa à l'attaque: «Il y avait au niveau de votre agence un trou énorme en dinars et en devises.» Il nia catégoriquement les faits. Elle continua sa pression en posant une question, piège: «Quand vous étiez à la BDL, cette banque disposait son argent à quel niveau?» Coincé, il répondit: «Au niveau de la Banque d'Algérie.» La juge, à l'aise, dit, en toute logique pour trouver la contradiction: «Et pourquoi alors vous ne l'aviez pas fait à El Khalifa?» Il dit: «Parce que, tout d'abord, on n'avait pas un compte courant au niveau de la Banque d'Algérie et ce, à cause des formalités qui ont pris du temps. On a ouvert notre agence, et l'argent était envoyé à la caisse principale de notre direction générale de Chéraga par notre convoyeur de fonds via Khalifa Airways. La caisse principale était supposée faire le nécessaire.» L'accusé avait reconnu que son agence était excédentaire et qu'il n'avait pas saisi le responsable de la caisse pour confirmer si l'argent était bel et bien arrivé à bon port.
Il ajoute: «L'agence d'Oran n'avait pas un compte en devises au niveau de la Banque d'Algérie, et je suis persuadé que même les autres agences étaient pareilles.» Il continue: «En février 2000, notre convoyeur de fonds, qui faisait la navette quotidiennement, avait été remplacé par Batchi Fouzi, directeur des marchés et capitaux, et d'autres que je ne connaissais pas. Batchi, muni d'un ordre de mission, avait pris 500.000DA et 60.000FF, et Khalifa en personne m'avait dit que la parole de Batchi était comme la sienne. Ensuite, Abdelmoumen Khalifa m'avait téléphoné pour me dire qu'il allait envoyer une autre personne que je ne connaissais pas. Une fois arrivé, je lui avais donné 200 millions de centimes.» La juge insista pour savoir si réellement l'argent sorti irait à la caisse...Il dit: «En mai 2001, j'avais reçu un fax dans le cadre du sponsoring pour donner 13.000FF au club du Mouloudia d'Oran à raison de 500FF par joueur.» La juge dit: «Expliquez ce trou de six milliards de centimes et une somme importante en devises de 20.000 euros, 300 dollars américains et 100 dollars canadiens.» Il répond: «Je suis désolé. Il n'y avait pas de trou puisque les soldes comptables qui étaient sur micro ne se contredisaient pas avec le réel existant. Peut-être que...» En voulant le confronter avec le premier responsable de la caisse principale, en l'occurrence Akli, Dilem, l'avocat de la défense, s'emporta devant le tribunal en disant à haute voix qu'on n'est plus à la caisse principale et que le dossier s'intéresse actuellement aux différentes agences de Khalifa Bank. Il a vu sa parole refusée par la juge. «Vous n'avez pas respecté les règles et vous n'avez même pas demandé la permission.» Elle lui fera savoir que s'il ne retirait pas ses propos, il risquerait de subir des sanctions. L'accrochage devient intéressant et houleux. L'avocat insiste: «C'est le procès de tous les Algériens. Et j'ai droit à la parole, madame.» La juge persista de son côté, plus sereine en cherchant à calmer le jeu: «Ce n'est pas de cette manière, monsieur. Akli est accusé mais il n'est pas encore condamné. J'ai fait appel à lui pour des informations qui seraient utiles pour le procès.» A ce moment-là, et remarquant la chaude tension qui a pris quand même un bon bout de temps, Aït Larbi est intervenu pour apaiser le climat. Il dira: «L'intervention de Dilem était spontanée. Il ne visait pas à passer outre le règlement du tribunal.» Le procureur général est également intervenu sans apporter grand-chose. La juge dit: «On respecte tout le monde et on demande la réciprocité. D'ailleurs, j'ai appelé Akli de la manière la plus polie et la plus diplomatique.» Le tension persista toutefois et l'avocat dira à haute voix: «Allez juger ceux qui ont pris les billets d'avion à destination de Bangkok (capitale de la Thaïlande)...» Une intervention inattendue et surtout incompréhensible.


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